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Excalibur ou le néo-paganisme de John Boorman : réécriture cinématographique contemporaine d'un mythe médiéval
Gaëlle Zussa (Université de Bâle, Suisse)
Dans un reportage télévisé sur John Boorman datant d'avril 1991, le réalisateur déclarait : "Un des aspects qui m'intéresse le plus dans la légende arthurienne, c'est qu'elle a été christianisée. Le christianisme qui a pris le dessus sur les dieux antiques, sur les dieux druidiques, fait partie intégrante du mythe. Une grande partie du mythe traite de cela. [ ] En tournant Excalibur, mon instinct m'a conduit à remonter aux sources, à purifier la légende en réalisant une version pré-chrétienne (note 1)".
En voulant gommer les références chrétiennes de la légende arthurienne, John Boorman montre son désir de revenir à une conception celtique, païenne. Ce néo-paganisme se caractérise d'abord par la peinture du christianisme : il demeure mais semble s'être usé au point de laisser transparaître des croyances bien plus profondes. D'autre part, c'est aussi à travers la représentation de la nature qui retrouve son statut de divinité, que le réalisateur renoue avec la dimension pré-chrétiennedu mythe, à une époque où le retour à une perception naturiste du monde est devenu primordial, voire vital. Le lien à la nature s'est perdu à un tel point que l'Homme en est devenu le destructeur plus ou moins inconscient.
1. La peinture du christianisme
1.1 Le christianisme relégué au second plan
Au premier abord, la religion chrétienne semble occuper une place importante
dans la société arthurienne d'Excalibur. Dieu est invoqué
avant les combats, comme par exemple lorsque Lancelot s'apprête à
affronter Arthur :
- Bats en retraite ou prouve ta valeur dans une passe d'armes sous le regard
de Dieu !
- Puisse-t-il me donner la force de te désarçonner et d'un seul
coup d'épée te faire à nouveau traverser la mer (chap.
15) (note 2).
De même, lorsque Gauvain accuse la reine d'adultère, Arthur lui impose un combat judiciaire avec Lancelot : " Car de par le jugement de Dieu, aucun chevalier qui est dans l'erreur ne l'emporte sur celui qui est dans la vérité " (chap. 22). Mais si l'on s'intéresse de plus près à la représentation du christianisme, celui-ci apparaît comme un élément secondaire dans le film de John Boorman. Les hommes prient Dieu mais croient en la force d'Excalibur, un don de la Dame du Lac (chap. 2 et 16), qui provient directement d'un âge païen : "- Voyez ! L'épée de la puissance : Excalibur ! Elle fut forgée lorsque le monde était jeune, lorsque l'oiseau, la bête et la fleur ne faisaient qu'un avec l'homme, et que la mort n'était qu'un rêve (chap. 2).
Les croyances païennes demeurent dans le cur des hommes, la transition d'un âge à l'autre n'est pas tout à fait achevée. Lorsque Lancelot et Arthur combattent, ils invoquent d'abord Dieu pour leur venir en aide. Puis Arthur, au plus mal, fait appel à Excalibur : "- Excalibur, j'en appelle à ton pouvoir ! " (chap. 16). Si le combat devient vraiment sérieux, les hommes se tournent vers les forces païennes. De même, Arthur ou Uther ne s'adressent jamais à Dieu lorsqu'ils ont besoin d'aide, ils appellent Merlin (note 3) : "- Merlin Si seulement tu étais à mes côtés, mon vieil ami, pour me donner le courage" (chap. 38) ; " - Merlin, où es-tu ? Demande à ton dragon de tisser une nappe de brume pour me cacher ! " (chap. 8). Le christianisme est présent mais de manière superficielle. Il est réduit à une simple toile de fond, un contexte religieux douteux tapissant les murs de la diégèse filmique, alors que les réelles convictions des hommes sont manifestement de nature païenne.
1.2.Des références chrétiennes (re-)paganisées
Excalibur
Dans le Merlin de Robert de Boron, l'épée ainsi que le bloc de
pierre et l'enclume dans laquelle elle est fichée apparaissent devant
le porche principal de l'église à la suite d'un sermon de l'archevêque
de Logres. Une inscription en lettres d'or gravée sur le fer de l'épée
achève de convaincre les citoyens sur la provenance de cette merveille
: Et lors s'abeissa icil arcevesques et vit les lestres qui estoient d'or
en l'acier, si les list et disoient les lestres que cil qui estoit celle espee
ne qui seroit tel qui la pouïst d'iqui traire seroit rois de la terre par
l'election Jhesu Crist (§ 83, 17-22).
