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Los muertos de Lisandro Alonso
Production (Argentine)
4L / Fortuna Films / Slot Machine / Arte France Cinéma / Ventura Film
Micaela Buye / Ilse Hugan / Marianne Slot
Scénario
Lisandro Alonso
Directeur de la photographie : Cobi Migliora
Musique : Flor Maleva
Son : Catriel Vildolsola
Décors : Lisandor Alonso
Montage : Lisandro Alonso
Casting
Argentino Vargas : Vargas
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Michel Ciment : "Après La Libertad il y a deux ans, Lisandro Alonso revient avec un film qui pourrait avoir le même titre. On ne change pas une formule qui gagne et le style minimaliste, hyperréaliste de Los muertos séduira les mêmes critiques comme il a séduit les mêmes festivals qui tous, un par un, l'accueilleront pour ce qu'il est : un film de festival (...). Le style contemplatif adopté par Alonso vaut, grâce au travail du chef opérateur Cobi Migliora, quelques beaux plans de rivière et de forêt - c'est bien le moins qu'on puisse attendre ! Le dialogue réduit à sa plus simple expression n'étonne pas quand il surgit. "Est-ce que la rivière est toujours là ?" demande le voyageur comme s'il avait quitté les lieux à l'ère tertiaire. La vogue actuelle du nouveau cinéma argentin (dont les réelles qualités ont été signalées très tôt dans ces colonnes) et l'ascèse esthétique toujours prisées des aristarques justifient-elles l'engouement programmé pour le cinéma d'Alonso ? (...) (Positif, n° 525)
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Sylvain Coumoul : " (...) Tout va de concert mais nul n'a la clef du regard qui serait total. Les trois regards, de Vargas, d'Alonso, du spectateur, voyagent ensemble mais jamais ne fusionnent. Il n'y a pas un seul plan, d'ailleurs le film n'en compte que 74, qui prétende donner la vision subjective de Vargas. Alonso s'autorise même des vues de reflets d'arbres dans l'eau comme n'importe quel amateur soucieux de varier ses angles sans que le ridicule le guette : la non participation de son modèle à la fabrication de l'image protège le film de toute complaisance. Cette notion de parallèles des regards imprime tellement bien à Los Muertos sa nature profonde qu'Alonso peut se permettre d'attendre Vargas en amont de la rivière, par-delà un visage par exemple sans qu'il soit possible d'y déceler le moindre symbolisme". (...) (Cahiers du cinéma, n° 595)
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Jean-Luc Douin : " (...) Pourquoi son "aventure" nous captive-t-elle alors qu'en termes de spectacle il n'y a rien à voir, que ce faux documentaire arbore crânement un refus de l'intrigue, que l'image est épurée au point de nous bercer dans l'illusion d'une ode à l'état sauvage, d'un hymne à une forme primitive d'hédonisme ? Parce que (...) Lisandro Alonso réussit à nous suggérer que l'impassibilité de son "héros" est son alibi, que nous avons affaire à un être moins sensuel, plus complexe, peut-être plus barbare qu'il n'y paraît. Le premier film de ce cinéaste radical s'intitulait La Libertad. Ce qu'il nous distille ici, dans ce second opus invoquant les morts, serait-ce la peur face à l'image d'un homme qui s'est octroyé la liberté de tuer ? Lisandro Alonso donne si peu d'informations que le moindre plan, la moindre réplique, le moindre mouvement sont à prendre comme des indices (...). La force de Lisandro Alonso est d'accompagner cette équipée contemplative d'un voyage mental au cours duquel, insensiblement, le spectateur est effleuré par le doute. Peu à peu, cet ancien taulard au visage buriné, ce bloc monolithique, indifférent à tout, devient suspect ou inquiétant". (...) (Le Monde, 3 novembre 2004)
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Didier Péron : " (...) Au premier plan du film, la caméra a surpris deux corps fraîchement poignardés dans une clairière. Flash-back, fantasmes, qui sait ? Le film raconte le trajet de Vargas en camion, à pied et en barque, ni plus ni moins. Le spectateur (...) n'est sollicité qu'à titre d'observateur sans savoir s'il ne va pas bientôt être confronté à un geste inadmissible, une nouvelle tuerie, un suicide, un sacrifice. Le sens du film demeure scellé au plus profond du mutisme du personnage qui nous laisse seul avec notre étonnement et nos questions. Los muertos baigne de bout en bout dans une atmosphère de corruption, de nuit et de fatalité, perdition à la Joseph Conrad (...). Los muertos radicalise encore les thèmes de La Libertad, montrant à travers l'équipée de Vargas et le sous-titrage méditatif des plans sur les arbres et le ciel, l'étrange cécité des individus voués à la plénitude paradoxale de ne jamaiscapter le dessein général des choses". (...) (Libération, 3 novembre 2004)
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