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Clean d'Olivier Assayas
Production
Edouard Weil / Xavier Giannoli
Scénario
Olivier Assayas
Directeur de la photographie : Eric Gautier
Musique : Brian Eno / David Roback / Dean Wareham
Son : Guillaume Sciama / Richard Flynn / Herwig Gayer / Daniel Sobrino / Romain Dymny / Nicolas Moreau
Décors : William Fleming / François-Renaud Labarthe
Montage : Luc Barnier
Casting
Maggie Cheung : Emily Wang
Nick Nolte : Albrecht Hauser
Béatrice Dalle : Elena
Jeanne Balibar : Irene Parolini
Don McKellar : Vernon
Rémy Martin : Jean-Pierre
Laetitia Spigarelli : Sandrine
Martha Henry : Rosemary Hauser
David Roback : lui-même
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Jean-Michel Frodon : " Clean est un film si beau, si beau, si simple, si droit dans la parcours romanesque auquel il convie, qu'il peut sembler superflu ou même dérisoire de prétendre en analyser les ingrédients (...). Les neuf personnages de Clean n'apparaissent chacun que très brièvement, presque toujours l'un après l'autre. La manière dont ces vis-à-vis successifs d'Emily acquièrent aussi vite une telle intensité fait honneur aux talents d'écriture, de direction d'acteur et de mise en scène d'Olivier Assayas. Mais là n'est pas le plus important. Le plus important se joue sur un plan graphique : ces personnages sont les points successifs d'une trajectoire. Emily les croise successivement, ils font advenir, par leur existence même très fugace, le mouvement général qui porte à la fois le film et son héroïne (...). Clean, avec son titre ambigu, laisse chacun trouver sa propre place, son propre désir et ses propres angoisses vis-à-vis de l'aventure de son héroïne, vers le but qu'elle s'est donnée. Et puis, en toute liberté, dans un moment de grâce,il dépasse ce but, vers un ailleurs ouvert où palpite ce secret, une voix humaine ayant retrouvé le sens des harmoniques". (Cahiers du cinéma, n° 593, septembre 2004)
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Adrien Gonbeaud : " (...) On retrouve dans Clean cet équilibre précaire et bouleversant, ce timbre caverneux tiré vers les abysses et sauvé de justesse par une voix féminine aérienne. Maggie Cheung, discrète et souveraine, emplit le film de cette beauté déchirée : sourire d'enfant sur regard de marbre, démarche solide portant un corps frissonnant, français fragile prononcé d'un ton grave. La prestation de Nick Nolte en colosse doucement rongé par l'âge est de même nature. Tel était donc le cadeau de Tricky : pousser Emiliy entre deux rives, là où la glace est prête à craquer et où les repères ont disparu. A ce point où il est si difficile de se maintenir se situe la musique. Et dans son basculement Emily trouve la grâce. Sa chute devient son envol (...). Un souffle aspire Emily vers d'autres rivages. Elle nous laisse derrière elle avec son passé, comme un souvenir impérissable mais déjà lointain (...) (Positif, n° 523, septembre 2004)
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Serge Kaganski : " (...) Dans Clean, pas trace de concerts glorieux, de sessions mythiques ou de parties légendaires; aucune scène obligée de la geste rock, mais au contraire des négociations longues et patientes pour la garde d'un enfant, des connaissances du milieu qui tournent le dos, des cures de désintoxe, des petits boulots précaires, harassants et mal payés, une solitude qui fait mal (...). Malgré le registre intimiste et réaliste de Clean, Assayas n'as pas cédé un pouce de terrain sur ses ambitions de mise en scène (cadre et son toujours très travaillés, lumière froide, hivernale, à l'unisson de la sourde mélancolie de cette histoire). La stylisation retenue de Clean est toujours peuplée, vivante, incarnée, grâce à un superbe casting entourant la sublime Maggie (...). Clean n'est pas une histoire de compromission et de démission ni un film de démissionnaire blasé mais plutôt une affaire d'honnêteté, de lucidité, de générosité, de croyance toujours, mais tempérée d'expérience et de scepticisme". (...) (Les inrockuptibles, 3 septembre 2004)
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Lucien Logette : " (...) Olivier Assayas signe avec Clean un grand film qui n'a pas grand-chose de français dans son inspiration et sa facture (et la partie tournée à Paris est assurément la moins réussie) mais affiche un souffle et un sens de l'espace que nous ne lui imaginions pas. Et il y a Maggie Cheung, arrogante, droguée, humiliée, abattue, exilée, combative, triomphante enfin dans sa lutte contre la dépendance (explication du titre : elle cherche à se détacher de sa dépendance à la drogue). Ni complaisance, ni moralisation : l'héroïne est un des éléments de l'univers du rock dans lequel elle travaille. Si elle tient à y échapper, c'est pour récupérer son fils confié à ses beaux-parents à la mort de son mari. La beauté des paysages canadiens (...) rendue sans effets de manche et qui accentue le caractère sinistre des évènements qui s'y déroulent, la justesse des rapports entretenus avec les grands-parents de l'enfant (avec une mention spéciale pour l'immense Nick Nolte), l'affection qui transparaît dans la manière de suivre constamment Maggie Cheung font de Clean un grand film spectaculaire et intime". (...) (Jeune cinéma, n° 290, été 2004)
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