L'épée est christianisée chez Robert comme chez la plupart des auteurs médiévaux. Il s'agit d'un miracle opéré par Dieu. Dans son Roman de Brut, dont l'auteur du Merlin s'est inspiré, Robert Wace est le premier à donner le nom d'Excalibur à l'épée d'Arthur. Mais une nouvelle épée va apparaître au 13e siècle, dans un épisode encore jamais relaté. On le retrouve dans la Suite du roman de Merlin qui fait partie d'un cycle attribué par fiction à Robert de Boron, composé entre 1230 et 1250 (on y trouve notamment le Huth-Merlin, du nom de celui qui posséda le manuscrit à la fin du 19e siècle, composé entre 1235 et 1240). L'élection d'Arthur a lieu, comme à l'accoutumé, grâce à l'épée dans l'enclume. Mais plus tard, le roi demande à Merlin une bonne épée car il a brisé la sienne lors d'un combat. Il l'emmène alors au bord d'un lac au milieu duquel un bras sortant de l'eau et vêtu d'une étoffe de soie très fine et très blanche, tient une épée. Arthur et Merlin voient ensuite une demoiselle qui consent à donner l'épée à Arthur en échange d'un don. Elle marche sur l'eau et prend l'épée. Le bras disparaît ensuite dans l'eau.
Cet épisode, très intéressant car il place Excalibur dans un contexte païen, a directement inspiré John Boorman. Dans sa réécriture, l'épée est offerte à Merlin par la Dame du Lac. Cependant, elle apparaît déjà sous le règne d'Uther. De plus, il s'agit de la même épée que celle qui sera retirée du rocher par Arthur. Le réalisateur souligne particulièrement l'origine païenne d'Excalibur lors de sa première apparition (chap. 2). Merlin apparaît d'abord en plan rapproché. Il est entouré de branchages et de feuillages qui donnent l'impression d'un endroit inaccessible à l'homme, encore inexploré. Puis un plan moyen élargit le paysage qui l'entoure. Il y apparaît à gauche de l'écran, debout, silencieux et extrêmement concentré sur ce qui va se passer devant lui. De grosses racines et de grosses branches apparaissent au premier plan. Elles sont recouvertes d'une mousse verte qui semble incandescente. À l'arrière-plan, on distingue un grand lac. Puis un plan de demi-ensemble dévoile ce lac qui était partiellement caché. De grands arbres entourent ses berges. Ils sont tellement proches les uns des autres qu'ils paraissent constituer un feuillage unique qui couvre et protège les contours du lac. Le spectateur a le sentiment de découvrir un lieu inaccessible à l'homme, autour duquel la nature a créé des barrières infranchissables. L'endroit semble divin, réservé à des dieux sylvestres et païens. Un gros plan sur une partie précise du lac va montrer l'apparition de l'épée.
Aucun mouvement de caméra n'est opéré : l'épée sort de l'eau au ralenti et défile devant l'objectif, de la pointe jusqu'à la main qui l'empoigne. Elle semble interminable et un reflet vert qui rappelle la mousse incandescente observée précédemment la parcourt de haut en bas. Un gros plan sur Merlin montre sa réaction. La surprise et la peur se mêlent dans son regard. Il ne semble pas contrôler la situation, il assiste à une apparition divine. Enfin, un dernier plan rapproché sur le lac montre cette fois l'épée dans son intégralité. Elle apparaît à droite du plan et se trouve toujours tendue vers le ciel. On distingue cette fois le bras de la Dame du Lac, recouvert d'écailles argentées, qui semble prolonger Excalibur et ne faire qu'un avec l'épée. Le reflet vert continue de parcourir le métal de l'arme, comme pour indiquer son pouvoir magique. John Boorman soigne ainsi particulièrement la mise en scène de la première apparition d'Excalibur. L'épée provient d'un lieu divin, inaccessible à l'homme, où règne la magie. Elle est un don de la Dame du Lac, une divinité païenne qui trouble et inquiète Merlin.
D'autre part, Excalibur ne se trouve pas introduite dans le rocher par l'influence de Dieu. Uther, tombé dans une embuscade, refuse de laisser son épée aux mains de ses ennemis. Il décide alors de la planter dans un rocher avec toute la force qu'il lui reste : "- Personne n'aura l'épée, personne ne brandira Excalibur, sauf moi ! " (chap. 8). Il meurt l'instant suivant. Merlin, qui emporte Arthur nouveau né dans la forêt et qui a vu la scène grâce à son don de clairvoyance, prononce alors la formule en lettres d'or chez Robert (et qui n'apparaîtra d'ailleurs jamais sur l'épée) : "- Celui qui retirera l'épée de la pierre, celui-là sera roi. Arthur, c'est toi l'élu ! " (chap. 8). Uther et Merlin sont donc à l'origine de l'épée fichée dans le bloc de pierre alors que Dieu ne joue aucun rôle. Cependant, ce dernier est tout de même représenté dans la personne du moine qui garde l'épée lors du tournoi des chevaliers. Lorsque Léodegran s'apprête à tenter l'épreuve, il le bénit en prononçant une longue prière : "- Seigneur, envois-nous un vrai roi, nous sommes indignes, mais la terre saigne, le peuple souffre. Nous avons pêché, pourtant en ce jour de Pâques où Christ ressuscita d'entre les morts, puisse un de ces chevaliers victorieux par les armes obtenir la grâce de retirer l'épée et d'être roi (chap. 9)".
