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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

Les Indestructibles de Brad Bird

 

 

Production

Walt Disney Pictures / Pixar Animation Studios

John Walker / John Lasseter (ex. pr.) / Kori Rae (ex. pr.)

 

Scénario

Brad Bird

 

Musique : Michael Giacchino

Conception des décors : Lou Romano

Prises de vues : Andrew Jimenez / Patrick Lin / Janet Lucroy

Montage : Stephen Schaffer

 

Voix des personnages (VO)

Craig T. Nelson, Holly Hunter, Samuel L. Jackson, Jason Lee, Sarah Vowell, Spencer Fox, Elisabeth Pena, Wallace Shawn, Brad Bird

 

(...)

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

 

Arnaud Bordas : " (...) Les Indestructibles est un film qui ne tient pas en place. Si 1001 pattes se déroulait sur un petit bout de terrain ou si Le Monde de Nemo s'inscrivait la plupart du temps dans un décor aquatique, Brad Bird, lui, passe d'un cadre urbain à une forêt insulaire, d'une scène de vol à une scène de naufragés en pleine mer, faisant défiler sur l'écran les lieux les plus variés avec une frénésie digne d'un Tex Avery. Et même quand l'action prend place dans une petite maison de banlieue, les pouvoirs de notre super-famille donnent encore naissance à quelques scènes d'anthologie comme celle du repas familial où Flèche court dans toute la pièce tandis que sa soeur l'arrête en créant un champ de force, que la mère essaie de les séparer avec ses bras élastiques et que le père finit par soulever tout ce beau monde au-dessus du sol (...). Pour mettre en scène tout cela les ordinateurs de Pixar ont turbiné sec, créant plusieurs programmes novateurs permettant notamment d'étirer le corps d'Elastigirl à volonté, de faire réagir la peau par rapport aux mouvements des muscles, de mettre au point des vêtements d'un réalisme sidérant". (...) (MadMovies, n° 169)

 

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Vincent Malausa : " (...) La synthèse, argument total capable jusque-là d'emporter structures et figurations (point limite, le récit-monde décloisonné de Nemo), sert ici un projet plus ample d'intégration à une forme antérieure. D'où la sobriété cristalline de la première partie. Il ne s'agit plus de s'immerger dans un univers aux profondeurs inconnues (nouvelles textures, nouveaux mondes, nouvelles performances) mais de s'en extraire. Exclusion : les superhéros vivent de leurs souvenirs dans un monde abominablement banal (...). Cloisonnement : l'intrigue elle-même obéit à une implacable fermeture, entre bulle domestique (la dispute hilarante du repas en famille) et fuites coupables, Bob prétextant diverses parties de bowling avec n vieil ami, pour aller, comme au bon vieux temps, sauver quelques passants. Cette vacance des superhéros (...) est rompue lorsque Bob et sa famille se retrouvent entraînés sur une île inexplorée (...). A partir de là, le récit fonctionne par allers-retours entre deux niveaux de narration, réalisme de la vie quotidienne et échappée belle vers un âge d'or retrouvé. A l'écrasement des perspectives répondent ainsi exploration et avancées bondissantes (...). Il y a là une façon d'en revenir aux origines d'un cinéma de pionniers et d'aventuriers qui ravive immédiatement le film". (...) ( Cahiers du cinéma, n° 596)

 

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Cécile Mury : " (...) Brad Bird utilise malicieusement la texture lisse et les rondeurs colorées de l'image de synthèse pour donner à son trépidant récit des allures de gigantesque magasin de jouets, rappelant aussi avec force clins d'oeil parodiques l'univers techno-kitsch des Thunderbirds, série télé des années 60 dont les héros étaient des poupées animées. Au-delà de ce brillant recyclage, les personnages possèdent leur propre identité, trognes poilantes et superpouvoirs dont le réalisateur exploite à plein les ressources comiques. Ainsi les caoutchouteux talents d'Elastigirl, qui peut, au choix, faire parachute, lasso ou rallonge d'aspirateur; les pouvoirs de sa fille Violette, ado timide qui, au lieu de rougir, disparaît... Comme toujours chez Pixar, chacun y trouve son compte : les adultes goûtent la dérision, le second degré, et les plus petits, la joyeuse sarabande de gags et de couleurs". (...) (Télérama, 24 novembre 2004)

 

