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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

Melinda and Melinda de Woody Allen

 

 

Production

Letty Aronson / Helen Robin / Stephen Tenenbaum / Jack Rollins

 

Scénario

Woody Allen

 

Directeur de la photographie : Vilmos Zsigmond

Décors : Santo Loquasto

Costumes : Judy Ruskin Howell

Son : Gary Alper

Montage : Alisa Lepselter

 

Casting

Radha Mitchell : Melinda

Will Ferrell : Hobie

Chloë Sevigny : Laurel

Chiwetel Ejiofor : Ellis

Amanda Peet : Susan

Jonny Lee Miller : Lee

Brooke Smith : Cassie

Geoffry Nauffts : Bud

Josh Brolin : Greg

Vinessa Shaw : Stacey

Wallace Shawn : Sy

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

 

Raphaël Bassan : "Avec son dernier opus Woody Allen nous offre en quelque manière un traité poétique (...). Deux histoires partiellement différentes vont donc se tisser sous nos yeux, chacun des auteurs faisant rebondir, à des moments critiques, l'intrigue du côté comique ou du côté tragique. Woody Allen (...) recentre et ordonne son univers et ses thèmes. De prime abord Melinda and Melinda pourrait sans doute passer pour un exercice de style ou l'équivalent d'une série de vocalises. Mais en y regardant de plus près, on s'aperçoit que, depuis Annie Hall (1977), les drames ou comédies dramatiques du cinéaste new-yorkais étaient autant de coups de sonde dans sa propre histoire et dans celle de sa ville, l'auteur pratiquant la distanciation sans en avoir l'air, d'une façon plus ludique que didactique. A certains égards on pourrait dire que Melinda and Melinda est le plus godardien des films d'Allen. Fond, formes, intrigues, réflexions sur les notions de comique et de tragique renvoient à un immense, un boulimique portrait du cinéaste". (...) (Europe, n° 909-910, janvier-février 2005)

 

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Charlotte Garçon : " (...) Le dispositif piège ses personnages (et non ses acteurs, bien filmés) par les deux bouts. Côté passé, parce qu'ils sont les pâles copies d'originaux alléniens inoubliables. Côté récit, parce que la structure les désincarne, les réduit au statut d'illustrations de propos de table sur l'art et la vie, l'amour c'est gai l'amour c'est triste, check please. Ces dernières années la force d'Allen fut de croiser tragédie et comédie sans souci d'estampille, l'autodépréciation oscillant entre désespoir et arme de séduction. Dans Melinda, le dédoublement commande platement à la photographie, Vilmos Zsigmond baissant la lumière d'un ton dans la trame tragique, plus statique (...). (Cahiers du cinéma, n° 597, janvier 2005)

 

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Alain Masson : " (...) Ni comédie ni tragédie, le film récuse toute règle. Le récit que Melinda T fait à Ellis ressortit bien, dirait-on, au tragique : comme passé fatal, tirade narrative, aveu. Mais l'héroïne affirme que nul destin, nulle passion ne l'emportait, et garde un ton de sérénité contrite, assumant une culpabilité plus penaude que tourmentée. Qu'un épisode T reprenne d'un passage C un détail indifférent, lieu ou métier, ou même un motif tranchant, comme lorsqu'un jaloux surprend une infidélité, ce n'est donc qu'un jeu ? Ce serait déjà beau : les variations sont nombreuses et inventives. Onze fois, nous passons d'un registre à l'autre; tantôt la comédie, tantôt la tragédie lance le thème, le degré de compatibilité entre les deux histoires est inconstant. Mieux vaut se fier à ce qu'on voit qu'à ce que, désarçonnés et perplexes, nous composons d'un récit triste ou gai. Prendre garde aux transitions et au jeu plutôt qu'à l'antithèse théorique et aux prétextes du dispositif (...). La liberté romanesque, la richesse narrative déjouant ses calculs, le spectateur ne peut trier : tragique et comique, trouve ainsi son unité le monde où nous comprenons Melinda". (...). (Positif, n° 527)

 

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Pierre Murat : " (...) Sujet en or, déjà illustré dans les années 50 par Julien Duvivier dans La Fête à Henriette. Très curieusement, la dichotomie entre le noir et le rose - essentielle pour les deux auteurs que Woody Allen a imaginés - n'intéresse pas vraiment le cinéaste, soucieux au contraire d'insuffler constamment de l'humour dans le destin de Melinda la tragique et un soupçon de gravité dans celui de Melinda la fantaisiste. D'où ce rythme indolent auquel le grand Woody des années 80-90 ne nous avait pas habitués. C'est que, pour lui, de toute évidence, on est tous pareils, que l'on traverse sa vie en souriant ou en se tordant de douleur. On se trompe les uns les autres, on se trompe sur l'autre et sur soi (...). Dans ce conte où il sème, tel le Petit Poucet, des points communs entre ses deux histoires, Woody confirme, une fois encore, son éternelle misanthropie puisque, comme dit l'un des personnages, "tout ce qui est prometteur finit à la décharge" (...). Les émois de ses personnages, qui ne sont plus guère que des silhouettes, deviennent à chaque film, plus dérisoires. Puisqu'il suffit d'un simple claquement de doigts pour que tout s'arrête. Et que le noir se fasse sur l'écran". (Télérama, 12 janvier 2005)

 

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Bernard Nave : " Le titre en miroir reprend une figure de dualité que Woody Allen a maintes fois affichée : Crimes et délits, Maris et femmes, Ombres et brouillard, Accords et désaccords. Tout autant que les titres, ce sont les sujets, les personnages qui mettent en jeu la complexité de l'univers allenien. Dans tous les films qui comptent vraiment dans sa filmographie, il explore les diverses facettes d'une réalité ou d'un imaginaire qui s'articule sur des figures de doubles (...). Melinda and Melinda ressasse les obsessions alleniennes sur les rapports hommes-femmes, la bourgeoisie intellectuelle new-yorkaise, etc. On connaît par coeur ce répertoire de situations, de personnages dans lequel, malheureusement, Woody Allen ne parvient pas à se renouveler vraiment. D'où cette sensation que la bonne idée de départ s'enlise dans le déjà vu". (...) (Jeune cinéma, n° 293)

 

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Thomas Sotinel : " (...) Woody Allen entreprend de montrer que, parmi les vertus combinées du scénario, de la direction d'acteurs et de la mise en scène, on parviendra à faire de deux histoires interchangeables, deux objets distincts, même si le montage les mêle étroitement tout au long de la projection. Objet moins maniable que le film, la critique est ici forcée de se diviser en deux et d'aborder successivement comédie et tragédie. Dans la première, Melinda sème le trouble chez ses voisins, s'attaquant presque involontairement au coeur de Hobie, acteur dont la carrière progresse plus péniblement que celle de sa femme, réalisatrice de cinéma plus jeune, plus ambitieuse (...). Pendant ce temps, dans le Village, Melinda dévoile la tragédie qui l'a tenue éloignée de New York et s'insinue dans la vie de Laurel (Chloé Sevigny) pendant que les deux femmes sont attirées par un beau musicien (Chitewel Ejiofor, qui a ainsi le privilège de devenir le premier acteur d'origine africaine à tenir un rôle de premier plan dans un film de Woody Allen). Ici, le jeu des sentiments est mis en scène avec plus de distance si bien que le paroxysme final paraît d'autant plus douloureux". (...) (Le Monde, 12 janvier 2005)

 

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A lire également

 

- L'étude du film par Yannick Rolandeau, en ligne sur le site www.horschamp.qc.ca