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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

La vie est un miracle d'Emir Kusturica

 

 

 

Production (France / SEM)

Les Films Alain Sarde / Cabiria Films / France 2 cinéma

Alain Sarde / Maja et Emir Kusturica

 

Scénario

Ranko Bozic / Emir Kusturica

 

Directeur de la photographie : Michel Amathieu

Musique : Dejan Sparavalo

Décors : Milenko Jeremic

Son : Jérôme Thiault

Costumes : Zora Popovic

 

Casting

Slavko Stimac : Luka

Natasa Solak : Sabaha

Vesna Trivalic : Jadranka

Vuk Kostic : Milos

Aleksandar Bercek : Veljo

Stribor Kusturica : capitaine Aleksic

Nikola Kojo : Filipovic

Mirjana Karanovic : Nada

Branislav Lalevic : Predsjednik

Davor Janjic : Tomo

Adnan Omerovic : Eso

Obrad Durovic : Vujan

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

 

Jean-Luc Douin : " (...) L'une des vedettes de ce cirque infernal où s'entretuent des frères ennemis est un âne, inattendu sauveur de l'humanité. Ainsi fonctionne le cinéma, si fellinien, de Kusturica : la vie est alternance de tours de magie et de bombardements cosmiques, la terre est peuplée d'êtres en furie et d'animaux mythologiques, l'univers est un chaos d'où surgissent tous types de trafics, d'enfants, de sentiments, de drogues, d'armes, de moyens de locomotion (...). A y bien regarder, le cinéma d'Emir Kusturica, démiurge des portraits de groupe, est truffé d'histoires d'amour. Celle de La vie est un miracle s'avère plus intimiste, plus radicale que jamais, et un rien païenne (...). De ce Roméo et Juliette dans les Balkans, Kusturica fait l'un de ses plus beaux films". (...) (Le Monde, 17 mars 2004)

 

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Mia Hansen-Love : (...) Si Kusturica intègre à sa poétique l'élément guerre, il déréalise aussitôt celle-ci, en fait un tremplin, le moyen d'achever la séparation entre l'homme et son environnement, accomplie par son réalisme magique; la guerre offre la bombe que Kusturica fait exploser à tout moment pour créer du désordre, du chaos. Mais ce chaos euphorique ne laisse croire à rien de réel, sûrement pas au monde dans lequel vit ou a vécu le réalisateur - comme s'il n'était là que pour faire oublier. Il prend, si on veut, une liberté extrême, mais il la prend surtout pour ses personnages, otages de l'Arche d'Emir (...). Le regard de Kusturica sur les hommes n'est pas plus respectueux. Eux aussi ressemblent à des marionnettes outrées, sommées un revolver sur la tempe dirait-oln, tant leur jeu crispe, de jouer telle ou telle émotion. (...) Cette cascade de gags, ce gigantesque défoulement ne sont que l'envers du refoulement qui définit le genre réinventé par lui, genre qui tend à enfermer le cinéma dans une imageie qui le coupe du présent en même temps que de la modernité (...) (Cahiers du cinéma, n° 590, mai 2004)

 

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Sylvie Rollet : " (...) Très tôt dans le film, une scène donne la mesure de cette étrange alliance des théories de la relativité et de la puissance de la rencontre amoureuse. Propulsés par une force inconnue, Sabaha la jeune infirmière et Luka sont embarqués sur un lit à roulettes, dans une course folle à travers les couloirs d'un hôpital. La trajectoire, la vitesse et la durée de ce "voyage" improbable semblent appliquer à la lettre l'idée relativiste d'une force devenue la propriété géométrique de l'univers lui-même, la densité etl'énergie conditionnant la structure même de l'espace-temps qui détermine, en retour, la trajectoire et la dynamique des corps qu'il contient. La puissance du désir et de l'amour ouvre donc un espace-temps autre, une brèche dans la géographie et dans le temps". (...) (Positif, n° 519, mai 2004)

 

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