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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

A l'ouest des rails de Wang Bing

(documentaire en trois parties : Rouille, Vestiges, Rails)

 

 

Production (Chine)

Zhu Zhu

 

Directeur de la photographie : Wang Bing

Script : Li Hongbin

Montage : Wang Bing / Zhang Huimin / Adam Kerby

Montage son : Han Bing / Chen Chen

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

 

François Bégaudeau : " (...) Un lieu n'existe que parcouru d'hommes. Un lieu, c'est l'imbrication dynamique d'un espace et d'un sujet - une des raisons pour lesquelles l'art de Wang Bing ne ressortit pas exactement au cadre mais plutôt à l'intensité, cette ligne invisible qui traverse un plan. Une maison, c'est un contenant pénétré, investi, quitté, d'où que Wang garde tant de ces ouvertures et fermetures de portes qu'un montage professsionnel aurait bazardées. A l'échelle supérieure, c'est la même chose : une ville ne s'avère que par une trajectoire à travers elle, et par exemple celle, même dilettante, d'un train. Elle est la somme des parcours subjectifs qu'elle abrite. Les trois parties du film tissent moins un récit linéaire qu'elles ne juxtaposent trois manières d'habiter la ville : usine, quartier, train (...). Si Wang Bing a habité Shenyang pendant les deux ans de tournage, ce n'est pas pour s'y fondre, mais au contraire pour y faire acte de présence, accompagner de chair et d'os le destin de la ville. Une usine a fermé, que faire ? Surtout pas la mitrailler de plans fixes qui, redoublant l'immobilité du lieu, la tueraient une seconde fois et poseraient une distance, fût-ce celle de l'art. Ce qu'il faut, c'est y entrer puis l'arpenter en long et en large". (...) (Les Cahiers du cinéma, n° 591, juin 2004)

 

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Pascal Sennequier : " (...) La grande force de Wang Bing est de s'être focalisé sur la dimension collective du phénomène "Tie Xi", et d'en avoir extrait l'âme de toute une population. Les destinées individuelles n'ont ici que très peu de voix au chapitre. Les existences épousent un même prosaïsme (survivre), les vies se confondent dans un même devenir scandé par un même travail. Saisir l'ampleur d'un mouvement aussi général nécessitait que le réalisateur entrât en communion avec la masse de ces travailleurs et en assimile la logique, sans quoi le film risquait d'être sacrifié à l'anecdote. Ce que propose Wang Bing - et qui donne à son travail une qualité si exceptionnelle - c'est de nous convertir à son expérience, une expérience dans laquelle il a engagé sa propre vie, au fil des années. D'où la durée du film : une conversion nécessite du temps. S'ouvre alors au spectateur un monde ahurissant qui n'est autre que celui que partage quelques milliers de Chinois ordinaires à l'autre bout du globe (...). (Positif, n° 520, juin 2004)