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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

Undertow (L'Autre rive) de David Gordon Green

 

 

Production

ContentFilm / Muskat Filmed Properties / Sunflower Production / UA

Lisa Muskat / Terrence Malick / Edward R. Pressman

John Schmidt / Alessandra Camon

 

Scénario

David Gordon Green / Joe Conway

d'après une histoire de Lingard Jervet

 

Directeur de la photographie : Tim Or

Musique : Philippe Glass

Son : Larry Blake / Christof Gebert

Décors : Richard A. Wright

Costumes : Jill Newell

Montage : Zene Baker / Steven Gonzales

 

Casting

Jamie Bell : Chris Munn

Josh Lucas : Deel Munn

Devon Alan : Tim Munn

Dermot Mulroney : John Munn

Shiri Appleby : Violet

Terry Loughlin : Clayton

Robert Longstreet : Bern

Kristen Stewart : Lila

 

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

Mia Hansen-Love : " On pourrait dire que L'Autre rive est la version au sprint et dans les bois, la version profuse et enchantée de Gerry. Deux films sur l'endurance et la fraternité. Ils partagent une image : l'intensité muette de deux garçons assis autour d'un feu de nuit. Tout aussi solitaire et tout aussi euphorique, l'exploration formelle est traversée chez David Gordon Green par des crises qui sont autant d'éclairs (...). La fonction poétique du méchant est de délivrer les personnages de l'opacité - si leurs instincts sont si visibles c'est du fait de cette transparence essentielle apte à réconcilier la finitudes des appétits avec l'infini de l'humain. La liaison entre innocence et sauvagerie s'accompagne d'un mariage transgressif du païen et du religieux, résumé par la présence ambivalente des animaux. La compagnie des porcs recèle quelque chose d'indistinctement trivial et sacré, réaliste et féerique. Mais le religieux ne réside pas dans quelques faux indices. Il tient à la bonté et même à la charité que le film exhale, à l'intensité d'un regard qui fait de Green un héritier de James Agee". (...) (Cahiers du cinéma, n° 597)

 

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Bertrand Loutte : " Si le terme n'avait pas une connotation péjorative on dirait que Green livre une version lyophilisée du film de Laughton, qu'il s'emploie à purger le classique, à l'instar de Tim qui ingurgite tout ce qui lui tombe sous la main pour ensuite en rejeter une bile blanche. Le cinéaste privilégie une composition ordonnée autour d'accords mineurs, préférant la stase au sprint, déjouant les coups de théâtre avec , jusqu'au final étonnement déflationniste, une science habile du temps faible (...). Laughton, Malick ou même Larry Clark - qui résonne dans le corps gracile des kids ou dans la relation d'attraction-répulsion que ceux-ci entretiennent avec l'adulte à l'âme damnée - sont peut-être des figures tutélaires. Mais Green n'a de cesse de contrarier cette descendance. S'il fallait vraiment trouver une parentèle à L'Autre rive, on irait la chercher auprès du Bois lacté, le premier et remarquable film de Christoph Hochhäusler. Même appropriation en crabe d'un espace en friche, même propension à l'irrésolution". (...) (Les inrockuptibles, n° 475)

 

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Didier Péron : " (...) David Gordon Green a voulu rendre hommage à un genre de série B stylée pour mieux en faire éclater les cadres prescriptifs. L'Autre rive est basiquement un thriller - il raconte la fuite éperdue d'un ado, Chris, et de son jeune frère, Tim, poursuivis par leur oncle Deel qui vient de massacrer leur père sous leurs yeux pour solde de tout compte d'une ancienne trahison. Green s'empare de cette trame narrative pour s'adonner une nouvelle fois à sa vision léchée et nauséeuse du monde (...). Quand Deel débarque avec son air de faux-cul, le face-à-face masculin se pare de mythologie,ce dernier réclamant des pièces d'or qui seraient une monnaie "porte-malheur" servant à rétribuer le "passeur de rive" entre vie et trépas. Plus tard, la scène d'égorgement de John par Deel évoque, dans son hiératisme révulsé, une relecture bouseuse du meurtre d'Abel par Caïn. La question biblique - suis-je le gardien de mon frère ? - traverse tout le film sous la forme néfaste du lien trompé entre John et Deel, et de son corollaire positif, la vigilance de l'aîné Chris sur Tim son cadet". (...) (Libération, 5 janvier 2005)

 

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Isabelle Regnier : " (...) Dès le premier plan du film, un paysage gris noyé dans une brume épaisse, Green impose intensément la présence des lieux. Profondément imprégné de leur sensualité torride et de la chape de plomb puritaine qui les étouffe, ce cadre est tout sauf un contexte. C'est un univers naturaliste et poétique dans lequel s'épanouissent la présence charnelle des personnages et le drame primitif qui les unit (...). Rythmé par des arrêts sur image, des ralentis et autres petites boucles - autant de tentatives d'immobiliser l'instant - le film met en scène de façon brillante la peur qui accompagne le passage à l'âge adulte. Chris doit choisir entre la réclusion dans le non-dit et la confrontation douloureuse mais rédemptrice avec la vérité. Des plongées dans les bois opaques se soldent par une immersion dans l'élément liquide purificateur (...). Montant en parallèle les actions simultanées des bons et du méchant, David Gordon Green, jamais manichéen, distille dans ce suspense des raccords plus ou moins explicites qui brouillent les frontières entre les personnages". (...) (Le Monde, 5 janvier 2005)

 

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