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Land of Plenty de Wim Wenders
Production
Reverse Angle / IFC / Indigent
Gary Winick / Jake Abraham / In-Ah-lee / Samson Muke
Scénario
Scoot Derrickson / Michael Meredith / Wim Wenders
Directeur de la photographie : Franz Lustig
Musique : Thorn und Nackt
Décors : Nathan Amondson
Costumes : Alexis Scott
Montage : Moritz Laube
Casting
Michelle Williams : Lana
John Diehl : Paul Jeffries
Shaun Toub : Hassan
Wendell Pierce : Henry
Richard Edson : Jimmy
Burt Young : Sherman
Yuri Z. Elvin : Officer Elvin
Jeris Lee Poindexter : Charles
Rhonda Stubbins White : Dee Dee
Bernard White : Youssef
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Jean-Luc Douin : " (...) Empruntant son titre à une chanson de Leonard Cohen, Land of Plenty est un film de détresse, le cri d'alarme d'un cinéaste qui espère que son pays d'adoption retrouvera un jour ses valeurs. Deux personnages y confrontent leurs points de vue : une jeune fille de retour à Los Angeles après une adolescence passée en Afrique du Sud et en Israël, lucide sur les impasses de la politique des Etats-Unis (en particulier en Palestine) et sur la haine qu'elle suscite; et son oncle, un ancien marine en proie à la paranoïa, bras armé du Patriot Act, qui voit des terroristes partout et parcourt la ville dans une camionnette équipée de talkies-walkies et d'une caméra de surveillance (...). Non exempt de manichéisme, de naïveté, Land of Plenty impose le grand style de Wenders, sa science du cadrage, la beauté de ses images numériques et son inégalable façon de filmer L.A. intra et extra-muros, sur accompagnement sonore de musique folk". (Le Monde, 11 septembre 2004)
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Pierre Eisenreich : " (...) . Dans Land of Plenty le ciel demeure vide et mort au-dessus des gratte-ciel sombres en verre fumé ravivant les fantômes de stèles funèbres. Mais au lieu de la verticalité new-yorkaise, Wenders élabore un parcours à Los Angeles, mégapole par excellence d'une immensité horizontale (...). Cette exposition scénographique marque ainsi un vrai retour en forme du metteur en scène d'Alice dans les villes (1973). Il n'a rien perdu de son génie photographique, de son talent à révéler la puissance métaphorique d'un décor naturel (...). Land of Plenty ne doit pas être considéré comme un catalogue unique des figures de style chères à Wim Wenders. La narration repose sur l'enquête d'un fait-divers après qu'un Pakistanais fut tué dans les rues de Los Angeles (...). Commentant le déroulement de l'acte, Paul interprète devant son moniteur un spectacle en direct pour ensuite y intervenir au milieu de la foule. De la surveillance à l'intervention, la frontière entre la passivité et l'action apparaît bien mince. Cette proximité entre le reportage brut et sa mise en scène représente un des paroxysmes du show télévisé américain (...). C'est tout le prix de Land of Plenty d'avoir envisagé une société urbaine qui s'est donnée tragiquement les possibilités d'automatiser un regard sur elle-même. La population y est un magma enorgueilli par un vaste programme sécuritaire pour se réfugier dans une nouvelle tour de Babel. On n'est pas prêts d'oublier l'inextricable confusion du meurtre nocturne et la totale perte d'identité des assassins, de la victime et des témoins. Etres que Wim Wenders s'évertue à re-personnaliser à l'extérieur de Los Angeles". (Positif, n° 524)
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Charlotte Garson : " (...) Le montage parallèle des premières séquences annonce un binarisme certain (...). Peu à peu, les deux imaginaires s'interpénètrent : Lana adopte le jargon du "sergent" Jeffries, ses téléphones et ses talkies-walkies. Elle joue le jeu car son prochain, au sens chrétien, c'est tout autant Paul traumatisé par la guerre que le SDF à qui elle sert de la soupe. Wim Wenders inscrit cet entrelacs dans le régime sonore et visuel du film qui mêle musique électronique proche des modulations de la CB et folk écouté par Lana sur son baladeur. L'image numérique , très travaillée, distingue à peine les films de surveillance des autres séquences, évitant de faciles effets de contraste. A travers les filatures de Jeffries, Wenders filme les trottoirs de L.A. comme on les voit rarement, encombrés de clochards, abandonnés par la voirie; coupés par des passerelles, des arrière-cours, des terrains vagues. La fusion patiente, d'abord imperceptible, de l'oeil nu et de la caméra fait la force de Land of Plenty. Dépouillée de son affolement causal, la paranoïa patriotique apparaît comme une fascination envers l'étranger, le différent : une passion des signes (...).
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