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House of Flying Daggers de Zhang Yimou
Production (Chine)
Edko Films / Zhang Yimou Studio / Beijing Nex Picture
Bill Kong / Zhang Yimou / Zhang Weiping (p.e.)
Scénario
Zhang Yimou / Li Feng / Wang Bin
Directeur de la photographie : Zhao Xiaoding
Musique : Shigeru Umebayashi
Décors : Huo Tingxiao
Costumes : Emi Wada
Chorégraphies : Tony Ching / Siu-tung
Montage : Cheng Long
Casting
Takeshi Kaneshiro : Jin
Andy Lau Tak-wah : leo
Zhang Ziyi : Mei
Song Dandan : Yee
(....)
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Bayou : " Dans la lignée "calligraphie-chorégraphique" des King Hu, Le Secret des poignards volabts est d'abord un manifeste anti Kill Bill implicite; Le vrai du faux. Contrairement à la bûche Thurman, la star Zhang Ziyi sait jouer du sabre, des pieds et des manches - et du charme. Bambouseraie, ballets martiaux (la scène d'anthologie des tambours au palais d'amour), tout est classique, ritualisé. A commencer par la figure tutélaire du guerrier aveugle (ici guerrière, à peau de jade, nerfs de fer et "double vue"...). Un point de comparaison serait le conte de fées : gouttes de sang dans la neige, épreuves, travestissement, symboles, clans, sexe, double inconstance sésames, complots, sortilèges et chamarrures, omniprésence de la mort, irréelle comme la vie, simplisme social (les dieux, les monarques, les félons, les amants)". (...) (Libération, 24 novembre 2004)
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Jean-Luc Douin : (...) . Une scène, stupéfiante, justifie à elle seule que l'on courre voir le film. Dans la maison des plaisirs aux reflets guimauves, au milieu d'un cercle de gongs, Zhang Ziyi exécute une extravagante danse de séduction en dessinant d'improbables arabesques avec des spirales de soie, exhibition rythmée par le choc de ses voiles contre la peau tendue des instruments de musique, sur lesquels rebondit également une rafale de haricots lancés par un magicien des échos. Tout aussi vertigineuse est cette bataille dans une forêt de bambous géants où voltigent armes tranchantes, mercenaires, fugitifs encerclés et policiers crapahutant dans les nuées avec la dextérité de singes. Alternant les morceaux de bravoure et les plages romantiques, les tableaux à dominantes chromatiques (jaune, vert, blanc, couleurs de la culture Tang) et les scènes purement formalistes, Zhang Yimou s'offre un éblouissant exercice de mise en scène qui s'affranchit des traditions" (...). (Le Monde, 17 novembre 2004)
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Jean-Michel Frodon : " (...) . La débauche de couleurs et de formes très soigneusement agencées offre le soutien dont ont besoin les acrobaties invraisemblables auxquelles se livrent, comme en un ballet filmé à travers un kaléidoscope, la belle rebelle aveugle (Zhang Ziyi, parfaite), et les deux policiers à la fois attachés à sa perte, amoureux d'elle et rivaux. Une scène de pure dépense sensorielle - la danse avec et contre une armée de tambours en cercle - suffit à établir le terrain où se jouera le film : celui d'une abstraction formaliste assez radicale pour atteindre, comme dans un Brigadoon oriental, une forme de sincérité et d'émotion (...).De poursuites de chevaux dans la forêt automnale en bataille au fil des bambous géants jusqu'à un duel dans la neige, ces règles ne sont pas celles de l'épopée ni celles du wu xia pian, et cette débauche d'effets spéciaux ne renvoie à aucune spiritualité (...), à aucune stratégie critique (...), à nul respect pour les arts martiaux comme discipline mentale et physique. C'est bien du côté du musical qu'il faut chercher la parenté". (...) (Cahiers du cinéma, n° 595)
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Adrien Gombeaud : " (...) Là où le genre du wu xia pian réclame toujours plus d'action, toujours plus de vitesse, Zhang Yimou prend le temps de montrer les amants galoper dans la plaine. Il s'attarde pudiquement sur Zhang Ziyi se baignant nue dans un lac d'eau fraîche entre les feuilles de l'automne. Il déroule de longs dialogues dont le charme chaud sort droit des fourneaux de la littérature populaire chinoise. Il contemple la beauté de Takeshi Kaneshiro, chevalier romantique qui cueille des fleurs au ralenti sans descendre de cheval. Ce rythme, ponctué par quelques assauts, permet petit à petit de nouer un drame humain d'une intensité et d'une simplicité rarement atteintes dans un film d'arts martiaux. La neige va s'abattre sur les pins, les amants chassés du rêve vont revenir à la froide réalité. Nous aussi : avec cette histoire d'amour on a basculé, sans s'en rendre compte, dans la tragédie. Dans le splendide duel final, la violence propre au genre n'en sera que démultipliée". (...) (Positif, n° 525)
