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Les Revenants de Bruno Campillon
Production
Haut et court
Carole Scotta / Caroline Benjo
Scénario
Robin Campillo, en collaboration avec Brigitte Tijou
Directeur de la photographie : Jeanne Lapoirie
Musique : Martin Wheeler / Jocelyn Pook
Décors : Matthieu Menut
Costumes : Agnès Falque
Son : Valérie Deloof / Olivier Mauvezin
Effets visuels : Pascal Laurent
Montage : Robin Campillo / Stéphanie Léger
Casting
Géraldine Pailhas : Rachel
Jonathan Zaccaï : Mathieu
Frédéric Pierrot : Gardet
Victor Garrivier : le maire
Catherine Samie : Martha
Djemel Barek : Isham
Marie Matheron : Véronique
Saady Delas : Sylvain
(...)
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Philippe Azoury : " (...) Cette histoire invraisemblable, ce retour en marche des morts-vivants (...) surgit au centre d'un récit qui terrorise le naturalisme en lui inoculant le virus de l'étrange, ou, à l'inverse, il montre comment une idée malade résiste à la platitude du réel. Le résultat, clinique, effrayant, nous convient (...). Les Revenants ne sont pas qu'une métaphore sur le sida (...). C'est davantage le récit, presque mythologique, d'une sensation, d'un état sans repère, tout ce qui est né d'années et d'années de flou (...). C'est un film qui se voit plutôt comme une plongée en anesthésie. Souverainement, celle-ci se fait du côté des vivants, de ceux à qui est posée la colle de cet inopiné retour et qui ne savent toujours pas s'ils doivent en rire ou en pleurer(...). Le jeu intériorisé de Géraldine Pailhas est d'autant plus beau qu'il est tout en accord avec la lumière du film, véritable banquise échouée sur une plage d'été. A ce degré d'inquiétude, cette photo tranchante mériterait un article à elle seule, la lumière devenant ici la première actrice du film. Elle n'est pas juste réfrigérante, elle accuse le monde vivant tout entier (...) (Libération, 27 octobre 2004)
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Emmanuel Burdeau : " (...) Les Revenants se tâte pour savoir quel embranchement prendre, quelle option privilégier. Dommage léger qui n'empêche pas Campillo de multiplier les beautés. Images vertes et ocre pour caméra infrarouge. Poésie anonyme des exposés, off puis in, qui introduisent certaines discussions à la mairie. Saisissante contre-plongée sur l'enfant se relevant sans un bleu après défenestration. Merveilleux effet spécial des morts s'évanouissant sur le marbre granulé de leur tombe. Toutes ces prouesses gravitent autour d'un foyer où brûle le coeur des Revenants : moins le deuil que le "deuil du deuil", le défi d'accueillir à nouveau ceux qu'on croyait à jamais disparus. Coeur sans doute hors d'atteinte, sujet à peu près intraitable - sauf à imposer cette discipline de froideur et de neutralisation des affects qui étouffe par endroits de premier long métrage , sans rien retirer toutefois à sa puissante singularité". (Cahiers du cinéma,n° 595)
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Thomas Sotinel : " (...) Bientôt la bonne volonté fait place au principe de précaution, lui-même annonciateur de la volonté de remettre les morts à leur place. Dans la mise en scène de ce raidissement, Robin Campillo trouve un ton discrètement satirique qui donne à sa critique des discours dominants une violence inattendue, celle-là même que les films de zombies mettent directement en scène(...). La manière dont sont photographiés les visages des revenants, et particulièrement ceux des enfants, leur gestuelle comme engluée dans un air de plus en plus épais établissent vite l'impossibilité de ce retour à la normale. Une fois que le film est arrivé à ce constat d'incompatibilité (...), il se heurte alors à son parti pris de litote, à son refus des effets propres au genre fantastique (curieusement, la seule à briser ce tabou, à se faire une tête résolument épouvantable, est sociétaire de la Comédie-Française : Catherine Samie est un vrai spectre, terrifiant, qu'on ne voudrait pas rencontrer après minuit). Film fantastique cartésien, Les Revenants se traîne un moment entre les termes de sa contradiction avant de retrouver sa voie pour un finale spectaculaire et inévitable". (Le Monde, 27 octobre 2004)
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Grégory Valens : " (...) La qualité majeure des Revenants réside dans ce ton singulier, qui déboussole car il ne correspond en rien à ce qu'on a déjà vu (les morts ne sont pas agressifs) ni à ce qu'on pourrait attendre : le retour ne provoque pas la fête (...). Il est au contraire source de tristesse, de doutes, de mal-être. La question qui parcourt le film est celle de la coexistence des communautés et elle est assez évidemment métaphorique : l'insertion de l'autre, la différence qu'on accepte d'autant mieux qu'elle se tient à distance, la tolérance pour un mode de vie singulier renvoient bien sûr le spectateur à sa propre société, à une actualité souvent douloureuse. Les dortoirs pour accueillir les morts sont une évocation subtile des camps de réfugiés d'ici ou d'ailleurs (...) tandis que les belles séquences qui voient les revenants se réunir la nuit ont une double fonction dramatique (elles augmentent la tension) et métaphorique ( si l'on accepte l'autre, est-on prêt à accepter ses habitudes, ses croyances, son esprit communautaire ?). Une troupe de comédiens impeccables donne corps à ces réflexions qui auraient pu sembler artificielles et théoriques (...); Quelque part sur le chemin immense qui éloigne Sous le sable des Body Snatchers de Siegel, Les Revenants marque les débuts saisissants d'un cinéaste maître dans l'art de créer une atmosphère". (Positif, n° 525)
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