Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004
Basse-Normandie de Patricia et Simon Mazuy-Reggiani
Production
Fabrice Chevrollier
Scénario
Patricia et Simon Mazuy-Reggiani
Image : Lena Rouxel / Mohammed Siad
Son : Samuel Mittelman / Hélène Ducret / Dominique Dalmasso
Décors : Fabrice Chevrollier
Montage : Mathilde Muyard
Casting
Simon Reggiani : l'homme du sous-sol
Patricia Mazuy : la femme de Simon
Bernard Maurel : le directeur du Haras National du Pin
Thierry Duhazé : l'entraîneur
Michel Thoury : l'homme de la région
Lionel Duhazé : Le voisin du pré
Pascal Guimard : l'adjoint du directeur
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
François Bégaudeau : " (...) il y a documentaire ici en ce que l'on s'arrime corps et âme à un projet mal assuré sur sa selle, à son suivi heurté, à son possible avortement. La constante intensité de Basse-Normandie s'induit de cette précarité à quoi les scènes rejouées ne dérogent pas, surtout celles entre les deux conjoints, lesquels montrent une grande capacité à maintenir crus ces re-makes de leur propre vie (...). Ici, un homme issu du sous-sol et frère des rats se refait un orgueil, égotiste jusqu'à l'ingratitude lorsqu'il émet des doutes sur le soutien pourtant indéfectible de sa femme (...). Une autre élévation est visée en sous-film. Patricia attend de Simon qu'il se montre à la hauteur de la mission confiée dans la séquence inaugurale : demander au voisin qu'il leur cède leur terres pour y mettre leurs chevaux (...). Les terres qu'il s'agit d'obtenir du voisin aux extrémités du film représentent métonymiquement une hypothèse du vivre-ensemble (...). (Cahiers du cinéma, n° 594)
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Eric Derobert : " (...) Quel était l'enjeu de présenter Dostoïevski à des agriculteurs ? Le simple geste de l'avoir osé ne suffirait-il pas à lui-même dans la mesure où l'on devine qu'il promeut davantage ses promoteurs que la littérature russe ? Ensuite, quel serait l'enjeu d'en faire un film sinon d'agiter toutes ces questions (et le film lui-même) à bras-le-corps ? Tant elles s'imposent d'elles-mêmes, lesdites problématiques n'arrivent pas, in fine, à être complètement absentes du film. Mais elles sont à peine envisagées - et jamais traitées - par Patricia Mazuy dont la priorité est de filmer Simon Reggiani sous toutes les coutures (...). Ce narcissisme fiévreux, qui se voudrait flamboyant, lasse". (...) (Positif, n° 525)
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Jacques Mandelbaum : " (...) Amour : ce pourrait être (...) le plus beau mot de cette histoire. Celle d'un acteur fantasque qui se lance à lui-même un improbable défi (...) puis décide avec sa compagne cinéaste de signer à deux un film autour de cette aventure. Celle-ci y interprète son propre rôle et accompagne cette quête avec autant de croyance que de patience. Le portrait de ce couple, tendu, drôle et lunaire qui en résulte incarne l'amour fou qui les soutient (...). Impureté : elle concerne au premier chef la texture même du film, qui se construit délibérément sur l'entrelacs du documentaire (captation des répétitions et des spectacles) et de la fiction ( scènes rejouées avec le concours des personnes qui ont été partie prenante du projet). Mais l'impureté du film c'est aussi ce va-et-vient incessant et fécond entre l'homme et l'animal, la noblesse et la trivialité, la nature et la culture, la campagne et la ville, la vraie vie et la création, l'art et son éprouvante mise en oeuvre. Dans chacun de ces couples, il s'agit au fond de savoir sur quoi l'on est prêt à céder pour mieux continuer à avancer (...). Politique : elle est partout dans le film (...). Ou comment le vase clos du film, dont la mise en oeuvre est en soi une affaire politique, accueille en intime écho le déréglement du vaste monde". (...) (Le Monde, 13 octobre 2004)
