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Dias de Santiago de Josué Mendez
Production (Pérou)
Chullachaki Producciones
Tito Bonicelli / Enid Campos / Josue Mendez
Scénario
Josue Mendez
Directeur de la photographie : Juan Duran
Musique : Manuel Larroche / Mogambo
Son : Francisco Adrianzén
Décors : Eduardo Camino
Montage : Roberto Benavides Espino
Casting
Pietro Sibille : Santiago
Lili Urbina : Mama
Milagros Vidal : Andrea
Marisela Puicon
Alheli Castillo : Mari
Ivy La Noire : Ines
Ricardo Meija : Papa
Erick Garcia : Coco
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Nicolas Azalbert : " (...) Placé sous le signe du déplacement, Dias de Santiago suit son personnage, à pied dans les rues ou au volant de son taxi, comme un animal traqué et inadapté dans cette autre jungle qu'est la ville où la paix sociale n'est qu'une continuation de la guerre par d'autres moyens. Son obsession de l'ordre et de la rationalisation ne lui est d'aucun secours contre le chaos qui l'entoure. Alternant couleurs et noir et blanc au sein d'une même séquence par un simple déplacement d'axe, Mendez crée de magnifiques "terrains de subjectivité" (amoureux, professionnels et familiaux) sur lesquels Santiago n'a pas ses marques, nous rendant son inadaptation et son isolement plus grands encore (...). Le film semble prendre la route tracée par Taxi Driver, celle du carnage inévitable. Par une maîtrise et une rigueur impressionnante pour un premier film, le final se soustrait pourtant aux conventions et à l'idéologie à l'oeuvre chez Scorsese, conférant à Dias de Santiago une indépendance et une droiture rares". (...) (Cahiers du cinéma, n° 595)
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Philippe Azoury : " (...) Santiago est le déboussolé par excellence (...). Ses années de formation, ses humanités, il les a passées à se battre comme soldat, servant lors du conflit qui opposait le Pérou à l'Equateur (...). Formellement, le film ne travaille qu'à la mise en scène de cette distance qui sépare désormais Santiago d'un pays qui a suivi un tout autre cours que celui qu'il croyait servir, Josué Mendez ayant opté pour un maniérisme affiché (le même séquence peut passer d'un plan l'autre de la couleur au noir et blanc). Si le procédé n'est pas des plus fins, il a le mérite de ne pas masquer le bon vouloir théorique de son auteur : filmer l'effondrement des repères, la séparation, l'acrimonie. Au risque de sombrer dans le trop appuyé, de ne rien laisser surgir qui ne soit pas tout à fait maîtrisé. Le film accuse du coup sur la longueur une certaine naïveté esthétique, étouffe un peu à vouloir signaler la moindre de ses intentions. On ne sait pas si ce réflexe de vouloir à tout prix indiquer est dû à l'inexpérience de son auteur ou à l'immaturité du cinéma péruvien (...). (Libération, 10 novembre 2004)
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Matthieu Darras : " (...) En le faisant passer sans transition de l'enfance à l'âge adulte, la guerre a paradoxalement préservé Santiago d'un bon nombre de désillusions. D'où sa volonté d'apprendre, de se faire une éducation, comme si cela avait servi un fantassin sur le retour à s'en sortir. Dans la société péruvienne d'aujourd'hui personne ne fait grand cas de la catharsis d'un ex-soldat. Pas même sa famille qui cherche avant tout à maintenir une distance respectable avec cette graine de voyou. a trop bien être nourrie, la graine se développe. malgré elle (...). Et les trottoirs de Lima ressemblent à s'y méprendre à ceux de New-York des années 70. Sauf que la faune miséreuse des prostituées toxicomanes et maquereaux a cédé la place à un autre type de racaille, j'ai nommé la jeunesse délurée de la classe dirigeante à la richesse indécente. Quant à la caméra de Josué Mendez, vissée à son anti héros comme les Dardenne à Rosetta, elle dégage une force exceptionnelle". (...) (Positif, n° 525)
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Thomas Sotinel : " (...) Si le thème central du film le rapproche du film de Martin Scorsese, il serait à la fois dangereux et injuste de pousser trop loin la comparaison. Dangereux parce que le réel talent de Josué Mendez est encore loin de la maîtrise et de la puissance du cinéma de Scorsese à l'époque de Taxi Driver. Injuste parce que le néophyte péruvien, sans ignorer sa dette envers ses aînés états-uniens (...) a cherché, et souvent trouvé, un chemin propre à son propos (...). De la violence dont il a été le témoin dans la jungle, Santiago garde une vision fragmentée du monde, que Mendez traduit par une alternance de plans en couleurs puis en noir et blanc. Si le jeune homme souffre de solitude ce n'est pas au sens physique du terme. Sa famille traîne dans une pauvreté asphyxiante (...). Refusant les évidences d'un tel schéma, devenu lieu commun au cinéma, Josué Mendez s'emploie à rendre son humanité à son personnage central. La puissance d'expression de son jeune interprète et l'âpreté du style du metteur en scène permettent de mener cette tâche à bien, produisant un film étrangement touchant". (Le Monde, 10 novembre 2004)
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