Il est difficile d'être convaincu par cette mise en scène lorsque l'on connaît l'origine païenne de l'épée et le rôle de Merlin dans la formule d'élection. Ces éléments sont en contradiction avec le christianisme et le personnage du moine. De plus, une certaine ironie est esquissée lorsque, quelques instants plus tard, le saint homme apparaît profondément endormi, et ne s'aperçoit même pas qu'Arthur est parvenu à retirer l'épée. Il finit par se réveiller et bénit le jeune homme de son rameau, tout en déclarant de manière presque imperceptible tant sa voix est masquée par les cris de la foule : "- Nous avons un roi, loué soit le Seigneur ! ". Ces quelques détails montrent encore une fois que le christianisme, parfaitement symbolisé par le personnage du moine, d'abord endormi, effacé, puis imperceptible, ignoré, est relégué au second plan.
Chez Robert de Boron, c'est un archevêque et non pas un simple moine qui fait garder l'épée et intervient en faveur du choix de Dieu, contre les barons qui se révoltent : "- Li baron furent molt angoisseus et distrent que ce ne porroit estre que uns garçons fust sires seur els. Et quant l'arcevesques l'oï, si s'en coroça et dist : " - Nostre Sires set mielz qui chascuns est que vos. " (§ 87, 39-43). Chez John Boorman, les barons s'adressent immédiatement à Merlin, ils ignorent parfaitement le moine : " Merlin, nous ne t'avons pas oublié, quelle est cette supercherie ! " ; " Il veut à tout prix placer à notre tête un enfant sans père, voulez-vous d'un bâtard sur le trône ? " (chap. 10). Cet épisode est particulièrement représentatif de la réécriture du christianisme chez John Boorman : les références chrétiennes sont supprimées et Merlin, un personnage païen, est placé au centre de l'histoire.
La Table Ronde
La Table Ronde apparaît pour la première fois dans le Roman de
Brut de Robert Wace, traduction libre de l'Historia Regum Britanniae de Geoffroy
de Monmouth et première uvre en langue française sur la
légende arthurienne. L'auteur en attribue la création à
Arthur. Mais c'est encore une fois chez Robert de Boron qu'elle va être
fortement christianisée. Elle apparaît déjà sous
le règne d'Uter. Merlin lui fait part d'un nouveau projet (Merlin, §
48). Il mentionne d'abord la table de la Cène, puis la crucifixion de
Jésus et l'obtention de son corps par Joseph d'Arimathie. Puis il parle
d'une seconde table, celle construite par Joseph d'Arimathie sur la demande
de Dieu, alors qu'il souffrait de la famine dans le désert, accompagné
de toute une peuplade. Dieu demande à Joseph de la recouvrir d'une nappe
blanche, puis d'y déposer un vase qu'il détenait de Jésus.
Il doit également le couvrir, sauf de son côté. Grâce
à ce vase, Joseph d'Arimathie parvient à différencier les
bons des méchants. Ainsi, celui qui s'assied à cette table voit
combler tous ses désirs. Mais une place vide marque l'emplacement où
était assis Judas lors de la Cène. Merlin veut faire établir
une troisième table au nom de la Trinité : - Et se vos me voulez
croire, nos establirons la tierce ou non de la Trinité, car la Trinitez
senefie touz jorz par trois. Et je vos creant, se vos le faites, que granz biens
et granz honors vos en vendra a l'ame et au cors et si avendront a vostre tens
tels choses dont vos vos merveilleroiz molt (§ 48, 75-80).
Il décide d'établir la Table Ronde à Carduel au pays de Galles et choisit cinquante chevaliers qui s'y assiéront et ne voudront plus quitter le roi. Merlin laisse une place vide et explique à Uter qu'elle ne sera pas occupée de son vivant mais sous le règne de son successeur. Celui qui l'occupera devra d'abord s'asseoir à la table du Graal (celle de Joseph d'Arimathie).
Dans la réécriture de John Boorman, les chevaliers se retrouvent sur une colline en pleine nuit pour partager leur joie, après avoir repoussé les armées ennemies. Merlin prend la parole au milieu du tumulte. Pour se faire entendre, il allume une flamme à l'extrémité de son bâton, laissant les chevaliers l'entourer. Il leur demande de prendre la mesure de ce grand moment. Puis Arthur se place dans le cercle créé par Merlin et prend la parole : "- Merlin, ta sagesse vient de forger cet anneau. Dorénavant, afin de nous souvenir de nos liens, nous formerons toujours un cercle pour écouter et raconter nos hauts-faits. Je ferai construire une Table Ronde où viendra s'asseoir notre confrérie. Cette table sera dans une grande salle et cette salle immense dans un château. Et je me marierai ! Et notre terre aura un héritier qui brandira Excalibur !" (chap. 17).
