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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

Goodbye, Dragon Inn de Tsai Ming-liang

 

 

Production (Taïwan)

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Liang Hung-Chih

 

Scénario

Tasi Ming-liang

 

Directeur de la photographie : Liao Pen-jung

Directeur artistique : Lu Li-chin

Son : Du Tuu-chih

Costumes : Sun Huei-mei

Montage : Chen Sheng-chang

 

Casting

Lee Kang-sheng : le projectionniste

Chen Shiang-chyi : l'ouvreuse

Kyyonobu Mitamura : le touriste japonais

Miao Tien : le vieil homme

Shih Chun : le héros de Dragon Inn

Yang Kuei-mei : la femme fantôme

Chen Chao-jung : le fantôme

Lee Yi-cheng : l'enfant

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

Florence Colombani : " (...) Le film, d'une sidérante beauté plastique, est lent et solennel comme une cérémonie d'adieux. Pourtant, avec la distance froide qui caractérise le style de son auteur, il refuse obstinément la nostalgie. Car le cinéma apparaît ici comme un lieu qui captive, et tient captif - les quelques personnages, vivants ou morts, semblent y être prisonniers -, un lieu auquel une sorte de magie noire est attachée. On y est libre, bien sûr, mais dans une solitude glaçante. Habitée par le souvenir de films innombrables, résonnant de bruits inexplicables, la salle possède une force surnaturelle, au point qu'elle semble vampiriser les spectateurs pour se nourrir de leur énergie vitale. En lui accordant de longs plans extrêmement composés, Tsai Ming-liang fait ressortir la beauté particulière de ses sièges en gradins, de son écran immense et de ses couleurs primaires (...). En un dernier plan magistral, qu'accompagne une chanson mélancolique, Tsai Ming-liang prouve une fois encore qu'en un instant, fragile et poétique, le cinéma peut saisir la solitude irrémédiable de l'existence humaine". (Le Monde, 21 juillet 2004)

 

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Jean-Christophe Ferrari : " (...) La fermeture du cinéma est filmée sans dramatisation. Elle se déroule au contraire dans une sorte d'apesanteur d'où la tension des rapports filiaux qui animait auparavant les films du réalisateur de The Hole est désormais exclue ; l'enfant qui accompagne le vieillard semblant son petit-fils plus que sa progéniture. Les coupes nettes entre de longues séquences qui participent d'un même continuum dramatique installent une durée hypnotique, une temporalité répétitive et implorante à l'intérieur de laquelle les personnages semblent comme englués, empaquetés (...). Une telle durée rend hasardeux le devenir et le travail de la mémoire. C'est pourquoi Goodbye, Dragon Inn n'est sans doute pas un film de souvenirs. Il n'y a pas ici, comme dans In the Mood for Love par exemple, de ressassement mélancolique et voluptueux du passé. Le temps et ses modalités (passé, futur) n'ont aucune vertu pour Tsai Ming-liang (...). (Positif, n° 521-522)

 

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Antoine Thirion : " (...) C'est d'abord cette exigence documentaire qui donne à Goodbye, Dragon Inn son impulsion. Documentaire, au sens où le film naît d'une commande ou d'une requête du réel à partir de quoi s'imagine une fiction morcelée. Documentaire encore, au sens où l'objet principal du film n'appartient pas en propre à la mise en scène mais y vient comme en surplus. Cette salle de cinéma, importée là sans qu'il soit possible d'en tricher l'histoire ou l'architecture, est moins le vestige d'ine époque révolue que le témoin de bouleversements sociaux, un équivalent possible des habitats précaires photographiés par Walker Evans au moment de la Dépression. Documentaire enfin, au sens où prévaut l'impératif d'une disparition (...). Surtout, il s'agit de poser le rapport du corps à l'image de la manière la plus concrète possible. Cette union joue de l'intervalle entre les deux dimensions du film projeté et les trois dimensions de la salle, entre une image toujours recommencée et une architecture sur le point de s'effondrer, entre un visage projeté et un visage exposé à la projection". (...) (Cahiers du cinéma, n° 592)

 

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