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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

Notre musique de Jean-Luc Godard

 

 

Production

Alain Sarde / Ruth Waldburger

 

Scénario

Jean-Luc Godard

 

Image : Julien Hirsch / Jean-Christophe Beauvallet

Dir. Artistique : Anne-Marie Miéville

Son : François Musy / Pierre André / Gabriel Hafner

 

Intervenants

Sarah Adler, Nade Dieu, Rony Kramer, Georges Aguilar, Leticia Guttierez, Ferlyn Brass, Simon Eine, Jean-Christophe Bouvet, Elma Dzanic, Juan Goytisolo, Mahmoud Darwich, Jean-Paul Ciurnier, Pierre Bergoubgnioux, Gilles Pecqueux

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

 

 

Jean-Michel Frodon : " (...) Cette légèreté du trait, ce moindre impératif de révélation du vrai, permet à Jean-Luc Godard de se retrouver plus cinéaste, étant moins détenteur de "juste parole". Les signes parmi nous font moins signes, ils sont aussi et encore visage, couleur, forme, grain de peau, tessiture de voix, rides. Les échosde pensée que suscite son film n'en sont que plus féconds - sans être pour autant toujours convaincants (...). Tous les montages ne sont pas fructueux. Cela ne minimise en rien la féconde beauté de Notre musique, au contraire ! Et, comme le suggère aussi, dans ce titre qui est aussi celui d'un autre film réalisé par une jeune femme qui croyait au cinéma et en mourra, ce pronom collectif où chacun peut se sentir accueilli, tient à la tonalité malgré tout moins funèbre du film comparé aux précédents". (...) (Cahiers du cinéma, n° 590, mai 2004)

 

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René Prédal : " (...) Godard lui-même (un peu plus souriant, en tout cas moins bougonneur que d'habitude) donne un semblant d'organisation à la narration de l'ample tableau impressionniste, d'abord par son rôle de go-between à l'image, mais aussi par son génie de metteur en scène-monteur habile à créer des correspondances, à faire dialoguer tout et son contraire, et surtout à filmer la banalité du quotidien comme de la poésie pure (un tramway traversant un no man's land nocturne), une composition esthétique (pied descendant un escalier), ou un suspense intrigant (appels de fiction à partir d'une simple fille courant dans la foule ou de diplomates arrivant en voiture). Sortant des photos de son cartable, Godard explique les vertus du montage (relation ou opposition, plutôt questionnement perturbateur) à un public étudiant pas très attentif, et surtout croise l'expression des personnes réelles (le poète palestinien Mahmoud Darwich ou l'écrivain catalan Juan Goytisolo) avec les personnages de fiction (...). Notre musique parle de la question Israë -Palestine au coeur des blessures mal cicatrisées du conflit de l'ex-Yougoslavie, car la réflexion de Godard est toujours médiatisée, distanciée, décalée, empruntant les pensées des autres comme les musiques de Sibelius, Part ou Monk pour composes ses propres harmoniques (...). (Jeune cinéma, n° 290)

 

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Louis Seguin : " (...) L'univers que Jean-Luc Godard projette sur son écran est un ensemble désarticulé, qui n'est plus en mesure de lutter contre l'éparpillement de ses parties ni de coordonner ses mouvements (...). Notre musique continue de contrôler de dérapage d'un cinéma qui perd volontairement son adhérence pour mieux se replacer dans l'axe de l'image et du son. Les Histoire(s) ne pouvaient que le conduire à cela, à cette distraction et à cette accélération de l'ouverture. Béatrice n'estplus là pour accueillir Dante au sommet du Purgatoire et pour le faire entrer au Paradis parce qu'elle a renoncé à Dieu. Seul demeure l'affrontement, le contre-champ,la place de l'autre, du Juif, du Palestinien, de l'interlocuteur, de Sarah Adler, des ruines, et aussi de deux pieds nus descendant un escalier. Il y a la nature. Au bout de l'heure consacrée au Purgatoire et à la résolution de ses remords, avant la désillusion du Paradis, voici les parterres de fleurs ouvertes qui proposent l'émerveillement de leur éclosion". (La Quinzaine littéraire , n° 879)