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Bernard Nave : " (...) On pourrait attendre d'un film qui joue la carte d'une vision décalée du héros, que ses concepteurs osent chambouler un peu plus les bonnes vieilles valeurs traditionnelles. Mais le propos conservateur ne s'arrête pas là. Le père, à l'étroit dans son bureau d'employé de compagnie d'assurances, dans sa petite voiture de cadre très moyen, rumine sa rancoeur de ne plus pouvoir donner sa mesure de superhéros. Le spectateur qui, lui aussi, doit travailler reconnaîtra facilement la justesse du propos. Mais l'alternative héroïque proposée conduit à aller affronter le traître dans des paysages exotiques, tropicaux. Les références à James Bond ne manquent pas. C'est bien évidemment plus glorieux que la délinquance des ruelles obscures des soirées noyées dans l'ennui de la ville américaine. Du côté de la vie de Dash à l'école, les choses méritent un petit arrêt sur images. Pour ne pas révéler qu'i a du sang de superhéros dans les veines, car bien sûr l'héroïsme est génétiquement transmissible (la race des superhéros est-elle pour bientôt ?), il doit retenir ses élans pour ne pas arriver presque avant que les autres n'aient démarré leur course. Devant son petit frère qui n'admet pas facilement de devoir limiter ses élans pour ne pas humilier les autres, sa soeur dit : "Chacun est spécial, Dash". A quoi ce dernier réplique : "Ce qui revient à dire que personne ne l'est". L'épisode a suscité un débat aux Etats-Unis dont le New York Times s'est fait l'écho, opposant les tenants d'une école qui reconnaît tous les talents à ceux qui pensent qu'elle ne permet pas aux êtres d'exception de briller comme ils le devraient. Brad Bird est intervenu pour soutenir les seconds. On dira que bien d'autres productions Disney ont véhiculé des valeurs conservatrices, de manière plus ou moins voilées. Mais ici, elles irriguent la quasi totalité du film. Qu'un jeune studio les place au coeur du film de manière aussi cohérente doit être relevé, quand bien même on peut éprouver beaucoup de plaisir à ce divertissement". (Jeune cinéma, n° 293)

 

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Isabelle Regnier : " (...) Grands spécialistes de l'animation 3D, les studios Pixar, qui ne s'étaient pas encore risqués à la représentation d'êtres humains, ont brillamment relevé le défi. Les expressions du visage sont rendues avec une souplesse remarquable. D'un point de vue visuel, le personnage de Frozone, le meilleur ami de Bob, une sorte de Spiderman du froid qui se déplace en surfant sur ses propres jets de glace, est particulièrement réjouissant (...). Après s'être longtemps épanouis en sauveurs du genre humain et avoir été glorifiés par les médias, les super-héros sont victimes du zèle de quelques mauvais coucheurs qui les entraînent au coeur d'une tempête judiciaire. La nation entière se retourne contre eux et, en souvenir des services rendus à la nation, le gouvernement leur laisse la liberté en échange de leur renoncement à toute activité héroïque. Dès lors, la réinsertion dans la société pavillonnaire de la banlieue américaine devient leur plus grand défi". (...) (Le Monde, 10 novembre 2004)

 

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Michel Roudevitch : " (...) Où en sommes-nous dans l'imagerie de synthèse ? Des sortilèges de la nursery (Toy Story) au monde aquatique de Nemo via le monde des insectes (1001 pattes) et les traquenards du placard aux balais (Monstres et Cie), les glorieux animateurs de Pixar entendent nous épater toujours davantage sans cesser de nous émouvoir. En testant l'élasticité de la gestuelle du bipède. En développant pour ce faire une "approche entièrement nouvelle". Bob Parr,le personnage le plus complexe à modéliser "parce que tout en muscles" aurait servi de gabarit pour ls autres. En fait, visuellement parlant, nos superhéros synthétiques sont stylisés à la manière du fameux caricaturiste new-yorkais Al Hirschfeld, un design rétro-futuriste revendiqué se situant dans les années 60. Le Super Bob des Indestructibles est apparenté au Buzz l'Eclair et Toy Story. D'ailleurs, tout le film fonctionne sur une série de références que chacun pourra s'amuser à débusquer, de James Bond à X-Men en passant par Sky Kids et Spider-man". (Libération, 24 novembre 2004)

 

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