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La Femme est l'avenir de l'homme (Yeojaneun namjaui miraeda)
de Hong Sang-soo
Production (Corée du Sud)
Miracin Korea / MK 2 / Unikorea
Ahn Byong-joo / Choe Song-min / Marin Karmitz
Scénario
Hong Sang-soo
Directeur de la photographie : Kim Hyung-koo
Musique : Chong Yong-jin
Son : An Sang-ho
Montage : Ham Sung-won
Casting
You Ji-tae : Mun-ho
Kim Tae-woo : Hun-joon
Sung Hyun-ah : Sunh-wa
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Gérard Camy : " Entre Antonioni et Ozu, Hong Sang-soo construit une oeuvre remarquable, originale, où le minimalisme de la mise en scène et des situations débouche sur une réflexion existentielle fondamentale (...). En longs plans immobiles, Hong Sang-soo fait vivre les rapports entre les êtres, mais derrière ces apparentes relations, c'est la manière dont les liens entre les individus se tendent, se relâchent, se brisent, se renouent dans un réseau beaucoup plus vaste d'évènements souvent imperceptibles, toujours absurdes et humiliants (...). Hong Sang-soo prend acte de la misère existentielle et sexuelle de la moyenne bourgeoisie de son pays. Dans les nombreuses scènes de beuveries, de repas, de discussions, les brusques colères alcoolisées, les silences pesants, les regards troubles, les intimes inquiétudes sont autant d'expressions des sentiments rentrés et des frustrations insupportables (...) (Jeune cinéma, n° 290)
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Sylvain Coumoul : " (...) A l'échelle du film, l'erreur aura sans doute été d'interdire au chef opérateur de trop matérialiser les différenciations passé/présent, rêve/réalité. Dès lors, la discrétion avec laquelle s'entremêlent deux périodes et trois saisons nous rendrait presque indifférent s'il se mettait soudain à neiger en été. C'est que Hong Sang-soo ne pouvait deviner ce que donnerait ce choix de l'atténuation avant de l'avoir mené à son terme. Visant à l'invisibilité des structures il les prive de leur pouvoir expressif, se comportant avec elles comme avec une autorité dont on veut s'affranchir. Dans le mouvement même d'affirmation de sa liberté, il s'est engagé dans des processus qui la limitent (...) (Cahiers du cinéma, n° 590)
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Pierre Eisenreich : " (...) Une forme labyrinthique élabore la scénographie comme autant de cellules qui tentent de ramener, dans un présent hivernal, l'été des souvenirs. Rues étroites, salle de restaurant, studio, appartement, habitacle de taxi, couloir et chambre d'hôtel miteux semblent des lieux où vient se murer l'inhibition des personnages. Différentes formes d'évasion, à travers le sexe et l'alcool, sont expérimentés par le trio mais en vain. Seules la réminiscence et la perte de conscience offrent une possibilité de s'échapper, que vient ponctuer de temps à autre la phrase d'un rondo joué par une formation de musique de chambre. l'imaginaire poétique se présente comme un refuge face à la cruauté d'existences pleines de regrets (...). Une impression de relativité traverse La Femme est l'avenir de l'homme : c'est un retour au présent et une nouvelle perspective sentimentale pour Mun-ho tandis que Hun-joon a déjà fui l'échec amoureux de sa vie passée". (...) (Positif, n° 520)
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Serge Kaganski : " (...) Hong Sang-soo possède une sorte de génie dans la représentation aiguë de la banalité, voire de la "normalité", qui surgit au mieux dans les scènes de sexe. Loin des prouesses sportives du cinéma porno, les relations sexuelles chez Hong Sang-soo ressemblent à ce que l'on vit au quotidien : des étreintes pas toujours glorieuses, pas toujours géniales (...). Pour Hong Sang-soo la naissance du sentiment amoureux semble constituer le seul moment exaltant, fragile, fugace de l'existence. Le reste, la culture, le savoir, la position sociale, la réussite professionnelle, le mariage, ne sont que des béquilles qui peuvent aider à marcher dans la vie mais ne permettent pas de courir. L'existence finit toujours par être décevante, le réel rabaisse toujours la barre de nos aspirations, les femmes demeurent inaccessibles (...). La Femme est l'avenir de l'homme est pessimiste, désenchanté, mais jamais totalement noir ou glauque. Tout est rehaussé par le regard du cinéaste qui ne surligne rien et n'exagère jamais". (...) (Les inrockuptibles, 19 avril 2004)
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A lire également
- L'entretien avec Hong Sang-soo réalisé par Matthieu Darras et paru dans le numéro 520 de la revue Positif
- L'entretien avec Hong Sang -soo réalisé par Jean-Baptiste Morain et paru dans le numéro des inrockuptibles daté du 19 avril 2004