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La mala educacion de Pedro Almodovar
Production
El Deseo
Agustin Almodovar / Esther Garcia
Scénario
Pedro Almodovar
Directeur de la photographie : José Luis Alcaine
Musique : Alberto Iglesias
Décors : Antxon Gomez
Costumes : Paco Delgado, avec la collaboration de Jean-Paul Gaultier
Montage : José Salcedo
Casting
Gael Carcia Bernal : Angel / Juan / Zahara
Fele Martinez : Enrique Goded
Daniel Gimenez Cacho : le père Manolo
Javier Camara : Paquito
Lluis Homar : Monsieur Berenguer
Francisco Maestre : le père José
Juan Fernandez : Martin
Ignacio Pérez : Ignacio enfant
Raul Forneiro : Enrique enfant
Petra Martinez : la mère d'Ignacio
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
François Bégaudeau : " (...) La Mauvaise éducation érige une sorte de christianisme esthétique, façonne une poche oecuménique trouée par nulle violence, divisée par nulle intimité, secouée par nul haussement de ton - tous les acteurs chuchotent à voix haute, clé de leur élégance unanime. De prime abord le cinéma d'Almodovar ne fabrique pas d'exclus, soit par choix, soit que le filtre esthétique finisse par tout réconcilier (...). Du moment qu'elle est toujours rejouée, l'opération de se travestir constitue une sorte de juste milieu, l'hypothèse d'un montage idéal entre le durable et le provisoire, chaque occurence du faux étant un moment du vrai, un linge éclatant sur le fil authentique que tend une existence. Baigné de lumières artificielles, le travestissement est une instancede vérité. Et c'est pourquoi l'acteur est l'autre oiseau de mort de La Mauvaise éducation". (...) (Cahiers du cinéma, n° 590, mai 2004)
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René Prédal : " (...) Toujours, dans l'esthétique d'Almodovar, le trivial le dispute à la beauté. Exarcerbé par son goût du mélodrame et de l'excès, son langage est à la fois classique par sa grande lisibilité et post-moderne par le décalage kitsch imprimé à l'usage immodéré de tous les effets cinématographiques : musique symphonique, ralentis, cadrages symboliques, montage choc et autres grosses ficelles. En fait, cette surcharge de faux, d'artifices et de maquillage fait éclater le travestissement des apparences pour toucher à une vérité, certes décalée, mais qui installe un étrange rapport à l'essence des choses et des êtres dans lequel réside la profonde originalité de sa mise en scène (...). Il s'agit de la face noire du cinéma de l'auteur, celle de la chair contrainte et de la pureté dévoyée d'Ignacio, l'enfant à la voix d'or, sous l'hypocrisie de la culpabilité et de la honte (...). Le dualisme de la structure du film a les couleurs de celui des personnages (transsexualité vécue comme décghirement identitaire) ainsi que du style (schizophrénie du visage du jeune Ignacio littéralement fendu en deux par une coulée de sang) ou rdela thématique (bourreau - victime, interdits - transgression, choix de vie antithétiques... (...) (Jeune cinéma, n° 290)
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Philippe Rouyer : " (...) Le film dans le film qui occupe une bonne partie de La Mauvaise éducation montre un Ignacio adulte parfaitement à l'aise en femme après son opération, alors que la vraie vie le révèle prostitué pathétique, accro à l'héroïne et aux hormones. De même, le père Manolo arboreà l'écran le charme troublant du séducteur d'enfants sous son austère soutane noire, avant que le retour à la réalité ne montre son vrai visage sous les traits de l'adipeux Berenguer, pervers vieillissant, prêt à tout pour satisfaire ses pulsions sexuelles. Dans un cas comme dans l'autre, le cinéma embellit la vie. Même dans les plus sordides rebondissements de l'intrigue, le film dans le film garde aux personnages un panache ou une dose d'autodérision qui sublime leur quotidien. Devant une caméra, la vie devient plus qu'un roman, un méodrame flamboyant. C'est en cela qu'il faut sans doute chercher les traces d'autobiographie". (...) (Positif, n° 519, mai 2004)