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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

Lichter (Au loin, les lumières) de Hans-Christian Schmid

Le film a été présenté au festival de Berlin 2003

 

 

 

Production

Claussen / Wöbke Filmproduktion Gmbh / ZDF / Arte

Jakob Claussen / Thomas Wöbke

 

Scénario

Hans-Christian Schmid / Michael Gutman

 

Directeur de la photographie : Bogumil Godfrejow

Son : Marc Parisotte / Stephan Michalik

Costiumes : Ulrike Scharfschwerdt

Montage : Hanjörk Weissbrich / Bernd Schlegel

 

Casting

Maria Simon : Sonja

Janek Rieke : Christioph

Ivan Shvedoff : Kolja

Sergej Frolov : Dimitri

Anna Jamowskaja : Anna

Sebastian Urzendowsky : Andreas

Alice Dwyer : Katharina

Martin Kiefer : Marko

Tom Jahn : Maik

Devid Striesow : Ingo

Claudia Geisler : Simone

et Zbibniew Zamachowski, Aleksandra Justa, August Diehl, Julia Krynke, Herbert Knaup, Henry Hübchen

 

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

Jean-Loup Bourget : " (...) : Lichter évoque les destins croisés de migrants d'origine ukrainienne immobilisés en Pologne et fascinés par les lumières de l'Allemagne qui brillent de l'autre coté de l'Oder. Celles de Postdamer Platz photographiées par un clandestin ukrainien avec l'appareil volé à celle qui vient de l'aider à entrer, nous rappellent que ces splendides gratte-ciel ont été édifiés par des ouvriers polonais ou russes dont certains ont ensuite été expulsés. Le film souffre cependant de la lenteur de sa mise en scène et de son caractère politiquement un peu trop correct". (Positif, n° 506, avril 2003)

 

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Adrien Gombeaud : " (...) Au loin, les lumières est par bien des aspects un film d'aventures. Un film qui nous abandonne brutalement comme sur un quai de gare, laissant planer ce sentiment d'avoir partagé avec quelques passagers clandestins une expérience forte et brève(...). Tout en gestation : la relation de Philip et Beata ne finit pas, celle d'Ingo et de son employée ne débute pas, la jeune fugueuse ne s'échappe que pour retrouver les grilles du foyer. Et nous sommes avec eux à ce moment limite, suspendus au bord, là où tout peut basculer. La frontière est d'autant plus difficile à passer qu'elle n'a pas d'existence réelle : on ne sait jamais sur quelle rive on est (...). Au loin, les lumières soulève l'éternelle question du territoire allemand : où s'arrête le monde germain ? où commence le monde slave ? (...). Au loin les lumières s'impose comme l'un des ambitieux projets, si rares de notre côté du Rhin, qui se confrontent à l'histoire et à la politique de leur pays. Avec son quatrième long métrage, Hans Christian Schmid est aussi l'un des premiers cinéastes à aborder la question européenne (...). (Positif, n° 518, avril 2004)

 

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Elisabeth Lequeret : " (...) Film âpre dont le mouvement se confond avec les trajets erratiques de ses laissés-pour-compte, Au loin, les lumières n'est animé par aucun fantasme unificateur. La violence est partout. La solidarité illusoire : nulle communauté ne se forme sur les gravats des repus. C'est ce que suggère une mise en scène sèche et sans apprêt qui finit par renvoyer chaque personnage à sa solitude. Malgré les croisements de ces destins très ordinaires, les ébauches de fiction qui en découlent ne prennent jamais forme et le tableau se cantonne à un agglomérat de petites obsessions personnelles. Rien n'arrive. C'est ce qui permet à Au loin, les lumières d'échapper à toute bonne conscience ou sensiblerie. Paradoxalement, c'est également ce qui l'empêche de dépasser sa mise (en scène) de départ. La misère aussi a son ronron". (Cahiers du cinéma, n° 289, avril 2004)

 

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Bernard Nave : " (...) Hans-Christian Schmid suit une série de personnages dont le trajet passe par un espace incertain (...). Ces différentes histoires, en apparence autonomes, s'entrelacent dans une construction narrative qui passe de l'une à l'autre sans ménager de transitions. Et cependant, toutes s'avancent vers des résolutions qui s'arrêtent avant la tragédie (...). Hans-Christian Schmid ne cherche pas à traiter ses personnages comme des victimes chargées de nous apitoyer. Certes, l'émotion, les sentiments naissent des situations que les personnages traversent. Mais la construction en puzzle morcèle ces destinées en éclats de vies. Le film livre alors d'autres dimensions liées à un espace de frontière dans lequel les valeurs n'existent plus vraiment. Chaque instant devient alors un enjeu de survie dans un monde sans règle où plus rien ne fait sens. Dès lors, les lumières lointaines et inaccessibles deviennent des chimères. Ce constat amer, et pourtant très humain, se nourrit de la fin de tous les rêves". (Jeune cinéma, n° 289, mai/juin 2004)

 

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Thomas Sotinel : " (...) Hans Christian Schmid fixe ici une image saisissante de la vie quotidienne au tournant entre deux siècles, sur les rives de cette douve provisoire, censée défendre le château fort de la prospérité des hordes de miséreux. Mis à part son orientation géographique, résolument tournée vers l'Est, on ne retrouvera ici que quelques traces de ce qui fait aujourd'hui le renouveau du cinéma allemand : la distance, le goût de la métaphore. Au loin les lumières s'inspire délibérément du cinéma américain contemporain, utilisant une narration à plusieurs fils, un montage sec, des situations paroxystiques, parfois à la limite du mélodrame(...). Avec une efficacité confondante (on se croirait parfois dans les meilleurs feuilletons américains), Hans Christian Schmid passe d'une intrigue à l'autre, croisant sans cesse de nouveaux fils (...). Ces croisements ne relèvent que rarement de la coïncidence dickensienne : la plupart des histoires restent autonomes. L'homogénéité du film tient plutôt à la définition d'un espace mouvant que délimitent les accords politiques, les pressions économiques, mais aussi la mémoire des individus et des lieux". (...) (Le Monde, 14 avril 2004)

 

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