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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

Voyage en famille de Pablo Trapero

 

 

Production

Lumina Films / Paradis Films / Axiom Films / Pandora Filmproduktion

Pablo Trapero / Robert Bevan / Donald Ranvaud

 

Scénario

Pablo Trapero

 

Directeur de la photographie : Guillermo Nieto

Musique : Léon Gieco

Son : Martin Grignaschi

Costumes : Marisa Urruti

Montage : Nicolas Goldbart

 

Casting

Graciana Chironi : Emilia

Liliana Capuro : Marta

Ruth Dobel : Claudia

Federico Esquerro : Claudio

Bernardo Forteza : Oscar

Laura Glave : Paola

Leila Gomez : Nadia

Nicolas Lopez : Matias

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

Marceau Aidan : " (...). Pablo Trapero, sans jamais tomber das les clichés des rapports familiaux, sans verser dans le psychodrame que suggèrent les conflits intergénérationnels, nous montre à la fois une famille unie malgré les tensions légitimes existant en son sein, mais aussi un pays divers chatoyant, attachant, fidèle à son passé avec un hommage appuyé à San Martin, patriote argentin lors de l'indépendance du pays au début du XIXe siècle. Le personnage d'Emilia illumine véritablement le film, beau portrait de femme portant en elle, non sans une pointe de nostalgie, une partie de l'histoire de l'Argentine, sachant régler toutes les crises avec doigté, aimant la vie, les moments conviviaux des fêtes de famille largement arrosées, où tout commence par des chansons, par la joie d'être ensemble". (Jeune cinéma, n° 292)

 

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Antoine de Baecque : " (...) Entre réalisation collective et récréation intimiste, Voyage en famille balaie large le spectre du cinéma. C'est ce sentiment qui domine à la vision (et à l'écoute, la bande sonore étant très travaillée) du film : une forme de générosité, une manière de tenter et d'offrir beaucoup, marque suprême de l'aisance conquise par Trapero (...). Le film chorégraphie les hésitations et les disputes familiales, laissant clairement entendre qu'une telle communauté vit e l'énergie destructrice, schizoïde et névrotique qu'elle engendre. La famille finit par se déchirer, le camping-car à la ferraille, les histoires de cul, de drogue, brouillant tout, la grand-mère demeurant seule dans un ultime plan triste à mourir, à remâcher sa mélancolie. C'est ainsi que Trapero parvient à filmer sa famille : telle une explosion de contradictions maintenues dans la plus grande promiscuité possible". (Libération, 1er décembre 2004)

 

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Jean-Luc Douin : " (...) C'est déjà dire la manière de travailler de ce jeune auteur argentin qui mélange comédiens et non professionnels et s'arrange pour que la mise en scène soit si invisible que domine tout au long du film l'impression d'une randonnée prise sur le vif (...). La musique aux résonances folkloriques de Leon Gieco, les rengaines mélancoliques de Juanjo Sosa, les tangos de Carlos Gardel interprétés par Hugo Diaz accentuent le sentiment de cahoter sans répétitions ni sunlights sur les routes de l'Argentine profonde (...). Voyage en famille cumule saveur populacière et pathétique. Tout le mérite de ce film (dont le seul défaut est de peiner au démarrage) réside dans le naturel avec lequel il évoque les conflits attendus : jalousies, non-dits, frustrations, incompatibilités entre générations, entre sexes, entre soeurs ou entre maris (...). Peintre des humbles, attaché aux fresques sociales, habitué des festivals internationaux depuis Mundo Grua et El Bonaerense, Pablo Trapero confirme qu'il est l'une des révélations du nouveau siècle". (Le Monde, 1er décembre 2004)

 

