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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

Memories of Murder (Salinui Chueok) de Bong Joon-ho

 

 

Production (Corée du Sud)

CJ Entertainment

Cha Seoung-jae / Lee Kang-bok

 

Scénario

Bong Joon-ho / Kim Kwang-rim / Shim Seung-bo

 

Directeur de la photographie : Kim Hyung-ku

Musique : Taro Iwarisho

Décors : Ryu Sung-hee

Son : Lee Byung-ha

 

Casting

Song Kan-ho : détective Park Doo-man

Kim Sang-kyung : détective Seo Tae-yoon

Byun Hee-bong : sergent Koo Hee-bong

Song Jae-ho : sergent Shin Dong-chul

Kim Roe-ha : détective Cho Yong-koo

Koh Seo-hee : officier Kwon Seol-yung

Park Hae-il : Park Hyiun-kyu

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

Jean-Christophe Ferrari : " L'originalité de Memories of Murder tient dans la confrontation visuelle entre le caractère saugrenu du quotidien et des détails (le quotidien observé de près est toujours bizarre et singulier) et la logistique huilée des crimes (...). Si Memories of Murder relève du genre fantastique, il s'agit (...) d'un fantastique bien spécifique : un surnaturel glacial émergeant sur la toile de fond d'une société traditionaliste et politiquement (mais aussi affectivement et sexuellement) désorientée. Une fantasmagorie liée à un mélange inédit de précision sociologique (...), de cruauté froide, d'irréalité bleutée et de chamanisme. D'où cette alternance de scènes mouvementées et tragi-comiques qui traduisent la désorganisation et l'affolement du corps social, et de séquences à la lenteur, au calme effrayants (...). Ce qui peut laisser imaginer que ces "Mémoires de meurtre" renvoient, en creux, au souvenir non cicatrisé de la guerre de Corée. Dans l'univers de Memories of Murder, les enfants, tels des sphinx innocents et pervers, attirent l'attention des adultes sur les anomalies de l'existence". (...) (Positif, n° 520)

 

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Jean-François Rauger : " Le cinéaste réussit même un véritable tour de force, celui d'humaniser, jusqu'à les rendre touchants, le tandem de policiers locaux, instinctifs et bornés (...). L'optimisme apparent d'une telle évolution est ici complexifié par l'évolution des événements, par la manière dont le spectateur, évidemment attaché à la résolution de l'énigme policière, se voit mené de désillusion en désillusion, enfin par la contamination du "bon" flic que l'impuissance fait soudain basculer dans la violence. C'est que, à bien y regarder, la brutalité des policiers est guidée par la recherche du rendement. La tendance primaire et brutale qu'exprime leur violence est peut-être aussi celle dont se nourrit un modèle économique libéral triomphant. Comme si l'évolution historique ne pouvait s'accomplir que dans la fusion d'un archaïsme qui résisterait (une pulsion primitive d'accumulation) et d'un nouveau qui surgirait (la raison démocratique)". (Le Monde, 23 juin 2004)

 

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Antoine Thirion : " (...) : Memories of Murder est fait de bouts qui ne se joignent pas, d'une succession implacable de ratés faisant obstacle à la juste vision de la situation politique du pays (...).La grande réussite du film tient toutefois à ce que l'Histoire n'y est pas au-dehors mais parallèle à la ligne de l'enquête, enfouie sous la présence blanche des masques impénétrables. Ceux que font les multiples gros plans de visages tantôt obéissants, tantôt insoumis aux discours qui leur sont imposés (...). Mais à ces effigies volontiers secrètes préside moins l'ambiguïté du tueur tapi en chacun de nous que la surface lisse où l'action bute et doit toujours se relancer sur les ruines de ce qu'elle a mis en oeuvre. Bien sûr les gros plans font flotter au-dessus de tous des soupçons de culpabilité. Mais ils paralysent surtout le verdict, maintiennent le jugement dans une pure indécision. A quoi résistent, maigrement mais toujours, ces visages nus et pourtant déjà coupables ? Au profil, inconnu à l'époque, du tueur en série". (...) (Cahiers du cinéma, n° 591)

 

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A lire également

- L'entretien avec le cinéaste Bong Joon-Ho, réalisé par Jean-François Rauger et paru dans le numéro du Monde daté du 23 juin 2004