C'est Arthur qui est à l'origine à la fois de l'idée ("- Nous formerons toujours un cercle pour écouter et raconter nos hauts-faits) et de la conception (" Je ferai construire une Table Ronde ") de la Table Ronde, de même que dans le Roman de Brut de Robert Wace. Aucune perspective chrétienne n'apparaît. La table va être mise en scène à l'écran un peu plus tard, alors que Perceval arrive au château (chap. 21). Le jeune homme est à la recherche des cuisines pour se rendre utile et découvre la salle de la Table Ronde du haut d'un pallier sur lequel il est arrivé par hasard. Ce plan en plongée offre ainsi une vision d'ensemble de la Table et des chevaliers qui l'entourent. François de la Bretèque souligne son aspect païen et celtique chez John Boorman : " - Elle est dans un lieu difficile d'accès, sur lequel on tombe sans l'avoir voulu, dans une sorte de " Saint des Saints " du château, qui est lui-même un sanctuaire. C'est un vaste plateau circulaire autour duquel peuvent prendre place une trentaine de personnes. Le centre en est matérialisé par une figure géométrique formée d'entrelacs d'inspiration nettement celtique. [ ] Les chevaliers sont installés autour de la Table non pas seulement pour parler, mais pour manger et boire. Il est probable que, dans l'esprit de Boorman, ce repas se charge d'une connotation liturgique, non pas chrétienne (la Table Ronde n'a rien de conforme à la table de la Cène) mais mystique. Boorman s'est ingénié à regrouper dans cette scène tous les symboles primordiaux. Chacun doit y boire, pour sceller l'amitié collective et l'unité du groupe. On pense aux rituels primitifs, échange de sang ou autres, tels que les montrent parfois les westerns, ou tels que les ethnologues les ont vulgarisés" (note 6).
Le Graal
Le Graal apparaît pour la première fois chez Chrétien de Troyes dans Perceval ou le Conte du Graal. Perceval rencontre un pêcheur qui l'invite à passer la nuit dans son logis. Il y trouve un seigneur âgé et malade. Alors que le héros discute avec lui, il assiste à une procession merveilleuse : un valet traverse d'abord la pièce en tenant une lance à la pointe de laquelle perle une goutte de sang. Puis deux valets arrivent, tenant chacun un chandelier d'au moins dix chandelles. Ils sont suivis par une jeune femme qui tient un graal en or, serti de pierres, illuminant toute la pièce. Puis arrive une autre jeune femme tenant un plat en argent. Perceval n'ose pas demander à qui est servi le graal dans l'autre pièce car on lui a appris à ne pas poser trop de questions. Puis la procession recommence mais le héros continue de se taire. Le lendemain matin, il trouve le château vide et rencontre une jeune femme dans la forêt, qui lui reproche de ne pas avoir posé de questions sur le graal. Le seigneur malade aurait ainsi pu être guéri et retrouver l'usage de ses terres. Mais au lieu de cela, l'erreur de Perceval va déclencher de grands malheurs. Chrétien de Troyes laisse un roman inachevé dont le motif du graal va être christianisé.
Dans le Joseph de Robert, il devient la coupe qui a servi lors de la Cène et dans laquelle a été recueilli le sang de Jésus. La lance est celle qui a percé le cur du Christ sur la croix. Selon Merlin qui connaît l'histoire du Graal, Joseph d'Arimathie aurait emmené la divine coupe en Bretagne. C'est ainsi que les chevaliers de la Table Ronde vont se mettre en quête de cet objet sacré.
John Boorman traite le motif du Graal de manière assez particulière. Il apparaît pour la première fois à Perceval alors que celui-ci est en train d'agoniser, pendu à un arbre (chap. 31). Le chevalier semble transporté dans le château d'Arthur et voit apparaître un Graal immense devant les marches. Une voix pose la question "- Qui sert-il ? " mais Perceval ne répond pas et s'enfuit. Au même moment, la corde qui lui maintenait la tête se rompt. Plus tard, après avoir été jeté à l'eau par des paysans, il revoit le Graal. Cette fois, la silhouette d'Arthur apparaît derrière celui-ci. Perceval répond à la question posée :
- Quel est
le secret du Graal. Qui sert-il ?
- Vous, Seigneur.
- Qui suis-je ?
- Vous êtes mon Seigneur et roi, vous êtes Arthur.
- As-tu trouvé le secret que j'ai perdu ?
- Oui, terre et roi sont un (chap. 35-36).
Perceval prend le Graal et est instantanément transporté auprès d'Arthur, malade. Il lui fait boire la coupe et le roi se relève et demande à réunir ses chevaliers. La version de John Boorman confond les personnages d'Arthur et du roi Pêcheur. Les références chrétiennes ont totalement disparu, le Graal apparaît comme un instrument magique qui permet au roi de retrouver sa place et son autorité. La peinture du christianisme est incontestablement dépréciative chez John Boorman. La religion chrétienne est reléguée au second plan, superficialisée au profit de croyances païennes profondes.
