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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

Hotel de Jessica Hausner

 

 

Production

Philippe Bober /Martin Gschlacht / Susanne Marian / Antonin Svoboda / Bruno Wagner

 

Scénario

 

Directeur de la photographie : Martin Gschlacht

Son : Frieder Glöckner / Eric Mischijew / Karsten Richter

Décors : Katharina Wöppermann

Montage : Karina Ressler

 

Casting

Franziska Weiss : Irène

Birgit Minichmayr : Petra

Marlene Steeruwitz : Frau Maschek

Rosa Waissnix : Frau Liebig

Christopher Schärf : Erik

Peter Strauss : Herr Kross

Regina Fritsch : Frau Karin

Alfred Worel : Herr Liebig

Martina Pöltl : neuer bewerberin

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

 

M. Ca. : " Un pur film fantastique. Au sens où Tzevan Todorov entend le genre, entre rationnel et irrationnel, cette étrange hésitation. Une jeune fille devient la réceptionniste d'un grand hôtel alpin. L'endroit est magnifique et isolé. Autrefois en 1591, la localité avait brûlé vive une sorcière. La précédente réceptionniste, elle, a mystérieusement disparu. La jeune fille ressent peu à peu le besoin de mener une enquête. La mise en scène oscille entre Haneke et Bresson. Le scénario louvoie entre les couloirs de Shining et les sentiers forestiers des frères Grimm. La fin est un emprunt très direct à Kubrick. L'originalité de l'entreprise est donc limitée. Mais une atmosphère kafkaïenne est bien entretenue par la précision des éclairages, le recours aux silences prolongés, au bruitage dérangeant, au montage lentement rythmé de plusieurs éléments de décor utilisés comme leitmotive. L'apport de l'interprète principale (Francisca Weiss, déjà vue dans Dog Days d'Ulrich Seidl) est essentiel". (...) (Positif, n° 521-522)

 

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Lucien Logette : " L'affiche du film est minimale : une femme, vêtue de rouge, de dos, cheveux tirés, bras le long du corps, marche dans un couloir très éclairé aux murs nus: à quelques pas devant elle, le couloir s'obscurcit jusqu'à devenir totalement noir, comme un gouffre horizontal. Ce n'est rien mais cela exprime parfaitement l'angoisse sourde qui baigne Hotel. Irène, s'enfonçant dans la forêt, Irène pénétrant dans la grotte de la sorcière brûlée quatre siècles plus tôt, Irène arpentant les sous-sols de l'hôtel où elle vient d'être nommée réceptionniste : les ténèbres sont omniprésentes dès qu'elle quitte son comptoir ou sa chambre, d'autant plus terrifiantes qu'elles ne recèlent rien d'apparent. Aucun chichi, aucun souci d'effets appuyés dans le film de Jessica Hausner - on est à l'opposé de son précédent Lovely Rita : les plans sont frontaux, les panoramiques ne découvrent rien d'horrifique, tout est enveloppé de feutre. Mais la moindre action, un bain nocturne dans la piscine de l'hôtel, la lumière qu'il faut allumer à chaque coude du couloir de la réserve, nous laissent le coeur suspendu, tant la menace rôde, non identifiable". (...) (Jeune cinéma, n° 290)

 

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J. M. : " (...) Avec ses plans au cordeau, la réalisatrice crée un climat étrange en exploitant le potentiel angoissant du décor. La forêt alentour semble croître tandis que ce couloir semble engloutir l'héroïne. Et cette porte, où mène-t-elle ? Au néant ? C'est si l'on veut un conte de Grimm pour adultes qui regorge de symboles sur le refoulement sexuel, la pulsion de mort, la volonté de se surpasser. Empreint d'un imaginaire très germanophone, Hotel impressionne par sa maîtrise même s'il se complaît parfois dans la répétition abstraite. En différant sans cesse tout fait marquant, en réfrénant la part de thriller et d'angoisse pourtant inhérente au film, Jessica Hausner prend aussi le risque de frustrer quelque peu le spectateur". (Télérama, 9 mars 2005)

 

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Didier Péron : " (...) Le fantastique pratiqué dans Hotel est suggestif. Il indique par de nombreux indices sonores et quelques coins trop mal éclairés, brusquement noirs et dans lesquels on ne pénètre pas sans frissonner, qu'il s'est passé quelque chose de louche ici et que cela va probablement recommencer. Comme on dit, le film possède les qualités de ses défauts. L'intrigue ne bouge pas, comme tétanisée d'entrée de jeu, à l'image du visage d'Irène. Mais cette immobilité est aussi tout le pari de la cinéaste : faire tenir en haleine et sur le qui-vive un spectateur qui ne peut espérer être délivré de ses craintes par aucune décharge spectaculaire. Dans ce film paranoïaque, Jessica Hausner choisit le frisson high-tech avec des cadrages au cordeau, une bande-son subtilement traversée par un arrière-fond de cris lointains, de clapotis sinistres et "d'infra-basses" branchées sur le plexus. Efficace". (Libération, 9 mars 2005)

 

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A lire également

 

Dans la presse écrite

- L'entretien avec la cinéaste Jessica Hausner réalisé par Antoine de Baecque et paru dans le numéro de Libération daté du 9 mars 2005

 

Sur le net

- La critique du film par Jacky Bornet (http://cultureetloisirs.france2.fr/cinema/critiques/8792091-fr.php)