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Le conseguenze dell'amore de Paolo Sorrentino
Production
Fandango / Indigo Film / Medusa Film
Francesca Cima / Angelo Curti / Nicolas Giuliano / Domenico Procacci
Scénario
Paolo Sorrentino
Directeur de la photographie : Luca Bigazzi
Musique : Pasquale Catalano
Son : Emmanuele Cercere / Silvia Moraes / Daghi Rondanini
Décors : Lino Fiorito
Costumes : Ortensio De Francesco
Casting
Toni Servillo : Titta
Olivia Magnani : Sofia
Adriano Giannini : Valerio
Raffaele Pisu : Carlo
Angela Goodwin : Isabella
Diego Ribon : le directeur
Giselda Volodi : la serveuse
Giovanni Vetorrazzo : Letizia
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Jean-Luc Douin : " (...) Filmant avec un indéniable souci esthétique, multipliant les travellings dans un lieu clos, glacé, symbole d'enfermement où végète le porteur de valises, Paolo Sorrentino pourrait n'être crédité que pour sa dextérité dans l'exercice de style. Mais Les conséquences de l'amour sont mieux que cela : l'illustration, à rebondissements romanesques, de la vacuité d'une existence réduite à un inlassable train-train, des journées mortes, des portes fermées. Le mode de récit (la voix off du sphynx livrant ses impressions à la première personne, seul indice permettant de ne pas le confondre avec un automate) renforce cet approche littéraire. Le quotidien muré de ce roi sans divertissement semble inspiré par l'univers de l'écrivain Dino Buzzatti, ses réflexions désabusées sur le sens de la vie. Dès lors, si l'on reçoit cette chronique des derniers jours d'un homme pétrifié, comme un hommage à l'auteur du Désert des Tartares, les trafics de mallettes et menaces de mafieux patibulaires sont de presque inutiles accessoires. Condamnée à cause d'une perturbation infime (une sonnerie de portable dans ce monde fantomatique), l'idylle qui précipite sa chute pourrait n'être qu'un improbable rêve d'évasion". (...) (Le Monde, 16 février 2005)
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Pierre Murat : " (...) Dans les couloirs déserts et ocre de l'hôtel ouaté, Paolo Sorrentino capte avec l'élégance et la précision d'un orfèvre le vide qui s'installe entre les êtres et surtout le vide qui sépare à jamais son héros de lui-même. Avec cette caméra qui s'approche et glisse aussitôt pour mieux s'écarter, il semble orchestrer à chaque instant une cérémonie secrète et sophistiquée. Il saisit un monde qui se dérobe, des gens en attente perpétuelle, cernés par un danger invisible. Monde décalé, absurde et menaçant (...). C'est bien sa dignité perdue que va poursuivre ce drôle de petit bonhomme en offrant de l'argent volé à des voleurs, à un couple de paumés qui n'espérait plus pareille fortune. Et en cédant une dernière fois à l'amour sans en mesurer, en dépit de la promesse écrite sur son carnet, les conséquences tragiques pour lui et pour la jeune femme qu'interprète avec une sensuelle luminosité Olivia Magnani. Que ce sentiment amoureux fasse imploser l'ordre des choses, qu'il devienne pour le héros la clé de sa révolte et de sa rédemption, donne à ce conte noir toute son alacrité (...) (Télérama, 16 février 2005)
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Philippe Rouyer : " (...) Dès la première scène du film Paolo Sorrentino dévoile sa démarche. Intriguer avec une image à la fois lisse et spectaculaire qu'on ne peut immédiatement décrypter mais qui renvoie à un personnage en apparence banal (un porteur de valises de la mafia) qui avance sur ses rails (...). Tout cela ne dépasserait pas le brillant exercice de style si l'esthétique chic de ce film inclassable ne relançait le débat sur le sens de la vie. Car les longs travellings qui s'attardent sur le décor glacé et impersonnel de ce palace suisse défraîchi avant de venir buter sur la figure du sphynx de Titta le héros, rappellent la vacuité d'une existence où tout est réglé d'avance (...). Prisonnier de cet univers lisse et vide dont les nombreuses portes, glaces et fenêtres multiplient les cadres dans le cadre pour rappeler le motif de l'enfermement, Titta osera ce qu'il qualifie lui-même avec humour de "geste le plus courageux de sa vie" : s'asseoir au comptoir du bar de l'hôtel face à la barmaid (la très sensuelle Olivia Magnani) qui ne lui est pas indifférente (...). Après l'aveu du larcin sereinemenet revendiqué (...) la fable livre, sinon sa morale, du moins sa justification. D'homme froid et distant, Titta est devenu notre frère et notre héros. Celui qui venge tous ceux qui ont l'impression de s'être fait voler leur vie, non par la mafia, mais par les contingences sociales et les obligations de toutes sortes (...). La mise en scène regorge de trouvailles, comme de réserver les couleurs chaudes aux intérieurs banals tandis que les extérieurs revêtent les couleurs froides d'un monde glacé et dangereux". (...) (Positif, n° 528, février 2005)
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Andrée Tournès : " Le deuxième film de Paolo Sorrentino est une oeuvre envoûtante portée par son héros énigmatique et silencieux (un commerçant reclus depuis des années dans un hôtel chic), extraordinaire performance de Toni Servillo déjà remarquable en chanteur de charme vieilli dans L'uomo in piu (...). Un gros plan du visage du héros nous introduit dans le monde de l'hôtel. Une multiplicité d'images brèves, de fenêtres, de vitrages, la vision d'une jeune hôtesse de bar, de clients dans un salon. En contrepoint, un monologue intérieur du protagoniste dont le statut reste indiscernable, réflexion si élaborée qu'elle fait penser à un plaidoyer devant un tribunal. Titta se désigne comme un homme qu'on peut trouver frivole et qui ne l'est pas. Il nous apprend qu'il se pique à l'héroïne tous les 25 du mois et subit une dialyse tous les ans. Le monde de l'hôtel est présenté en vision subjective et objective, la jeune fille du bar est intriguée et attirée par cet homme silencieux, une femme de chambre un peu fouineuse, le propriétaire curieux et, le plus énigmatique dans son silence, le protagoniste. La démarche est raide et lente, le visage impassible, seuls se distinguent des sourcils toujours écarquillés, un regard droit. Il ne répond ni aux questions ni aux bonjours. Le seul élément dramatique est la curiosité et l'intérêt que ce silence suscite chez la jeune fille. L'ensemble est monté en plans très courts où personnages et lieux sont fimés par une caméra mobile, attentive à capter des jeux de reflets. Rien ne semble s'enchaîner, tout est juxtaposé (...). Trois éléments restent saisissants : le rapport amoureux entre la jeune hôtesse et le héros, exprimé avec la même précision nue, un montage inhabituel qui juxtapose des séquences disparates et une des plus belles séquences ultimes de l'histoire du cinéma (Jeune cinéma, n° 294)
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A lire également
- l'entretien avec le réalisateur Paolo Sorrentino réalisé par Lorenzo Codelli (Positif, n° 528, février 2005)
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