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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

Pourquoi (pas) le Brésil de Laetitia Masson

 

 

Production

Maurice Bernart / Jean-Michel Rey / Philippe Liégeois

Salomé / Rezo Films

 

Scénario

Laetitia Masson

d'après le roman de Christine Angot, Pourquoi le Brésil ?

 

Directeur de la photographie : Crystel Fournier

Musique : Jean-Louis Murat

Chansons : Benjamin Biolay

Son : Pierre André / Cyril Holtz / Frank Duval

Décors : Mathieu Menut / Nicolas Chik

Costumes : Catherine Bouchard / Amélie Mu Hau

Montage : Aïle Auguste

 

Casting

Elsa Zylberstein : Laetitia / Christine

Marc Barbé : le mari de Laetitia / Pierre Louis

Bernard Lecoq : le producteur Maurice Rey

Pierre Arditi : le pédiatre

Ludmilla Mikaël : la femme de la gare

et Laetitia Masson, Daniel Auteuil, Francis Huster, Christine Angot, Léonore Chastagner, Malo Poirier, Malcolm Serrono-Alarcon, Alain Sarde, Alexia Tansky, Haïm Cohen, Charlotte Marquet, Trice Lübek, Jean-Marc Roberts, Pascal Bonitzer, Mathilde Cukierman, André Marcon (la voix du père)

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

François Bégaudeau : " (...) Est en effet martelée la conviction qu'un récit n'est adaptable que s'il est vécu de l'intérieur par l'adaptateur. Qu'en somme Laetitia ne saurait rendre le désordre amoureux de Christine qu'à condition de se désordonner elle-même. Ainsi la triple épaisseur susceptible de donner un peu de jeu à la liste des names en jouant sur les écarts d'incarnation, se résorbe en une plate équivalence, chacune des trois femmes reconnaissant chez l'autre un quant-à-soi identique au sien, qui se révèle le seul objet du film. Dès lors, quand le film se décide enfin à rendre la passion consignée dans le roman, il apparaît qu'elle est de trop, que les scènes où les les deux corps muets se cognent à leurs impasses n'ont rien à faire là. Qu'elles ne sont que des vignettes glauques vouées à soutenir, comme un mur, les pages lues en voix off. Que seule importe à Laetitia de faire sienne l'autoanalyse de Christine. Que tout ici converge vers ces plans qui la voient se filmer dans le miroir et le doute (...) (Cahiers du cinéma, n° 593)

 

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Olivier de Bruyn : " (...) Avec audace, humour et une sensibilité aiguë, la cinéaste Masson examine des tas de trucs qui passionnent : l'alchimie d'une rencontre, la déchirure d'un couple, le risque de s'abandonner au regard de l'autre, les dangers de se raconter... Le tout redoublé d'un jeu schizophrèneet captivant puisque les comédiens principaux (Zylberstein et Barbé) batifolent dans plusieurs rôles et en côtoient d'autres (Auteuil, Arditi, Huster), parfois dans leur propre peau, parfois non. Ajoutons que le film dit des choses puissantes sur le cinéma français dans ses petits états (...) (Première, septembre 2004)

 

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Jean-Luc Douin : " (...) Pourquoi (pas) le Brésil est un malicieux making of en abyme, l'évocation des affres d'une réalisatrice qui se bat avec ses financiers, ses acteurs, ses doutes (...). Subtilement, Laetitia Masson se joue des représentations et des identifications. Au nez et à la barbe des personnes réelles (présentes en chair et en os), Elsa Zylberstein et Marc Barbé jouent (fort bien) les rôles à miroirs de la réalisatrice et de son héroïne (pour l'une), du mari de la réalisatrice et de l'amant de l'héroïne (pour l'autre). Mue par une honnêteté photogénique, se filmant avec humour (politesse de la distanciation) en détective burlesque à la recherche de l'esprit du livre, du "mentir-vrai" cinématographique et de ses propres troubles amoureux, Laetitia Masson assume la seule pose qui lui semble possible : confesser son processus de création, oublier du livre ce qui lui reste étranger et se raccrocher à ce qui lui parle, évoquer sa fascination pour le dédoublement, le mystère de l'amour, "l'adaptation à la personne qu'on aime". (...) (Le Monde, 15 septembre 2004)

 

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Patrick Fabre : " (...) Mieux que Spike Jonze avec Adaptation, Laetitia Masson nous fait partager les affres de la transposition, l'impact du livre sur sa vie et sa quête d'une vérité émotionnelle pour dépasser la simple illustration de roman (...). C'est aussi une subtile (et toujours compréhensible) mise en abyme de son histoire que nous livre Laetitia Masson. Avec un reste de pudeur qui lui interdit la nudité physique ("ou alors, juste le haut"), mais sans fausse honte, elle dit et montre son désarroi de cinéaste au chômage, rejetée par les producteurs (dont Alain Sarde, flamboyant) et les acteurs (Daniel Auteuil, étonné, et Francis Huster, étonnant), brossant ainsi un portrait drôle mais amer du cinéma français (...) ( Studio Magazine, septembre 2004)

 

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Yann Tobin : " (...) Laetitia Masson se filme elle-même et se met en scène dans tous les avatars de l'artiste bloquée :l'impuissance créatrice, le besoin de travailler, l'horreur du vide, l'angoisse du miroir. Elle fait son 8 et demi, sans filet (...). C'est sincère, beau, émouvant, libre, riche de sens. Ce long métrage de "fiction" (les guillemets sont essentiels") tourne autour de la question : comment Laetitia Masson va-t-elle transposer à l'écran le "roman" autobiographique de Christine Angot, Pourquoi le Brésil ? La réalisatrice, devant un miroir avec sa petite caméra DV, se demande comment elle va faire (...). La deuxième partie, c'est la liaison entre Christine et Pierre Louis (...). C'est cette partie centrale qui est la plus proche d'une adaptation du livre au sens classique. Et les interventions de la réalisatrice sont avant tout des commentaires en voix off extraits du livre, dont la force d'écriture est admirablement rendue par le filmage : sensualité de la découverte des corps, isolement des personnages malgré la passion charnelle, affrontements verbaux et physiques. Le cadre en scope est flottant mais déterminé, la lumière "godardienne" dans sa manière de styliser le réel (renforcement extrémiste des éclairages naturels). Les deux comédiens sont d'une justesse terrifiante, corps hagards, voix brisées, visages entre la représentation et la reddition mutuelle (...). (Positif, n° 523)

 

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A lire également

- L'entretien avec Laetitia Masson réalisé par Françoise Audé, Pierre Eisenreich et Dominique Martinez, paru dans le numéro 523 de la revue Positif

 

 

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Filmographie de Laetitia Masson

 

Chant de guerre parisien (1991)

Nulle part (1993)

En avoir (ou pas) (1995)

Je suis venue te dire (1996)

A vendre (1998)

Love Me (2000)

La Repentie (2002)

Pourquoi (pas) le Brésil ? (2004)

 

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