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Lucien Logette : " (...) Il s'est écoulé quatre ans depuis Tigre et dragon mais Zhang Ziyi persiste à ressembler à une adolescente et aucun signe d'arthrose n'apparaît dans ses déplacements prodigieusement harmonieux, qu'elle bondisse au milieu d'un cercle de guerriers malivoles ou qu'elle se baigne dans un étang couvert de feuilles. Et en combattante experte, quoique aveugle, d'une secte révolutionnaire en lutte contre la dynastie Tang,au pouvoir dans la Chine de l'an 859, elle renvoie Uma Thurman dans la catégorie des ceintures vertes. On ne peut pas dire que, malgré ses trois signataires, le scénario du film de Zhang Yimou soit très passionnant, et l'on se perd un peu dans la valse des retournements d'alliance et des agents doubles ou triples. Mais cela ne compte guère. Car ce que l'on voit surl'écran est absolument somptueux, du moindre détail de costume au plus petit meuble du décor, et filmé avec une fougue qui emporte le morceau tout au long des deux heures de projection (...). Quant à la séquence de la "danse des échos", elle aura désormais sa place dans les anthologies des grands moments chorégraphiques, tous genres confondus". (Jeune cinéma, n° 290)
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Vincent Ostria : " (...) Loin des intonations philosophiques d'un King Hu (modèle absolu) ou du style feuilletonesque de Chu Yuan, Zhang Yimou mise comme d'habitude sur l'esthétisme et le graphisme; il ne rend pas l'invraisemblable vraisemblable par des ellipses mais en ayant recours aux effets spéciaux numériques. Il renoue ainsi avec l'esprit du cinéma d'action de Hong-Kong qui, quand il ne célébrait pas le corps (Bruce Lee, Chang Cheh), visait aussi à fabriquer des images d'Epinal illustrant des légendes. La scène dans les bambous, le duel sous la neige qui tombe ou encore la formidable danse des tambours, les attaques de couteaux volants, sont autant de morceaux de bravoure visant la sidération et l'émerveillement enfantin du spectateur; morceaux de bravoure qui ne reposent pas sur du vide. Le spectaculaire est étayé par les nombreux autres niveaux de récit : le fait que la combattante héroïque (la splendide Zhang Ziyi) soit aveugle; la duplicité politique des personnages; les déchirements romantiques; la dichotomie constante entre décor naturel (paysages d'eastern en scope) et des intérieurs décoratifs (en studio)". (...) (Les inrockuptibles, n° 468)
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Yann Tobin : " La mise en scène éblouissante de Zhang Yimou donne tout son panache à cette classique histoire d'amour sur fond d'arts martiaux (...). Double jeu, trahisons amoureuses et coups de théâtre s'accumulent avant l'obligatoire duel final entre le héros et son rival durant lequel Zhang Yimou tire fabuleusement parti d'une tempête de neige survenue de façon tout à fait imprévisible au cours du tournage en Ukraine ! Les morceaux de bravoure se succèdent à un rythme étourdissant, y compris une embuscade dans une forêt de bambous qui surpasse des centaines de séquences similaires passées. La caméra épouse non seulement les mouvements gracieux des interprètes dans leurs acrobaties mais aussi la trajectoire des divers projectiles (flèches, sabres et autres poignards) qu'ils n'arrêtent pas de s'envoyer. Cependant, rien ne saurait égaler la première grande scène d'action, déjà anthologique la danse des tambours dans la maison des courtisanes, qui dégénère en combat au sabre et où Zhang Ziyi déploie de façon spectaculaire son talent de danseuse, faisant de la caméra un partenaire conquis et virevoltant". (Positif, n° 521-522)
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A lire également
- L'entretien avec Zhang Yimou réalisé par Lorenzo Codelli et Hubert Niogret (Positif, n° 525)