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Five d'Abbas Kiarostami
Production
Behnegar / NHK / MK2 Productions
Ali Reza Shoha-Nuri / Makoto Ueda / Marin Karmitz
Scénario : Abbas Kiarostami
Image : Abbas Kiarostami
Son : Abbas Kiarostami
Montage : Abbas Kiarostami
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Alain Bergala : " (...) Ces cinq plans qu'il nous donne à voir aujourd'hui ont été lentement tamisés à partir d'une expérience nouvelle de faire du cinéma que Kiarostami pratique maintenant depuis au moins deux ans. Autant dire que ce que nous voyons en moins d'une heure trente de projection n'a rien à voir avec une pure décision d'artiste conceptuel, mais représente à n'en pas douter une longue et lente découverte d'un outil, d'une posture et d'un nombre incalculables d'heures d'errance, d'affût, de ratages, de reprises, de découragement, de coups de coeur, d'espoirs fébriles, de croyance dans le cinéma sans histoire (aux deux sens du terme : le cinéma avant l'histoire du cinéma, le cinéma sans avoir à inventer une histoire, même si des histoires adviennent au cinéma). (...) Ce film provoque une intense activité de la pensée sur les rapports du cinéma et du monde". (...) (Cahiers du cinéma, n° 590)
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Stéphane Goudet : " (...) On entrevoit des hommes dans Five, mais filmés à distance et qui ne font que passer plus ou moins vite : à peine le temps de se retenir, d'échanger, dans le plan, quelques mots qui nous sont inaudibles, dont la langue même restera mystérieuse (...). . Ce refus de présenter la figure humaine n'empêche nullement la création, chez le spectateur, de sentiments intenses. Le plus simple des moyens utilisés est l'anthropomorphisme des animaux et des objets filmés (...). La magie d'un tel film naît aussi de cette impossibilité à déterminer quelles parts occupent en lui le hasard et la manipulation : en termes kiarostamiens, ce qui relève du jeu d'échecs ou bien du jeu de dés ? Frappe alors la parenté entre ce court métrage et des films antérieurs mis en scène par le maître iranien (...).Tout désormais dans Five incite aux résonances et aux liaisons". (...) (Positif, n° 519)
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Jacques Mandelbaum : " (...) La simplicité du dispositif reconduit, à un degré de complexité insoupçonné, les questions vertigineuses qui travaillent depuis toujours le cinéma d'Abbas Kiarostami : où est la réalité et où est la fiction ? Qu'est-ce qui relève du hasard et de la mise en scène ? Mais où est passé l'auteur du film ? (...). Sous couvert d'en revenir à l'innocence biblique des frères Lumière (cinq séquences en caméra fixe face à la mer), Five se révèle aussi retors, magique, fumeux et démoniaque que le père Méliès. Prenons en guise d'exemple, le numéro un; Un bête morceau de bois ballotté par le ressac. Au gré du mouvement, tour à tour déposé sur le rivage puis ravalé par la mer. Mouvement de berceuse, soupçon de suspense : comment cela finira-t-il ? Mais çà dure tant et si bien que le morceau se brise. Production autonome d'un accident ou entrée dans l'ère du soupçon (et si Kiarostami avait scié au préalable le bout de bois ?). Quoi qu'il en soit, à l'issue de cet évènement, deux morceaux de bois dérivent désormais en s'éloignant progressivement l'un de l'autre. On vient de passer, mine de rien, d'un film contemplatif à un film d'action. Face à la menace imminente de ne plus pouvoir cadrer les deux, lequel suivre ? et pour quelle raison,et que signifierait ce choix ? Nous voici déjà projetés dans une oeuvre d'anticipation". (...) (Le Monde, 14 mai 2004)
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Serge Kaganski : " (...) Si 10 on Ten est mouvant et bavard, Five est son exact contraire, un film immobile et silencieux. Soit cinq plans-séquences fixes de longueurs variables (ce cinq à vingt cinq minutes) sur un bord de mer. Un état de stase contemplative, hypnotique, stupéfiante (au sens droguée), simplement habitée par le roulis de la mer et les badauds ou animaux qui passent parfois devant la caméra (...). Chacun est libre de mettre ce qu'il veut dans ce film, c'est sa précieuse qualité : il redonne au spectateur sa liberté de penser, rêver, s'ennuyer, imaginer, s'absenter, vagabonder... tout en étant "hypnotiquement" bercé par le roulement des vagues. Une expérience sensorielle (Les inrockuptibles, 26 mai 2004)
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