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The Village de M. Night Shyamalan
Production
Touchstone Pictures / Blinding Edge Pictures / Scott Rudin Productions
M. Night Shyamalan / Sam Mercer / Scoot Rudin
Scénario
M.Night Shyamalan
Directeur de la photographie : Roger Deakins
Musique : James Newton Howard
Son : Steve Bordekker / Frank E. Eulner
Décors : Tom Foden
Montage : Christopher Tellefsen
Casting
Bryce Dallas Howard : Ivy Walker
Joaquin Phenix : Lucius Hunt
Adrien Brody : Noah Percy
William Hurt : Edward Walker
Sigourney Weaver : Alice Hunt
Brendan Gleeson : August Nicholson
Cherry Jones : Mrs. Clack
Celia Weston : Vivian Percy
John Christopher Jones : Robert Percy
Frank Collison : Tabitha Walker
Judy Greer : Kitty Walker
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Emmanuel Burdeau : " (...) Post-mortem ou pas, Shy (nb : il faut lire M. Night Shyamalan) arrive bel et bien "après". Non qu'il prétende restaurer quoi que ce soit. Au contraire, il s'installe dans l' "après" et se pénètre de l'affect qui lui est propre. Appelons celui-ci "stupeur", d'un mot où se nouent comique et lenteur. Stupeur double : de la caméra qui arpente un paysage dévasté; des personnages eux-mêmes face à ce qui a lieu - oeil écarquillé, corps à l'arrêt, bouche bée. Et en chaque plan de Shy ces deux stupeurs s'espacent puis brièvement se recouvrent. Art qui est et qui laisse pantois, comme tel super héros devant le prodige encore neuf de ce qu'il peut (Incassable). Plutôt que le deuil à quoi il a été hâtivement attaché, l'état central en est l'incrédulité au sens non pas de qui ne croit pas, mais de qui demeure interdit face à l'injonction de croire, incapable de dire s'il doute ou pas" (...). (Cahiers du cinéma, n° 593)
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Jean-Pierre Rehm : " (...) Que raconte alors notre maton ? L'enfer bonhomme des réserves familiales ? La mystification d'une nostalgie édénique toujours prête à fourbir les manuels d'histoire des nantis ? (...). L'insuffisance des fables à se tenir intactes aujourd'hui hors du monde ? La pathétique survie sous perfusion fliquée de la féerie cinématographique ? Ou les news, justement ? Mais lesquelles ? Le film est clair. Plutôt que les crimes des rubriques faits divers contre lesquels les Anciens se barricadent, ceux-là qu'eux-mêmes commettent ou entraînent (...). Censé modéliser le réel ou l'en excepter, le Village, interdit de survol comme le rappelle de dos Shyamalan-acteur à son second, n'est autre qu'une zone de non-droit (...). Qui habite et dirige le Village ? Qui hérisse de danger factice sa prétention à l'innocence ? Qui fabrique au nom de la paix des menaces environnantes ? Qui trompe et séquestre son peuple ? La réponse est si flagrante qu'on en est presque embarrassé. Le Village serait le récit doux-amer d'une Amérique grippée dans la mythologie d'origines artificieuses et commandées par une raison d'Etat à l'ambition carcérale". (...) (Cahiers du cinéma, n° 593)
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Thomas Sotinel : " (...) Face aux anciens, trois figures se détachent : Ivy (Bryce Howard), une jeune fille aveugle d'une grande beauté, Lucius (Joaquin Phoenix), son soupirant, et Noah (Adrien Brody), l'idiot du village, qui refuse d'avoir peur des créatures des bois. Révolté par la mort de l'enfant que l'on a enterré au début du film, Lucius, jeune homme taciturne (une qualité dont Joaquin Phoenix tire le meilleur parti), demande au conseil de traverser les bois afin d'aller chercher des médicaments dans "les villes". Plus sa demande se fait insistante, plus loin dans le village s'avancent les créatures. Il y a, au milieu du film, une séquence de panique collective, remarquable par sa qualité onirique, comme si le cinéaste s'était fait si peur qu'il se sent obligé de tenir la menace à distance, la filmant de manière un peu imprécise (...). Ce serait sans doute faire fausse route que de ne voir dans le propos de Shyamalan (qui a écrit le scénario du Village) qu'une dénonciation de la politique de la peur. Après tout, le cinéaste a fait de ce constituant de la condition humaine la substance de son cinéma. Pour lui, la peur n'est pas forcément un mal, c'est en tout cas une nécessité". (...) (Le Monde, 15 août 2004)
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A lire également
- L'entretien avec M. Night Shyamalan réalisé par Florence Colombani et paru dans le numéro du Monde daté du 15 août 2004