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Jean-Baptiste Morain : " (...) Sommes-nous vraiment dans un documentaire ? Oui et non. La plupart des scènes - hormis les scènes de captation du spectacle - ont été retournées, après coup, avec les non comédiens qui ont été témoins et acteurs réels des évènements décrits dans le film. Basse Normandie est aussi un film sur ce qu'est le travail d'artiste : un travail sans intermittence (contrairement à son nom légal), une obsession dont le but est moins le succès que la réussite, une recherche exigeante qui consiste à faire coïncider ses goûts et ses choix de vie avec les règles d'un art. Un perpétuel mouvement qui tend vers un but. Basse Normandie c'est çà : un film en mouvement sur des personnages qui, comme le héros de Dostoïevski, sortent un jour de leur trou pour passer de la réflexion à l'action. Ils ont bien fait". (Les inrockuptibles, n° 463)
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Olivier Séguret : " (...) Il y a une force particulière des couples au cinéma et on retrouve dans la manière des Mazuy/Reggiani quelque chose des Straub/Huillet, des Godard/Miéville : un même profil de machine de guerre. Est-ce du documentaire, de la fiction ? Le couple joue-t-il un rôle ou filme-t-il son existence ? Il y aurait des tas de bla-bla stériles à produire sur ces questions que la télé-réalité a démonétisé et auxquels Basse-Normandie tourne résolument le dos : le trompe-l'oeil dont il développe le modèle ne se situe pas dans le champ de l'intime, authentique ou transposé, il agît sur le plan de la politique et sur celui de l'art (...). Quelque chose d'insolent fait dire à son film "voilà mon mec..." - et ce geste de cinéaste est bouleversant. C'est dans cette tension théâtrale qui se superpose régulièrement au film que Basse-Normandie devient un incroyable document de cinéma, le théâtre prenant ici la dimension qu'il a pu avoir dans le cinéma de Fassbinder : une extension du même feu, un ami. Basse-Normandie pourrait bien être un film punk (...) c'est-à-dire mieux qu'intempestif : irrespectueux. Sans égard pour la norme, le ton dominant (...). . (...) (Libération, 13 octobre 2004)
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A lire également
Dans la presse écrite :
- L'entretien avec Patricia Mazuy et Simon Reggiani réalisé par Emmanuel Burdeau et paru dans le numéro 594 des Cahiers du cinéma
- L'entretien avec Patricia Mazuy et Simon Reggiani réalisé par Jacques Mandelbaum et paru dans le numéro du Monde daté du 13 octobre 2004
- Le reportage consacré aux deux cinéastes, réalisé par Serge Kaganski et paru dans le numéro 463 des inrockuptibles
Sur le web :
- L'étude de Nicolas Richard publiée sur le site : (www. objectif-cinema.fr)
- L'étude de Laurence Bonnecarrère publiée sur le site : (www.cinechronique.com)
- L'étude de Michel Marques publiée sur le site : (http://lesiteducinephile.ifrance.com)
- Un texte d'approche synthétique sur Les scénarii du réel écrit par Guillaume Massart et publié sur le site : (www.filmdeculte.com)
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Filmographie de Patricia Mazuy
(les oeuvres réalisées pour la télévision n'ont pas été référencées)
1988 : Peaux de vaches
(Présenté au festival d'Angers 1988 le film obtient le Prix du festival. Le film est en ensuite sélectionné pour l'attribution du césar de La meilleure première oeuvre)
1992 : Des taureaux et des vaches
2000 : Saint-Cyr
(Présenté au festival de Cannes 2000. Nombreuses nominations aux Cesars 2001. Prix Jean Vigo 2000)
2004 : Basse Normandie
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Filmographie de Simon Reggiani (fils de Serge Reggiani)
1991 : Zani
1993 : De force avec d'autres
2004 : Basse Normandie
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