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Jean-Michel Frodon : " (...) Aux pesanteurs inhérentes à ce genre, Pablo Trapero oppose un ensemble de stratégies qui peuvent se résumer en un seule expression : mise en scène de cinéma. Jamais il ne capitalise sur une convention, jamais in n'apprivoise les situations. Multipliant les plans serrés et les cadres immenses qui articulent la microsociété en mouvement à l'immense espace dans laquelle elle se déplace, il perturbe les petits scénarios de vaudeville et de mélodrame sur lesquels est construit ce qui pourrait constituer une succession d'épisodes pour émissions du dimanche après-midi et n'existe que comme un film, en sa totalité complexe et nécessaire (...). C'est sans doute le voyage le plus difficile, le plus courageux qu'entreprend Trapero au volant de ce film en mouvement : la conquête d'un plus grand espace d'expression pour lui-même, qui est aussi l'offre d'un cinéma non plus confiné aux terres magnifiques et austères de l'art et essai à son meilleur, mais à l'échelle du monde tout entier". (Cahiers du cinéma, n° 596)

 

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Louis Guichard : " (...) Détailler les péripéties du voyage ne donnerait qu'une idée imprécise du film : vu la promiscuité, la chaleur et les conditions du transport, le périple décline toutes les disputes en règle avec en prime, une rage de dents intempestive, une tentative d'adultère, un flirt incestueux entre ados et la panne d'essence qui porte tous ces ingrédients à ébullition. Mais le charme du film tient d'abord à l'énergie brute que déploie Pablo Trapero pour capter physiquement ces rebondissements, les faire entrer en résonance avec les vibrations du moteur et l'onde du camping-car à travers le paysage argentin... C'est un chaos ambulant qu'il filme avec ce que cela comporte de comique mais aussi de métaphorique (...) . Trapero puise dans sa propre histoire. Il a utilisé le vieux camping-car de son père. Il a surtout congié le rôle d'Emilia à sa propre grand-mère dont le visage usé irradie le dernier plan du film, image émouvante qui dit à la fois le deuil et la satisfaction du voyage accompli". (Télérama, 1er décembre 2004)

 

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Jean-Baptiste Morain : " (...) La famille au grand complet s'engouffre dans un vieux camping-car tout pourri et le road-movie commence. Un long voyage où tout le monde va plus ou moins s'engueuler, les adultes régler leurs comptes (petites et vieilles histoires d'adultère),les jeunes cousins découvrir l'amour, la séduction, le sexe. Rien de bien passionnant en réalité tant les personnages de cette comédie pas très drôle sont limités par leur fonction, dans un récit assez lâche au demeurant. Mais comment en serait-il autrement puisque tout le monde sait que la grand-mère va mourir ? Après quelques péripéties mécaniques et psychodramatiques, la famille arrive enfin. Au bout de ce voyage, pas grand chose, des petits riens. Comme cette image poignante et simple d'Emilia buvant le maté, le regard dans le vide, en compagnie de sa soeur : un non évènement chargé en émotion,soudain, parce qu'étranger à toute utilité narrative ". (Les inrockuptibles, n° 470)

 

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Grégory Valens : " (...) Le montage alterne de courts plans fixes où les personnages arpentent chaque couloir et chaque pièce de leur maison, et des plans chaleureux( la séquence du dîner de famille) où la caméra enveloppe les corps, de sorte qu'il y a toujours un mouvement et que ce mouvement paraît affectueux (...). Le mouvement va dès lors devenir la raison d'être du film et des personnages (...). Pablo Trapero semble prendre plaisir à filmer la promiscuité comme si elle était la métaphore d'un pays forçant les êtres à se serrer les uns aux autres, par habitude ou par solidarité, par goût ou par instinct de survie. A cet égard, Voyage en famille est le récit d'une libération qui voit son héroïne quitter le lieu clos qu'elle occupait dans la capitale pour investir un lieu fermé mais mouvant et ménageant des haltes nécessaires, et aboutir à un univers plus naturel et moins contraignant, fait d'espace et de liberté retrouvée (...). Jamais Pablo Trapero n'avait à ce point insisté sur l'identité culturelle et sur ses racines, de l'utilisation du tango (et de variations contemporaines sur des airs connus) aux séquences admirables qui voient des gauchos sortis de nulle part investir la route et remplir le cadre (...). (Positif, n° 526)

 

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