2. Le culte de la nature et des divinités sylvestres
2.1 Les convictions personnelles de John Boorman
Dans le reportage télévisé cité précédemment, John Boorman accueille des journalistes dans sa propriété privée, dans le comté de Wicklow en Irlande. Il leur révèle ses plus intimes pensées et convictions sur la nature et les arbres. La raison de sa venue en Irlande, d'abord, est liée à son rapport intérieur à la nature : " - J'ai découvert que les collines du comté de Wicklow correspondaient à mon paysage intérieur. Sur le plan esthétique, je me sentais en harmonie avec cet endroit". La nature est présente au plus profond de lui. Il coexiste, voire fusionne avec elle. Les arbres ont une grande importance pour le réalisateur, ils sont les premiers habitants de notre planète : " - Je suis en effet enraciné ici. Ces racines sont d'autant plus profondes que je me sens proche des arbres. Ils m'ont toujours attiré. Le fait de me trouver dans une forêt, dans un bois, est pour moi synonyme de paix, d'adéquation, de refuge. Lorsque je tournais La Forêt d'émeraude, j'ai assisté à la destruction de la forêt tropicale. J'ai pu constater l'importance des arbres. Je veux dire qu'en définitive, cette planète est une planète habitée par des arbres, ses habitants tout naturels. Tout le reste en résulte. Donc, je me suis senti interpellé, et j'en plante, à petite échelle, dans ma propriété. Plus j'en plante et m'en occupe, plus j'ai l'impression que les arbres vivent en société".
Le point de vue de John Boorman par rapport à la nature est personnificateur. Il socialise les arbres en les associant au participe passé habitée et aux substantifs habitants et société, alors qu'il effectue l'opération inverse sur lui-même en parlant de racines profondes qui le rattachent à la terre d'Irlande. Dans la perception du réalisateur, les hommes sont consécutifs aux arbres, ils n'en constituent que le résultat. La nature apparaît comme une divinité créatrice et protectrice (paix , adéquation , refuge ) des hommes. Le terme illustrant la relation de John Boorman aux arbres (attiré ) est encore plus fort en anglais (been connected) car il véhicule une notion d'attirance non seulement physique mais aussi spirituelle. Le réalisateur entretient un véritable dialogue avec eux : "Là, ce sont mes chênes jumeaux, et j'aime y grimper pour m'installer entre les troncs. Vous voyez, c'est couvert de mousse. L'endroit se prête bien à la réflexion. Quand j'écris, si je manque d'inspiration, je viens ici et je reste debout pendant un moment. Ou parfois je m'installe confortablement et je me sens détendu : l'arbre finit par me dire quelque chose".
Dans la société celtique, quiconque possède un art est mis au rang des dieux, comme par exemple avec la musique : "La perfection musicale est du ressort de l'Autre Monde et, du point de vue technique et terrestre, c'est par conséquence un art dont l'exercice relève de la science des filid en Irlande et des bardes au pays de Galles ". L'arbre semble détenir un message divin que l'artiste va pouvoir transcrire. C'est encore une manière de rapprocher la nature du divin. Le réalisateur a planté plus de treize mille arbres dans sa propriété, c'est dire l'importance qu'il leur attribue. Mais John Boorman est aussi fasciné par les mégalithes. Il en possède un sur lequel un moine bénédictin a sculpté des spirales celtiques qui "révèlent l'énergie, la force vitale et la puissance que contient la pierre. Elles révèlent cet énorme potentiel de puissance". "- Si l'on regarde un chêne, c'est deux cents à trois cents ans que l'on regarde, avec un mégalithe, ce sont des milliers d'années. Cela fait appel à beaucoup plus de profondeur et de spiritualité que nous n'en possédons pour la plupart d'entre nous, mais bien entendu, on est très ému par ces mystères".
Encore une fois,
le rapport au divin est très fort : le mégalithe contient une
puissance considérable et se trouve présent sur terre depuis des
millénaires. Il est éternel et mystérieux pour les hommes.
Dans un ouvrage sur la carrière cinématographique de John Boorman,
le réalisateur déclare encore : "Cette légende
du Graal nous attire parce qu'elle nous parle d'une nature qui n'était
pas souillée et avec laquelle l'homme vivait en harmonie. [
] Mais
j'insiste, ce que l'on a perdu avant tout, c'est cette compréhension
de la nature, la connaissance des plantes, la fabrication des objets que chaque
communauté assumait. Tout le monde était concerné par la
terre" (note 8).
John Boorman souligne l'existence d'un rapport à la nature que les hommes
auraient perdu. Ses convictions personnelles, dont il donne un aperçu
dans le reportage, constituent un premier élément de son projet
de réunification avec la nature. Mais c'est aussi à travers ses
films que le réalisateur poursuit son objectif, notamment Excalibur
dont la légende met en scène ce lien perdu.
2.2. La représentation de la nature dans Excalibur
La nature est omniprésente dans le film de John Boorman. Elle structure
le discours filmique à travers la succession de trois âges, auxquels
elle donne chaque fois une signification différente. Selon François
de la Bretèque (note 9) l'âge d'Uther correspondrait à un
âge de fer : "D'obscures empoignades se déroulent
dans une forêt sombre, primitive, préhistorique, éclairée
par les brasiers de la guerre". La première scène du
film présente en effet une forêt plongée dans l'obscurité,
hormis quelques lueurs de torches, et entourée d'une brume épaisse
(chap. 1). Lorsque Merlin fait appel au souffle du dragon pour venir en aide
à Uther, ils se trouvent sur une falaise au bord de la mer, entourés
de mégalithes qui rappellent le célèbre site de Stonehenge.
