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Assassination Tango de Robert Duvall
Production
Robert Duvall / Rob Carliner
Francis Ford Coppola / Linda Reisman
Steven Brown / Raoul Outeda
American Zoetrope / Butchers Run Films
Scénario
Robert Duvall
Directeur de la photographie : Felix Monti
Musique : Luis Bacalov
Décors : Stefania Monti
Montage : Stephen Mack
Casting
Robert Duvall : John J.
Ruben Blades : Miguel
Kathy Baker : Maggie
Luciana Pedraza : Manuela
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Sylvain Coumoul : " Avec ses couleurs sobres, ses acteurs non professionnels, sa trame narrative ouverte à la latence, la discrétion d'un filmage calmement partagé entre polar (la présence du cadre) et documentaire (la présence de l'air), le film de Robert Duvall fonctionne comme un groupe de sidemen travaillant à l'entrée du soliste (...). Nul mieux que Duvall ne dit la folie de la solitude, des mots que çà peut faire monter aux lèvres, du langage que cela fabrique (...). La folie, ce serait l'intervalle entre le corps et la parole, non pas l'instant de contradiction mais celui où l'intervalle finit par se refermer, d'une manière surréelle. Folie de la solitude, de la compagnie de soi avec soi, laquelle pour peu qu'un autre corps en pénètre le cercle incandescent, prend aussitôt le nom de l'amour" (...). (Cahiers du cinéma, n° 592)
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Jérôme Fabre : " (...) La matière d'Assassination Tango c'est avant tout Robert Duvall. Plus encore que d'assumer et de revendiquer une vieillesse palpable, le grand travail du cinéaste, c'est de confronter son personnage d'aujourd'hui à l'image d'acteur laissée à l'histoire du cinéma américain, puis de tuer cette image. Dès lors, il oppose son corps et son esprit au passé, en procédant par allusions, par renvois plus ou moins avérés, plus ou moins lisibles, à ce qui appartient à l'inconscient de tout cinéphile, l'âge d'or de Robert Duvall acteur (...). Le film épouse la passion et le rythme du tango. Petite mort en même temps que résurrection, le tango est rupture, entre mouvements suspendus et accélérations furieuses, pas glissés et jambes qui s'enchevêtrent, avec joie et solennité. Assassination Tango procède de la sorte, enchaîne scènes de contemplation embuées et scènes d'action convulsives, montage heurté d'images étrangères l'une à l'autre et scènes de dialogue étirées". (...) (Jeune cinéma, n° 291)
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Adrien Gombeaud : " (...) Assassination Tango décrit un crime repoussé, une longue attente, l'errance d'un assassin réduit à tuer le temps dans un Buenos Aires étrangement calme, vidé de son trafic et de sa population. John R., personnage surexcité, pressé, se laisse finalement imprégner de ce silence. Quand il parvient à diluer totalement son personnage dans ce temps suspendu, lorsqu'il calme enfin le rythme trépidant qui habite John J. au début du film, Robert Duvall se met à nous parler de danse. Cette double fracture, celle de la jambe du général qui part à l'hôpital et celle du récit, est un pas de tango. Car ce qui caractérise le tango, c'est la suspension du mouvement (...). L'originalité du film de Robert Duvall réside dans ce qu'il a proposé de recréer le rythme, la violence, la sensualité et la mélancolie d'une danse avec le cinéma. Il y parvient pleinement car tango, cinéma (et jazz) sont presque frères : nés ensemble dans l'urbanisation du début du siècle, ils sont des arts du corps et de la discontinuité. La réussite du film tient peut-être dans ce que le tango se danse aussi avec les yeux". (...) (Positif, n° 521-522)
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Viencent Ostria : " (...) Aujourd'hui, dans le polar et le thriller, la virtuosité et le décorum priment sur l'humain. Duvall n'a que faire d'effets spéciaux et de montage à la mitraillette. Il perpétue l'esprit des seventies, celui de polars psychologiques (...). Assassination Tango est une histoire relativement simple, contenue dans son titre, mais où le cinéaste a laissé le réel entrer par tous ses pores. Il se paye parfois le luxe d'oublier le récit pour intégrer des séquences purement documentaires (...). Contre toute attente, Robert Duvall laisse une grande part à l'improvisation, au point que souvent les plans ne sont pas raccords et font des sautes (jumpcuts) dans le montage. De même, il recourt souvent à l'ellipse abrupte qui permet à ce film tranquille de ne souffrir d'aucune lenteur. Séduisant paradoxe (...). L'impression d'hétérogénéité provient également de la dimension documentaire qui interfère parfois avec la fiction (...). C'est de ces interférences, de cette improvisation canalisée, que provient l'impression de proximité et de présence des acteurs (...). (...) (Les inrockuptibles, n° 455)
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