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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

Kill Bill vol.2 de Quentin Tarantino

 

 

Production

A Band Apart / Miramax Films

Lawrence Bender

Bob et Harvey Weinstein / Erica Steinberg / E. Bennett Walsh

 

Scénario

Quentin Tarantino

 

Directeur de la photographie : Robert Richardson

Musique : The RZA / Robert Rodriguez

Décors : David Wasco / Cao Jui-Ping

Costumes : Catherine Thomas / Kumiko Ogawa

Conseillers arts martiaux : Yuen Wo-ping

Montage : Sally Menke

Maq. spéc. : KNB ETF Group, Inc

 

Casting

Uma Thurman : la Mariée / Beatrix Kiddo / Black Mamba

David Carradine : Bill

Daryl Hannah : Elle Driver / California Mountain Snake

Michael Madsen : Budd / Sidewinder

Gordon Liu : Pei Mei

Michael Parks : Esteban Vihao

Bo Svenson : le révérend

Samuel L. Jackson : Rufus

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

 

François Bégaudeau et Emmanuel Burdeau : " (...) Il n'est pas neuf que des femmes dépossèdent les hommes de leurs jouets attitrés (...). Ce qui l'est davantage, c'est qu'investissant le champ héroïque les super-nanas y importent leurs propres attributs traditionnels. Beatrix, qui a pour spécialité de couper les membres de ses adversaires, s'empare du Sabre suprême, assumant sans gêne la charge symbolique des opérations (...). Mais il se trouve que par ailleurs elle est mère. Toute sa hargne vengeresse en découle. L'enfant n'est plus ici cet emblême disposé au centre des combats pour leur donner un vague horizon de responsabilité et les redoubler d'un enjeu d'avenir pour la cité. Il est là, de chair, issu du corps d'une des combattantes (...). Attendre qu'Uma accouche pour tourner Kill Bill n'a pas été pour Tarantino, quoi qu'il en dise, un contretemps. Il la lui fallait marquée par cette expérience, à rebours de l'immaculée conception virtuelle d'une Lara Croft. Puis il en a remis une couche, des couches : terre, sang, sueur, autant de stigmates d'un monde d'hommes sur ce visage à potentiel angélique intact. De ce mélange matriciel procède un ensemble qu'à tous égards on appellera transgenre". (...) (Cahiers du cinéma, n° 597, janvier 2005, p. 78)

 

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Yannick Dahan : " (...) Kill Bill volume 2 entre de plain-pied dans une autre logique (...). Celle d'un cinéaste qui a compris qu'une icône ne se suffit jamais à elle-même et que seuls la complexité du réel, la fragilité de l'humain et les paradoxes de ses choix peuvent en déterminer la posture et en susciter la fascination. Le sujet profond de Kill Bill n'est rien d'autre qu'un voyage transportant le spectateur du monde du cinéma au monde réel. Et, si la texture reste référentielle, empruntant cette fois nombre de ses trajectoires au western (...), ce Volume 2 n'est plus phagocyté par ses emprunts au cinéma d'exploitation et se pose davantage comme un grand film psychologique (...). Là où le Volume 1, malgré ses geysers de sang, nous plongeait dans l'univers immaculé des références cinéphiliques, Kill Bill, volume 2 nous renvoie en pleine figure la sueur et le sang tout en nous faisant parcourir le spectre des émotions les plus déstabilisantes (...). L'affrontement final, que Tarantino avait à l'origine écrit comme un duel physique sur une plage, se transforme en rixe verbale, le cinéaste concluant la scène par une mort rituelle et symbolique pratiquée dans les règles de l'art cinématographique". (...) (Positif, n° 520, juin 2004)

 

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Louis Seguin : " (...) Est-il indispensable d'assassiner, ne serait-ce que pour se libérer de la présence obsédante d'intrus qui finissent par hanter et ronger les écrans, pour qui il ne s'agit plus d'accueillir l'imaginaire ou de reconnaître son influence mais de s'approprier le cinéma, d'en faire sa chose, de le récupérer du côté de son économie. Les cinéphiles ne sont plus des amateurs, mais des collectionneurs et les plus acharnés sont ceux qui sont aussi des cinéastes. Quentin Tarantino (...) a tout ingurgité, tout digéré et puis il expulse. Chacune des parties, des chapitres, dans le second volume de son Kill Bill, est un palimpseste, où une image ne renvoit pas à une autre image mais la recouvre et où il faut être capable de la deviner. Rude épreuve pour ceux qui regardent et qui décrivent ce qu'ils aperçoivent. Bonne occasion également de participer à une série de petits jeux où triomphent les plus érudits, où le metteur en scène s'est donné le plus beau rôle du juge arbitre et dont il fixe lui-même, à mesure que le match avance, les règles. Le cinéaste est celui qui a toujours une longueur d'avance parce qu'il en sait plus, parce qu'il a lui-même caché les armes et parce qu'il est donc capable de dire où les dissimule le film dans le film". (...) (La Quinzaine littéraire, n° 878)

 

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Antoine Thirion : " (...) Le film doit comme on le sait sa scission à la décision du producteur Miramax. Pourtant, le second volet fonctionne parfaitement seul. Si cette découpe ne trahit pas les intentions de Tarantino, elle permet de vendre sans vergogne le film deux fois. C'est grave ? Oui, car le film tend à disposer côte à côte, comme célibataires, ses épaisseurs. Pareille opération réduit le film au commerce clos des références et Tarantino à la petite logique du genre (...). Tarantino laisse à la parole la fonction proliférante de relancer de possibles actions (...). Kill Bill a, comme le superhéros de BD, deux apparences. L'une, brillante et héroïque, l'autre, comme le rappelle Bill, platement quotidienne. Aussi bien un Tarentino conjuguant son parfait savoir(-faire) au temps mou et à l'intelligence triviale de dialogues ciselés. D'où un film à deux couches, l'une d'action décontextualisée (Kill), déposée contre une autre d'Amérique profonde (Bill)". (...) (Cahiers du cinéma, n° 590, mai 2004)

 

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