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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

La nina santa de Lucrecia Martel

 

 

Production

Lita Stantic

Pedro Almodovar / Agustin Amoldovar / Esther Garcia

 

Scénario

Lucrecia Martel

 

Directeur de la photographie : Felix Monti

Musique : Andres Gerszenzon

Costumes : Julio Suarez

 

Casting

Mercedes Moran : Helena

Carlos Belloso : Docteur Jano

Maria Alche : Amalia

Julieta Zylberberg : Josefina

Alejandro Urdapilleta : Freddy

Mia Maestro : Inés

Marta Lubos : Mirta

(...)

 

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

Olivier De Bruyn : " (...) Malgré un scénario qui, sur le papier, laissait présager un défilé de situations édifiantes, Lucrecia Martel signe une oeuvre envoûtante où le raffinement de sa mise en scène et son art de la suggestion s'exercent à merveille. Remarquablement interprété, La nina santa entraîne dans son atmosphère sensuelle, mystérieuse et opaque (sic). L'attention de Lucrecia Martel aux moindres gestes, aux frémissements des corps, s'accorde avec la subtilité d'un script qui fait échapper la fresque intimiste à tout naturalisme racoleur. Certes, l'application de la cinéaste à composer chaque plan avec une précision maniaque est constamment sensible. Elle donne parfois au film un aspect quelque peu volontariste dans le registre du cinéma d'auteur à vocation contemplative. N'empêche que, avec La Nina santa, le talent de Lucrecia Martel s'affirme". (Positif n° 521-522)

 

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Lucien Logette : " (...) On comprend ce qui a pu attirer Lucrecia Martel dans sa peinture de l'Hôtel Temas, toujours à La Cienaga, comme son premier film : l'atmosphère un peu faisandée de palace vétuste, en bout de course, la sensation de vase clos qui exaspère les sentiments troubles, les situations esquissées (...). Il y a des discours, des cantiques, des conversations qui se croisent, des confidences qui s'échangent, des ébauches d'actes sexuels, des frôlements. La découverte que le si respectable médecin-vedette du congrès, dont la séduisante veuve directrice de l'hôtel est amoureuse, préfère caresser les fesses des petites filles dans la rue résonne comme un tremblement de terre dans ce petit monde. Il y a de l'Altman dans ce grouillement choral, malheureusement sans la patte du maître. On peut trouver l'ensemble bouleversant, comme certains confrères; on peut également trouver çà de peu d'intérêt, faisant beaucoup de bruit pour un faible résultat, et plein de promesses à peine tenues, sans que cela nous fasse perdre confiance dans la réalisatrice". (Jeune cinéma, n° 290)

 

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Mia Hansen-Love : " (...) En approfondissant l'univers de La Cienaga, La Nina santa l'a peu à peu déparé d'une certaine outrance stylistique qui pesait sur l'autonomie des choses montrées. On assiste de nouveau, en un seul lieu ou presque, à une danse des générations, danse frisant le macabre et que Martel orchestre avec virtuosité (...). Le monumental, le sombre,l'enchanteur ou le désuet déteignent sur les personnages ; au mystère des lieux se mêlent inextricablement celui de la vocation ou celui de la sexualité. Le talent de Martel, c'est l'originalité de la dynamique par laquelle elle rend vivants ces mystères : une dynamique de la cohabitation (...). Pas plus qu'un film moralisateur, La Nina santa n'est son faux contraire, un film anticlérical (...). La Nina santa s'ouvre sur une prière chantée à ses élèves par une professeur de catéchisme émue jusqu'aux larmes. Malgré les messes basses caustiques de José, la beauté de sa voix parvient sans difficulté jusqu'à nous et cela suffit pour comprendre le peu de polémique que Martel engage avec la foi (...). La foi inscrit l'érotisme dur le visage d'Amalia". (...) (Cahiers du cinéma, n° 593)

 

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Jacques Mandelbaum : " (...) Ce film peut aussi être compris, sans incompatibilité majeure, comme une parabole sur le mécanisme de l'hystérie, et, de fait, comme un des plus grands films jamais réalisés sur cette singulière disposition. Soit un film où les corps deviennent symptômes, expressions somatiques d'intentionnalités inconscientes, où les personnages souffrent en permanence de réminiscences et où les femmes, plus particulièrement, donnent le change en modelant leur désir sur celui du sujet qui va imprudemment les élire (...). Il faudrait dans ce cadre reconsidérer d'un autre oeil les séquences qui mettent en scène les attaques sexuelles sur la personne d'Amalia. Tournées devant une vitrine où un homme joue du thérémin, un instrument qui émet des sons sans qu'on le touche, on peut ainsi se demander si elles ne sont pas davantage imaginées que vécues par Amalia, dont le masque impassible continûment porté tout au long du film évoque par ailleurs la "belle indifférence" propre à l'hystérique à l'égard de ses symptômes". (...) (Le Monde, 15 septembre 2004)

 

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Dominique Martinez : " (...) Lucrecia Martel confirme avec La Nina santa son talent pour créer des atmosphères particulières et faire ressentir le poids d'une situation ambiguë, d'un décor glauque. Ici, ce sont les entrailles (chambres, couloirs, restaurant...) d'un grand établissement déchu qui sent l'aérosol anti-insectes. Le travail précis sur le son intéresse (appareil de musique de la rue, dispositif de sonorisation interne de l'hôtel, troubles d'audition d'Hélèna. Intimiste, le film repose sur le jeu puissant des acteurs et la densité des ambiances. Pourtant, c'est la déception. (...). Le spectateur décroche de cette histoire en définitive hermétique (...) (Positif, n° 524)

 

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A lire également

 

- L'entretien avec Lucrecia Martel réalisé par Isabelle Regnier et paru dans le numéro du Monde daté du 15 septembre 2004

- L'entretien avec Lucretia Martel réalisé par Jean-Michel Frodon et paru dans le numéro 593 des Cahiers du cinéma

 

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