L'atmosphère est sombre, une menace semble planer. Les principaux éléments
naturels sont réunis (la terre, l'eau et la pierre) pour appeler le dragon.
Enfin, l'âge de fer est aussi caractérisé par la boue qui
est un autre élément naturel du même registre que la brume
ou l'obscurité. Lorsque Uther meurt, il en est couvert (chap. 8).
Puis apparaît l'âge d'argent : L'apparition d'Excalibur, surgie des eaux diaprées, annonce le deuxième âge : celui qui est inauguré par les apprentissages d'Arthur et culmine avec l'introduction de Lancelot, le chevalier aux armures blanches, auprès d'une cascade scintillante. [ ] La forêt y est claire, accueillante : lieu d'initiation, puis refuge des amants. Comme le note François de la Bretèque, l'apparition de l'épée est entourée d'une représentation très sylvestre : un lac bordé d'une forêt dense où la couleur verte domine largement (mousse, feuillages, ) jusque dans le scintillement d'Excalibur (chap. 2).
Dans la scène où Arthur libère l'épée du rocher, le décor est à nouveau le même hormis la présence de l'eau. Les personnages sont entourés par la couleur verte, les branches et les feuilles des arbres les encerclent et une mousse épaisse recouvre le rocher qui emprisonne l'épée (chap. 10). Le thème de l'amour est également lié à une représentation particulière de la forêt. Lorsque Guenièvre soigne Arthur, ils se trouvent au bord d'une rivière calme, assis dans une herbe haute et épaisse, le jeune homme est adossé à un arbre immense recouvert de mousse. On peut entendre le doux bruit de l'eau et le chant des oiseaux. Tout est réuni pour la naissance de leur amour (chap. 14). De même, lorsque Lancelot escorte Guenièvre et lui révèle son amour pour elle, ils chevauchent sous d'immenses arbres verts qui semblent se refermer au-dessus d'eux et créer une sorte de ciel (chap. 18). Puis, quand la reine rejoint enfin le chevalier dans la forêt et qu'ils passent leur unique nuit d'amour, ils sont entourés de rochers couverts de mousse, eux-mêmes encerclés par de grands arbres verts et de hautes herbes. Les oiseaux chantent tout autour du couple et un merle se promène non loin d'eux (chap. 26).
Dans la littérature médiévale, chez Chrétien de Troyes par exemple, la nuit d'amour entre Lancelot et Guenièvre se déroule dans la chambre de la reine. Le chevalier y entre en dévissant les barreaux de la fenêtre. Il est donc remarquable que John Boorman donne une importance particulière à la nature puisqu'il choisit ce décor pour les épisodes clés de son film. Ici, il préfère une représentation tristanienne (note 10), qui met en scène la nature, à celle traditionnellement employée. Enfin, la rencontre entre Arthur et Lancelot, le chevalier à l'armure blanche, a lieu dans un décor réunissant les principaux éléments naturels : l'eau (d'immenses cascades, des rivières et des bassins les entourent, dont l'eau est claire et limpide), la pierre (des rochers couverts de mousse sont dispersés sur le sol ou dans l'eau et des galets tapissent le fond des rivières) et la verdure (les deux protagonistes se battent dans un décor d'arbres, de mousse, de champs de fougères. La couleur verte domine encore une fois).
Le troisième âge est celui de la dégradation. Toujours selon François de la Bretèque : "L'épée plantée dans le sol par Arthur, traverse les entrailles du monde et transperce les reins de Merlin, qui, dès lors, s'éclipse de l'action. Commence un troisième âge, celui de la dégradation : la misère du royaume, les forêts dévastées et stériles, prises dans un éternel hiver [ ]". Les chevaliers partent en quête du Graal pour sauver le royaume. Les paysages sont gris, brumeux, la boue est à nouveau présente. La neige et le froid glacial s'ajoutent à cette perspective de désolation. Lorsque Perceval rencontre Mordred enfant, la forêt qui les entoure semble morte. Les arbres n'ont plus de feuilles, l'herbe au sol est sèche, tout est gris et la couleur verte a totalement disparu (chap. 31). Il en va de même lors de la mort d'Urien, jeté dans la boue par Mordred devenu un homme, comme une vulgaire créature (chapitre 33). Mais lorsque Perceval trouve enfin le Graal, la représentation de la nature revient à ce qu'elle était pendant l' âge d'argent. Le paysage reverdit au passage des chevaliers, leur galop est entouré d'arbres à fleurs dont les pétales volent en tous sens. Les couleurs gaies et la lumière réapparaissent (chap. 36).
