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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

Old Boy de Park Chan-wook

 

 

Production (Corée du Sud)

Egg Film / Show East

Kim Dong-ju / Lim Syd. Prod. exéc. / Han Jae-duk / Kim Yuki

 

Scénario

Hwang Jo-yun / Lim Jun-hyung / Park Chan-wook

 

Directeur de la photographie : Chung Chung-hoon

Musique : Cho Young-uk

Son : Lee Seong-chul

Mixage : Lee Sang-wook

Costumes : Cho Sang-kyung

Montage : Kim Sang-bum

 

Casting

Choi Min-sik : Oh Dae-soo

Yoo Ji-tae : Lee Woo-jin

Gang Hye-jung : Mido

Kim Byoung-ok : M. Han

Chi Dae-han : No Joo-hwan

Oh Dal-su : Park Cheol-woong

Lee Seung-shin : Yoo Hyung-ja

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

 

 

Adrien Gombeaud : " (...) Park Chan-wook joue sur tous les codes de genres cinématographiques : espionnage, comédie, horreur, polar... Son oeuvre revendique à chaque plan l'artificialité, par des surimpressions et des peintures en trompe-l'oeil, par les couleurs badigeonnées sur des décors de plus en plus étranges, mais aussi par un dialogue très écrit qui coule, sophistiqué, poétique et incongru (...). Il ne s'agit pas uniquement de désamorcer une violence presque insupportable; il s'agit de nous montrer que ce monde est construit, voulu, contrôlé. Lorsque Oh Dae-su lève son marteau au-dessus de la tête de sa victime, les pointillés qui apparaissent sur l'écran nous rappellent qu'il n'est pas un homme libre de son geste,mais un jouet, pauvre polichinelle sorti d'une malle (...). Yoo Ji-tae se fait l'incarnation insolente du conteur tout-puissant, redoutable Monsieur Loyal de ce cirque, artiste, traître, méchant, drôle, intelligent, impitoyable, manipulateur et diablement séduisant. Conteur, chef d'orchestre... et metteur en scène bien sûr (...). Maître de notre esprit, double diabolique du réalisateur, l'illusionniste sadique nous fait danser au bout des ficelles de son intrigue ". (...) (Positif, n° 524, octobre 2004)

 

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Heike Hurst : " (...) Park Chan-woo a tourné un film brillant, violent, tendre, drôle par moments. Il constitue un mélange fascinant d'éléments très disparates pris dans des cultures voisines, car en adaptant un manga de Minegishi Nobuaki et Tsuchiya Garon, il fait des emprunts aux codes "culturels" des yakusas, où l'on se mutile pour admettre qu'on a commis une faute. D'autres moments du récit confirment que la morale dominante obéit aux règles du genre : on ne peut se battre seul contre un gang, à l'intérieur des structures, toute révolte esttoujours punie. Paradoxe et contradiction : la certitude que tout s'achète avec de l'argent pourrait s'inscrire en exergue et pourtant cette affirmation est constamment miseen échec par ce héros imprévisible, emblématique... à l'image de film emblématique de la Corée, entrée peut être trop brutalement dans la modernité". (Jeune cinéma, n° 291)

 

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Jean-Claude Loiseau : "Ce que Oh Dae-soo découvre pas à pas - et que nous découvrons avec lui - n'est qu'un reflet de son propre paysage mental fracturé. Et c'est ce qui hausse le film au-dessus de son intrigue. Park Chang-wook trouve constamment des solutions de cinéma inédites pour recréer le monde instable de son personnage (...). Le cinéaste a le talent de souffler le chaud et le froid. Le pessimisme le plus sombre gagne le film, mais c'est souvent une giclée d'humour noir féroce qui lui donne encore plus de relief. Et la violence latente n'est jamais que le contre-point à une vision romantique, lyrique d'un amour impossible et d'autant plus bouleversant. Il ya chez Park Chan-wook un vrai talent de contrebandier : sous les auspices d'un art populaire, balisé, spectaculaire, il distille les indices d'une crise existentielle subtile et profonde (...). (Télérama, n°2855, 29 septembre 2004).

 

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Thierry Méranger : " (...) Old Boy est d'abord un film ampoulé, qui s'englue dans sa rhétorique de l'excès (...). Fasciné par la vengeance, Park Chan-wook poursuit une réflexion (...) sur ce ressort majeur du cinéma d'action. C'est là, loin du bruit et de la fureur, que se situe la rédemption de Old Boy. Epuisant avec intelligence les virtualités du motif, le film médite, au bord de l'abyme, sur la finitude et l'enfermement (...). Impossible de deviner quand et pourquoi la vengeance s'achève. Impossible de la penser en dehors d'une spéculation (emboîtement de la "vengeance dans la vengeance" et jeux de miroirs) qui l'assimile aux châtiments infernaux de la mythologie antique". (...) (Cahiers du cinéma, n° 594, octobre 2004)

 

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Jean-François Rauger : " (...) Ce film devient singulier surtout parce que chacune des caractéristiques du genre y est poussée à un haut degré d'exarcerbation. Le rire y est particulièrement trivial, la violence d'un extrême réaliste (coups de marteau, langue coupée...), le mélodrame particulièrement pathétique. Old Boy condense des expériences du cinéma déjà éprouvées (on pense aux films de David Fincher, The Game et Fight Club) qu'il restitue sous la forme d'une oeuvre hybride et teigneuse mais finalement peu convaincante. La stylisation de la mise en scène, à la fois sophistiquée et pataude, cache mal le sentiment que tout obéit ici aux règles d'un mécanisme un peu froid. L'adhésion au film exige un goût d'une certaine forme de grotesque distancié qu'il est possible de ne pas partager. Enfin, la transgression d'un tabou qui clôt le film ne semble pas relever d'une véritable nécessité, sinon celle d'une simple astuce de scénario". (Le Monde, 29 septembre 2004).