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Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry
Production
Universal Pictures / Focus Features / Anonymous content / This is that
Steve Golin / Anthony Bregman
David Bushell / Charlie Kauffman / Glenn Williamson / George Bermann
Scénario
Charlie Kaufman
Directeur de la photographie : Ellen Kuras
Musique : Jon Brion
Décors : Dan Leigh
Costumes : Melissa Toth
Casting
Jim Carrey : Joel Barish
Kate Winslet : Clementine Kruczynski
Tom Wilkinson : Dr. Howard Mierzwiak
Kirsten Dunst : Mary
Mark Ruffalo : Stan
Elijah Wood : Patrick
Thomas Jay Ryan : Frank
Jane Adams : Carrie
David Cross : Rob
Ryan Withney : Joel jeune
Lola Daehler : Clémentine jeune
Debbon Ayer : la mère de Joel
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Patrice Blouin : " (...) Bien sûr, la règle kaufmanienne du "renversement tous les quarts d'heure" continue ici à faire des ravages. L'idée originale du script était pourtant suffisamment forte pour porter à elle seule tout le film (...). Mais l'horripilant CK ne peut s'empêcher de multiplier intrigues secondaires et rebondissements inutiles jusqu'à faire crouler l'ensemble. Si Michel Gondry arrive (...) à faire tenir l'ensemble, il le doit en partie à Jim Carrey dans ce qui est à ce jour sa meilleure performance dramatique (...). Il le doit aussi à son talent propre. Pour inventer un paysage psychique secoué par d'incessantes sautes temporelles le réalisateur convoque un savoir-faire déjà développé dans ses clips (...). Le film ne s'anime véritablement qu'à partir du moment où Joel choisit de se rebeller contre le processus d'effacement et tente de se réfugier avec sa compagne dans les coins les plus reculés de son esprit. En retournant à l'enfance, le réalisateur retrouve son territoire premier. L'art deGondry a toujours été de confronter les techniques les plus novatrices et les plus primitives, les retouches numériques et les bidouillages amateurs". (...) (Les inrockuptibles, 6 octobre 2004)
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Louis Guichard : " (...) On peut accepter ou pas le gadget narratif qui fait entrer dans le vif du sujet : une invention futuriste à même de vous rendre étranger à la personne de votre choix, du jour au lendemain (...). Fort d'une distribution rutilante, de ses trouvailles plastiques et de sa construction astucieuse, le film est déjà un beau bric-à-brac, mode et moderne, sans parler de la reprise d'un tube des Korgis par Beck sur la BO (...). Le film distille une croyance naïve dans la vérité et la pérennité des sentiments envers et contre tout. Eternal Sunshine est l'exacte antithèse d'un autre film récent déroulant à travers l'histoire d'un couple ordinaire, 5 X 2. Chez François Ozon, la macine à remonter le temps ne faisait qu'éclairer un malentendu inaugural sans appel. Chez Michel Gondry, elle sert au contraire à retrouver le reflet intact de l'amour enfoui dans la mémoire". (Télérama, 6 octobre 2004)
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Yannick Lemarié : " (...) Après tout, qu'est-ce que l'art de la mémoire sinon un art fondé sur des images et des lieux ? Un carré qu'il faut protéger parce que s'y joue le combat essentiel entre le clair et l'obscur ? Une sorte de cinéma ? Rappelons que les Muses sont filles de Mnémosyné et le dispositif cinématographique, une mnémotechnique, mnémo à cause des scènes de la vie passée que Stan ressuscite sur son combo, technique à cause de tout l'appareillage (câbles, casques, écrans de contrôle...) qu'il utilise pour arriver à ses fins. Alors que dans Orange mécanique, Ludovico tentait par tous les moyens de saturer le cerveau d'Alex d'images violentes, Lacuna cherche, avec des procédés presque identiques, à détruire toute représentation mentale de Clementine. Le rapprochement entre les deux oeuvres n'est pas innocent car il prouve qu'Eternal Sunshine of the Spotless Mind se nourrit de cinéma (...)Contrairement à ceux qui parlent d'embaumement ou de figures fantomatiques, le cinéma de Michel Gondry relie et relit. Il établit des ponts indispensables entre le passé et le présent et permet de vivre à nouveau ce qui est derrière soi ou au plus profond de soi (...). (Positif, n° 524)