D'autre part, tous les épisodes clés du film ont pour décor les paysages sylvestres dont la représentation peut varier selon les différents âges : l'apparition d'Excalibur (chap. 2, dans un lac entouré d'une épaisse forêt), la métamorphose d'Uther par Merlin (chap. 5, sur une colline surplombant la mer), la mort d'Uther (chap. 8, dans la forêt), la délivrance d'Excalibur par Arthur (chap. 10, dans la forêt), la rencontre entre Arthur et Lancelot (chap. 15-16, dans une vaste plaine verdoyante et devant une rivière et une cascade), la formation de la Table Ronde (chap. 17, sur une colline en pleine nuit, à la lueur des torches), la rencontre entre Lancelot et Perceval (chap. 20, dans une clairière très lumineuse, Perceval est caché dans les arbres), le duel entre Lancelot et Gauvain (chap. 24, dans une grande clairière), etc. Dans la littérature médiévale déjà, la forêt constituait le principal décor de l'action. Mais John Boorman en fait un décor permanent, y compris pour des scènes qui se déroulaient traditionnellement dans des édifices, comme la nuit d'amour entre Lancelot et Guenièvre ou le mariage d'Arthur et Guenièvre (chap. 19, au cur de la forêt, sous d'immenses toiles de tente).
Enfin certaines scènes montrent une correspondance entre la représentation de la nature et les paroles ou l'état intérieur des personnages. Lorsque Uther présente Excalibur à ses vassaux, ils se tiennent dans la forêt où le décor est particulièrement féerique (on peut y voir une petite rivière et sa cascade, des rochers couverts de mousse, des herbes hautes, d'immenses arbres verts). Pourtant la scène a encore lieu sous l' âge de fer d'Uther. En réalité, la représentation de la nature est ici en accord avec les paroles de Merlin sur l'épée : "Elle fut forgée lorsque le monde était jeune, lorsque l'oiseau, la bête et la fleur ne faisaient qu'un avec l'homme, et que la mort n'était qu'un rêve". (chap. 2).
De même, après avoir retiré l'épée du rocher et devant les protestations des barons, Arthur prend peur et s'enfuit dans la forêt. Dans ce cas, la représentation de la nature correspond à son état intérieur : les arbres lui barrent la route, des branchages l'égratignent, il ne parvient pas à se rendre là où il le désire. La forêt est fermée, incertaine, tout comme lui à cet instant, face à son nouveau rôle de roi. Puis au matin, après avoir dormi "dans les bras du dragon" auprès de Merlin, la forêt semble à nouveau ouverte. Arthur apprend à manier Excalibur dans une clairière, les arbres lui ont fait de la place et il court derrière Merlin sans plus être gêné. Il est prêt à être roi (chap. 11). Dans une autre scène, Merlin parle des dieux multiples à Morgane (chap. 19). Il évoque une époque mythique dans un décor particulièrement significatif : les deux protagonistes se tiennent à côté d'un arbre immense et d'un mégalithe recouvert de mousse sur lequel un visage semble sculpté. Encore une fois, la représentation de la nature et les paroles d'un personnage sont en adéquation.
John Boorman semble profondément fasciné par la nature et ses merveilles. Il lui donne un rôle primordial et omniprésent dans Excalibur, à l'image de la place qu'elle occupe dans ses pensées les plus profondes. La tendance traditionnelle est inversée : les divinités païennes sont mises en valeur au détriment du christianisme qui n'est plus qu'un léger voile devenu transparent et laissant filtrer des croyances plus profondes sur lesquelles règne la nature. Lorsque le réalisateur parle de l'Irlande dans son entretien avec Claudine Glot et Christian Rolland, il semble y voir la même représentation du christianisme que dans son film : "D'un côté, il y a des croyances profondes et des sentiments religieux véridiques, mais d'un autre côté, c'est avant tout une terre païenne. Le christianisme demeure un peu superficiel".
John Boorman re-paganise le mythe arthurien en plaçant la nature au centre de son uvre. Elle constitue sa muse, c'est d'ailleurs lors d'un contact profond et privilégié avec elle qu'il décide de faire du cinéma : " - Je pénètre dans l'eau avec un sentiment de respect pour le lagon qui est sacré, essayant de ne pas troubler sa surface, lisse comme du verre. Un souvenir se déclenche. J'avais seize ans, je descendais seul la Tamise en kayak, et, campant dans l'île de Runnymede, je découvris en m'éveillant une aube aussi tranquille que celle-ci. Je pris alors conscience de l'esprit des lieux. Je suis entré dans l'eau avec précaution pour ne pas créer de remous. Si j'y parvenais, je sentais que je vivrais éternellement et découvrirais des vérités cachées. Et j'y parvins, ma tête se déplaçant sur un miroir où les libertés de l'homme avaient été conquises. Cette expérience si profonde me lança à la recherche d'images par le moyen du cinéma afin de retrouver ce que j'avais connu ce jour-là (note 11).
Gaëlle Zussa (Université de Bâle, Suisse)
Bibliographie
uvres romanesques
ou cinématographiques
Boorman J., Excalibur, U.S.A., Warner Bros/Colombia Films, 1981 (DVD Excalibur,
Warner Home Video France, 2000, voir chapitrage : annexe 1).
