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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

Le Bois lacté (Milchwald) de Christoph Hochhäusler

 

 

Production

Cine Image / Colonia Media / Fieber Film / Filmcontact / Schmidtz Katze Film

Clarens Grollmann / Mario Stefan

 

Scénario

Benjamin Heisenberg / Christoph Hochhäusler

 

Directeur de la photographie : Ali Olay Gözkaya

Musique : Benedikt Schiefer

Son : Thorsten Bolze

Costumes : Birgot Kilian

Direction artistique : Maximilian Lange

Montage : Gisela Zick

 

Casting

Miroslaw Baka : Kubak

Horst-Günter Marx : Josef

Judith Engel : Silvia

Sophie Charlotte Conrad : Lea

Leo Bruckmann : Constantin

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

 

Elisabeth Lequeret : " (...) La maison du Bois lacté offre au couple qui l'habite la blancheur et la convivialité d'un bloc opératoire. Sur ce luxe aseptisé plane un air de famine affective qui ne trompe pas : la marâtre en titre vient d'abandonner les enfants sur la route de l'école, non loin de la frontière polonaise, dans une forêt inconnue, séduisante et maléfique. Dès lors, le film s'engage sur la voie d'un road-movie à deux pistes. Celle des enfants qui tentent - vaguement - de retrouver la maison familiale; celle du père et de la belle-mère, partis - sans grand enthousiasme - à leur recherche. Le Bois lacté est un film sec (brusquerie des raccords, etc.), jouant peu l'empathie et obscurcissant sans relâche ses effets. Blanc et couleurs froides (beige, ocre, kaki) prédominent, en adéquation avec une bande originale lointainement inspirée de Ligeti (...). Peu à peu se dessine le portrait d'un pays que l'obsession perfectionniste confine à la folie, partagé entre culpabilité flottante et tentation du Mal". (...) (Cahiers du cinéma, n° 592)

 

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Jacques Mendelbaum : " (...) Le Bois lacté opère, sur un mode plus fictionnel, ce saisissant travail de retournement de l'industrie des loisirs et de l'imaginaire enfantin auquel s'est livré le cinéaste français Arnaud des Pallières dans Disneyland, mon vieux pays natal (...). Précise et apparemment dénuée d'affects, baignée d'une lumière blanche, située dans des lieux où rien ne semble devoir se fixer (maison inachevée, camionnette, relais routiers...), la mise en scène procède de cadrages au dépouillement très composé qui tendent à l'hyperréalisme, et d'une variation concertée des plans ayant pour effet d'alterner une tentative de proximité charnelle avec les personnages et de brusques retraits en vue générale qui forcent le regard à renoncer à cette tentative (...). Une autre vertu du Bois lacté est d'éviter à le pathos et la morale, d'opacifier les motifs des conduites humaines, de les dégraisser de toute psychologie, pour mieux instiller, au détour des gestes ou des actions les plus triviales, un sentiment diffus d'effroi, dans un univers qui semble définitivement régi par la banalité du mal (...). (Le Monde, 4 août 2004)

 

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Eithne O'Neill : " (...) Seule à l'écran la plupart du temps, grâce à la suprématie accordée à l'image, dans des montages parallèles, la belle-mère se love. Enfermée dans son imperméable, pareille à un automate, elle projette sa propre terreur sur son entourage. L'enfant "abandonnique" n'est autre qu'elle (...). L'effet subreptice des secrets et des silences est la matière première du Bois lacté. Du début à la fin, les évènements ne sont pas commentés par les enfants eux-mêmes. Ils réagissent en silence (...). La composition visuelle étudiée, faite d'ouverture sur le néant, reprend de ce mutisme les motifs majeurs, l'impasse de la non communication, la tristesse et l'étrangeté. L'escalier de la maison en chantier est drapé de cellophane (...). La gestuelle, l'expression des yeux que la caméra et la direction saisissent rappellent un leitmotiv des livres illustrés de Maurice Sendak ou Binette Schröeder, ainsi que Les Fraises sauvages : enfant, adulte en devenir qui regarde, les yeux écarquillés, de derrière un fût". (...) (Positif, n° 523)

 

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