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Sandra Marti : " (...) Ce scénario extravagant a priori difficilement réalisable pour un metteur en scène, ne semble pas poser de problèmes à Michel Gondry qui, loin des systèmes sophistiqués, opte pour une mise en image au premier degré. Sur l'écran ,l'oubli des souvenirs, leur destruction s'apparentent à leur disparition à l'image que ce soit à la bibliothèque où les livres se dématérialisent un à un sous les yeux effarés de Joel, ou bien encore dans la maison au bord de la mer où le héros assiste en direct au démantèlement du chalet (...). Michel Gondry pose de manière originale des questions sur les réminiscences, sur l'idée de déjà-vu, sur la fatalité , et y apporte des réponses originales. Délirant, osé, Eternal Sunshine l'est assurément autant que Dans la peau de John Malkovich de Spike Jonze dont Charly Kaufman avait déjà signé le scénario". (...) (Jeune cinéma, n° 292)
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Olivier Séguret : " (...) Toute la grandeur et la limite du cinéma de Gondry se situent dans cet équilibrisme : fabriquer de l'universel marginal à l'heure où Hollywood, qui a cessé de faire du cinéma américain laissant çà aux indépendants, produit de l'industriel global. Dans Eternal Sunshine, film imparfait comme une belle gueule, Gondry se laisse aller à des entrelacs formels à la fois rigoureux et libres, des associations mentales logiques centrées autour d'une matière indomptable : le rêve, le temps, la mémoire (...). . On y voit les personnages embarqués dans une sorte de périple mnémo-sensoriel qui fonctionne comme une Odyssée intime : Joel-Ulysse s'engage dans la rétrospection d'aventures héroïques, revisite les mythes de son enfance, combat les démons de vieilles souffrances encore à vif". (...) (Libération, 6 octobre 2004)
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Thierry Sotinel : " (...) La mise en scène alterne les tribulations des scientifiques et la plongée dans les souvenirs de Joel. Le film devient à la fois l'autopsie d'une liaison et la mise en scène d'une mémoire, avec ses replis, ses pièges, ses angles morts (...). Il arrive que le scénario trébuche à force de multiplier les entrechats mais la réalisation et les acteurs gardent le film sur le bon cap, faisant passer les personnages avant les fantaisies conceptuelles (toujours passionnantes mais parfois encombrantes ) de Charlie Kaufman (...).Plus la nuit de l'opération avance, plus la lutte de Joel pour conserver sa mémoire s'accroît, plus le spectateur régresse jusqu'à encourager les amoureux amnésiques à se retrouver comme on acclamait la cavalerie des Etats-Unis afin qu'elle arrive plus vite au secours des héros. C'est là que se situe la magie très particulière d'Eternal Sunshine, histoire d'amour entre adultes destinée aux enfants de tous âges". (Le Monde, 6 octobre 2004)
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Antoine Thirion : " (...) Michel Gondry néglige la drôlerie de cette opération et préfère brandir un concept de poche - l'image est lacune, apparition-disparition simultanée - justifiant des effets littéraux : extinction brutale des lumières pour dire la destruction des souvenirs de Joel, passage du net au flou, folie capillaire de Winslet. Une vérité sur l'amour s'énonce certes dans la belle avant-dernière scène où, aux oreilles du couple croyant s'être rencontré la veille, résonne le témoignage aigri que chacun d'eux a laissé une K7 avant l'opération. Mais celle-ci ne résiste pas à l'agaçante tendance de Gondry d'accompagner chacun de ses petits bricolages d'une pensée en kit". (...) (Cahiers du cinéma, n° 594)
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A lire également
- L'entretien avec Charly Kaufman réalisé par Michael Henry et paru dans le numéro 524 de la revue Positif
- L'entretien avec Michel Gondry paru dans le numéro daté du 6 octobre 2004 de l'hebdomadaire les inrockuptibles
- L'entretien avec Michel Gondry réalisé par Aurélien Ferenczi et paru dans le numéro daté du 6 octobre 2004 de l'hebdomadaire Télérama
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