Robert de Boron, Merlin (éd. A. Micha), Genève, Droz, 2000.
Études critiques
Boorman J., Money
into light: The Emerald forest: a diary, Londres, Faber and Faber, 1985.
De la Bretèque F., " L'épée dans le lac. Excalibur
ou les aléas de la puissance ", in De la Bretèque F. (dir.),
Le Moyen Âge au cinéma, Perpignan, Les Cahiers de la Cinémathèque
n° 42/43, 1985.
De la Bretèque F. A., L'Imaginaire médiéval dans le cinéma
occidental, Paris, Champion, 2004.
Ciment M., Boorman, un visionnaire en son temps, Paris, Calmann-Lévy,
1985.
Le Roux F., Guyonvarc'h C., Les Druides, Rennes, Ouest-France, 1986.
Reportage télévisé
John Boorman, Entretien de Claudine Glot et Christian Rolland, réalisé
par Serge Aillery pour F. R. 3 Bretagne / Pays de Loire en avril 1991, à
l'occasion des 10 ans du film Excalibur.
Notes :
1/ Entretien de Claudine Glot et Christian Rolland, réalisé par Serge Aillery pour F. R. 3 Bretagne / Pays de Loire en avril 1991, à l'occasion des 10 ans du film Excalibur.
2/ Boorman J. Excalibur, U.S.A., Warner Bros/Colombia Films, 1981 (DVD Excalibur, Warner Home Video France, 2000, voir infra le chapitrage présenté en Annexe).
3/ L'étude du personnage de Merlin est particulièrement représentative de la conception néo-païenne de John Boorman. Le héros, son origine et ses pouvoirs sont dé-christianisés au profit d'une filiation avec le dragon qui constitue une force mystérieuse symbolisant la nature dans sa totalité.
4/ La théorie d'une re-paganisation étant à vérifier, je choisis d'utiliser la parenthèse. En effet, mon étude démontre uniquement la paganisation contemporaine de motifs médiévaux chrétiens ou christianisés pour lesquels il faudrait établir avec certitude l'origine première (païenne ou chrétienne) avant de parler de re-paganisation.
5/ Édition utilisée : Robert de Boron, Merlin (éd. A. Micha), Genève, Droz, 2000.
6/ De la Bretèque F. A., L'Imaginaire médiéval dans le cinéma occidental, Paris, Champion, 2004, p. 311-312.7/ Le Roux F. , Guyonvarc'h C., Les Druides, Rennes, Ouest-France, 1986, p. 294.
8/ Ciment M., Boorman, un visionnaire en son temps, Paris, Calmann-Levy, 1985, p. 188.
9/ De la Bretèque F., " L'Épée dans le lac. Excalibur ou les aléas de la puissance ", in De la Bretèque F. (dir.), Le Moyen Âge au cinéma, Perpignan, Les Cahiers de la Cinémathèque 42/43, 1985, p. 92-93.
10/ La scène rappelle l'épisode où le roi Marc découvre Tristan et Iseut endormis dans la forêt, l'épée de Tristan les séparant, preuve de leur innocence. Il décide alors de les épargner.
11/ Lecture de John Boorman dans le reportage cité précédemment, extraite de son livre Money into light: The Emerald forest: a diary, Londres, Faber and Faber, 1985.
Annexe : chapitrage du DVD
1. L'âge
des ténèbres
2. L'épée magique
3. La convoitise détruit une alliance
4. Un pacte
5. Le souffle du dragon
6. Uther et Igraine
7. Merlin réclame son dû
8. La chute d'Uther
9. Le tournoi des chevaliers
10. Arthur retire l'épée du rocher
11. Arthur et Merlin
12. Le château de Léodegran assiégé
13. Reconnu comme roi
14. Cette folie qu'on appelle amour
15. Arthur et Lancelot du Lac
16. La Dame du Lac
17. Les Chevaliers de la Table Ronde
18. L'escorte, et le serment d'amour
19. Les noces. Merlin met Morgane à l'épreuve
20. Lancelot rencontre Perceval le Gallois
21. La Cour de Camelot
22. L'honneur de la Reine remis en question 23. Le songe de Lancelot
24. Lancelot se bat en duel avec Gauvain
25. Merlin ramène Lancelot à la vie
26. La vérité avant toute chose
27. L'heure d'Arthur est venue
28. Le ventre du dragon
29. Le charme suprême
30. Naissance de Mordred
31. À la recherche du Graal
32. Mordred défit son père
33. La mort d'Urien
34. Perceval retrouve Lancelot
35. Le secret du Graal
36. Perceval guérit Arthur
37. Arthur retrouve Excalibur
38. Au pays des rêves
39. La mort de Morgane
40. L'ultime bataille
41. Le retour de Lancelot
42. Arthur terrassé par Mordred
43. Excalibur rendue à la Dame du Lac
44. Le dernier voyage
45. Générique