Accueil

 

Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

La Porte du soleil (Bab el-chams) de Yousry Nasrallah

 

 

 

Production

Arte France / Ognon Pictures

 

Scénario

Yousyi Nasrallah / Elias Khoury / Mohamed Soueid

d'après la roman d'Elias Khoury (paru chez Actes Sud)

 

Directeur de la photographie : Samir Bahsan

Son : Jérôme Ayasse / Guillaume Le Braz / Francis Wargnier

Musique : Tamer Karawan

Décors : Adel Moghrabi

Costumes : Nahed Karawan

 

Casting

Rim Turki : Nahila

Orwa Nyrabya : Youness

Hiam Abbass : Um Youness

Bassel Khayyat : Khaleel

Nadira Omran : Um Hasan

Hala Omran : Shams

(...)

 

* * * * *

 

 

D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

 

Philippe Azoury et Didier Péron : " (...) Le film est engendré par l'effervescence, tour à tour clairvoyante et trompeuse, de la mémoire. Le film, dans sa volute autoréflexive, finit par ressembler à un rêve éveillé, à une fantasmagorie au sens où Barthes a pu l'entendre, commentant le corpus marxiste comme un "corps contemporain philosophique du présent" qui ne serait pas son contemporain historique, "contemporain de ses langages, de ses utopies, de ses systêmes (c'est-à-dire de ses fictions) bref, de sa mythologie ou de sa philosophie, mais non de son histoire dont il n'habite que le reflet dansant". Si le film fait un sort à l'idée d'une population palestinienne ayant quitté le pays en douceur (version longtemps soutenue par une certaine historiographie israélienne), il se coltine, et plutôt deux fois qu'une, les atermoiements d'un militantisme palestinien qui apparaît incroyablement nébuleux et clanique (...). Le public occidental, pour qui le conflit israélo-palestinien n'est plus qu'une litanie quotidienne d'opérations commandos et de vengeances cycliques, recevra le film comme un contre-champ humanisé de la situation". (...) (Libération, 6 octobre 2004)

 

* * * * *

 

Frank Garbatz : " (...) Pendant plus de 4h 30, Yousry Nasrallah déroule la tragédie romanesque d'un peuple contraint à l'exode perpétuel à travers le parcours d'un couple exemplaire. Pourtant, Younès apparaît moins comme un personnage auquel on peut s'identifier que comme la figure tutélaire de la résistance palestinienne : toujours sur le théâtre des opérations (le hors-champ du film), il ne passe finalement que peu de temps auprès de son épouse. Le vrai protagoniste de Bab-el-chams c'est à l'évidence Nahila (merveilleusement interprétée par Rim Turki), sensuelle incarnation de la féminité et de l'insoumission aux Israéliens. Car la force du film c'est d'échapper aux représentations convenues de la fresque "officielle". Pas de séquences allégoriques ou de propagande s'avançant masquée ici, mais plutôt le portrait quotidien, "immédiat" pour ainsi dire, d'un peuple qui n'est pas sans cesse en lutte armée". (...) (Positif, n° 521-522, juillet-août 2004)

 

* * * * *

 

Mia Hansen-Love : " Nasrallah embrasse, avec un mélange heureux de conviction et d'humilité, la cause de chacun de ses personnages. Mais l'intérêt d'une telle adaptation ne relève pas seulement de la pertinence historique : le style du roman constituait un terrain propice au cinéma. Son écriture directe, non métaphorique, n'est lyrique que par sa nudité (...). Fidèle à l'esprit du roman de Khoury, Nasrallah s'est abstenu de chercher les équivalents visuels de métaphores puisqu'elles n'étaient pas dans le livre : les personnages n'incarnent pas la Palestine maisleur destin propre (...). Les lieux, mêmes les plus oniriques, ne sont pas non plus des allégories. Cette gratuité, cette apparente restriction du sens, loin de diminuer la poésie des images, la sauve et La Porte du soleil, conte non symbolique, est ce récit de faits réels qui a la magie des histoires imaginaires (...). Interrogeant avec ces personnages leur véracité, Nasrallah a trouvé la mesure entre l'effort de clarté que réclame l'adaptation, l'exigence de se confronter à la grande Histoire qui nourrit de mille ruisseaux ces récits, et la fidélité à des histoires "confuses, ambiguës et mystérieuses". (...) (Cahiers du cinéma, n° 594)

 

 

* * * * *

 

Pascal Sennequier : " (...) Au-delà de la controverse politique, La Porte du soleil raconte l'histoire d'un peuple vivant selon les usages de la tradution, rendrant grâce au Ciel, jour après jour, des bienfaits que la terre leur procure, et qui, arraché à cette terre et contraint à l'exode, finit par s'aliéner dans quelques territoires inconnus et plonge dans le chaos. Ce passage symbolique d'une existence sacrée à une existence profane, de la communion à la discorde, du mythe à la plus prosaïque des réalités, et enfin de la foi à la désillusion, est certainement l'idée la plus forte que Nasrallah sit parvenu à exprimer. N'est-ce pas pour la possession d'une terre qui leur est à chacun sacrée, de leur Paradis perdu respectif que, depuis si longtemps, s'affrontent Juifs et Arabes en Palestine ? ". (Positif, n° 525, novembre 2004)

 

* * * * *

 

Thomas Sotinel : " (...) Ce n'est pas un hasard si la Porte du soleil désigne une caverne cachée en Galilée, sur le territoire de l'Etat d'israël, où se retrouvent Younès, le combattant exilé au Liban, et sa femme Nahila, restée au pays. Il faut sans doute prendre un peu de distance avec le monde extérieur pour dire cette histoire sans que la violence de l'Histoire ne la torde tout à fait (...). Très tôt dans le film, Yousry Nasrallah installe cette dialectique qui oppose la forme superficielle de La Porte du soleil - naïve, généreuse, sentimentale - à la complexité cruelle de l'histoire. Pendant la première partie du film, c'est le cinéma populaire qui l'emporte encore (...). Les angles qui exacerbent encore des émotions déjà portées à incandescence - ce style propre au cinéma égyptien - semblent faits pour rendre justice aux malheurs des villageois sur la route de l'exil. Parmi eux se détachent les figures de Younès et de son épouse Nahila (...). La complexité des sentiments et des évènements de la seconde partie est vertigineuse". (...) (Le Monde, 6 octobre 2004)

 

* * * * * *

 

A lire également

- L'entretien avec Yousry Nasrallah réalisé par Antoine de Baecque et paru dans le numéro de Libération daté du 6 octobre 2004

- L'article consacré à l'actrice Rim Tirki par Antoine de Baecque et paru dans le numéro de Libération daté du 6 octobre 2004

- L'entretien avec l'actrice Hiam Abbas réalisé par Isabelle Regnier et paru dans le numéro du Monde daté du 6 octobre 2004

- L'article consacré au roman d'Elias Khoury, signé par Jean-Luc Douin et paru dans le numéro du Monde daté du 6 octobre 2004

 

* * * * * *