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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

Whisky de Pablo Stoll et Juan Pablo Rebella

 

 

Production

Fernando Epstein / Control-Z Films

 

Scénario

Juan Pablo Rebella / Pablo Stoll / Gonzalo Delgado Galiana

 

Directeur de la photographie : Barbara Alvarez

Musique : Pequena Orquesta Reincidentes

Son : Catriel Vildosola / Daniel Yafalian

Décors : Gonzalo Delgado Galiana

Montage : Fernando Epstein

 

 

Casting

Andrés Pazos : Jacobo Köller

Mirella Pascual : Marta Acuna

Jorge Bolani : Herman Köller

Ana Katz : la jeune mariée

Daniel Hendler : le jeune marié

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

 

Matthieu Darras : " (...) Le réalisme de Whisky n'a rien de pur. Davantage qu'une quelconque réalité sociale c'est une vérité plus générale sur la solitude que le second film de Rebelle et Stoll renferme. Qui sont Jacobo, Marta et, plus tard, Herman, sinon des personnages de fable ? (...) La précision des cadres, la caméra immobile, le rythme instauré par la durée des plans font tout de suite comprendre que le rituel a son importance. Rien ne semble pouvoir l'interrompre, ni la routine qui l'accompagne. Tellement évident que, à l'exception des formules d'usage de Marta du type "Permiso" ou "No se Preocupe", il ne saurait être agrémenté de dialogues. Dans cet univers "chlorophormé", mais fort amusant pour le spectateur, la vétusté des objets fait paradoxalement figure d'espoir. A plusieurs reprises on se met à rêver à une panne technique qui interromprait le cycle sans fin de l'ennui. Eh non ! ce n'est pas des stores cassés du bureau que va surgir l'imprévu (...). Afin de ne pas s'user il faut éviter de vivre". (...) (Positif, n° 525)

 

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Elisabeth Lequeret : " (...) Tandis que de film s'enfonce dans l'absurde, moulin à paroles contre mur, s'invente un comique domestique, les mille et un gestes de la résistance minuscule de Jacobo : crissement infernal de la perceuse avec laquelle, aux petites heures du matin, il remet un cadre bancal depuis seulement vingt ans; mise à mort symbolique d'Herman (un magnet en forme de main, renversé, thum down, sur le frigo de la cuisine). Rebella et Stoll enferment leurs personnages dans un espace commun (appartement vieillot de Jacobo, station balnéaire en déshérence), laissant chacun y dévider son propre scénario à hauteur de ses moyens : mimiques de Jacobo, flux verbal d'Herman, regards en coulisse de Marta. Du gris au rose, puis du rose au gris, emballement modéré puis retour à la case départ, la trajectoire reste un peu trop balisée. Une fois n'est pas coutume : ici c'est le flacon qui limite l'ivresse". (Cahiers du cinéma, n° 595)

 

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Didier Péron : " (...) Whisky décevra les amateurs de cinéma tropical car Montevideo et la station balnéaire de Piriapolis semblent ici des morceaux dérivants d'Europe centrale (...) Pour éviter d'avoir à afficher son célibat maussade, Jacobo demande à Marta de se faire passer, contre rétribution et le temps de la visite, pour sa femme. Commence une suite de situations déphasées où le trio tente de maintenir un semblant d'illusions et de liens. Dans Whisky, le tirage de tronche est une ligne de conduite et un état d'esprit (...). On finit par s'attacher à ces personnages qui ne semblent, au début, que de simples hypothèses graphiques sous nette influence de la BD. C'est précisément le tremblé entre la surface impavide des "gueules" et le fond émotionnel qui fait tout l'intérêt de ce film à la bizarrerie prégnante". (Libération, 17 novembre 2004)

 

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Vincent Ostria : "Whisky est un film dépressif et rentré sans une once de pathos; parfois on frise même la crise de rire (...). Comme dans un polar à suspense, tout est minuté précisément. Seulement ici, il ne se passe jamais rien ou presque. La réalisation insiste sur cette routine implacable en dupliquant plusieurs fois la même séquence de plans, de gestes (...). Titre faux ami, le mot "whisky" n'a qu'une fonction mécanique équivalente au classique "cheese" : faire sourire des gens neurasthéniques qui font la gueule à longueur de journée. Mais comme dans 25 watts (...) Whisky est en réalité un film punk, une vision impitoyable et iconoclaste de la petite bourgeoisie (...). Décalé, c'est le mot pour Whisky. Ou plutôt décadré car tout ici est fondé sur l'incompatibilité, l'incommunicabilité et la disparité (...). Il y a aussi une passion pour la durée, les rituels, la répétition. Le plus frappant, c'est un sens inouï de l'observation et du détail. Ennemis de la psychologie, Stoll et Rebella utilisent à fond les possibilités du cinéma pour se passer des mots (...). La beauté du film,c'est la suggestion par micro touches d'un possible amour entre Marta et Jacobo". (...). (Les inrockuptibles, n° 468)

 

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A lire également

 

- L'entretien avec Pablo Stoll et Juan Pablo Rebella, réalisé par Antoin de Baecque (Libération, 17 novembre 2004)

- L'entretien avec Pablo Stoll et Juan Pablo Rebella, réalisé par Serge Kagansky et Vincent Ostria (Les inrockuptibles, n° 468)

- L'entretien avec Pablo Stoll et Juan Pablo Rebella, réalisé par Grégory Valens (Positif, n° 525)