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Les Temps qui changent d'André Téchiné
Scénario
André Téchiné / Laurent Guyot / Pascal Bonitzer
Casting
Catherine Deneuve : Cécile
Gérard Depardieu : Antoine
Gilbert Melki : Natan
Malik Zidi : Sami
Lubna Azabal : Nadia / Aïcha
Tanya Lopert : Rachel
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Louis Guichard : "Dans Les Temps qui changent, tout est mouvement, érosion, embardée ou éboulement - y compris de terrain. Les lignes de vies croisées ou décroisées des personnages en témoignent intensément (...). Dans sa précision, sa générosité, le film épouse le vacilleme,nt de chacun, mais ne laisse chuter personne. Ce principe de mouvement perpétuel, qui sépare les uns des autres, la réalité des illusions, et le présent du passé, Téchiné en fait résolument l'éloge. Tant mieux si les temps changent. A coups de nuits en ville ou de dérives sur les falaises, à la faveur d'une panne d'essence ou d'une morsure de chien, chaque personnage est conduit à retrouver, fût-ce à titre provisoire, le fil de son désir et celui de ses sentiments. Voire à oser marquer la différence entre les deux (...). De façon inédite, Téchiné filme Catherine Deneuve pendant les trois quarts du temps comme la figure un peu limitée du refus et de la raison, avant de lui restituer in extremis ce statut d'héroïne fëlée qu'il a inventée pour elle il y a plus de vingt ans. Or c'est de cette conversion si tardive et soudaine que jaillit la plus vive émotion. Voilà aussi en quoi sont tenues les promesses du titre". (Télérama, 15 décembre 2004)
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Gérard Lefort : "Les Temps qui changent est un grand film de la seconde chance. Celle que Téchiné et ses coscénaristes Laurent Guyot et Pascal Bonitzer, donnent aux personnages et surtout aux acteurs principaux (...). (Cécile et Antoine) ont en commun un sentiment de la vie comme possibilité ratée. Il mène sa vie d'un désespoir tranquille tandis qu'elle, avec beaucoup plus de bruit, de fureur, de mari fugitif et de fils "à problèmes" se distrait, s'oublie (...). Ces deux-là se sont déjà trouvés et d'une certaine façon, positive, il ne leur reste plus qu'à se perdre. C'est-à-dire se débarasser des exigences de conformité qui de toutes parts les (nous) assaillent. C'est une nausée face à la manière éperdue dont l'humain vit aujourd'hui. C'est un combat contre la mélancolie. Et dans le même mouvement de dégoût, Les Temps qui changent instille le sentiment qu'on peut échapper à la perte (...). Quand, à la fin, Antoine se réveille du coma où un accident l'a plongé, les doigts de Cécile caressent sa main. Le soleil de la passion s'est peut être couché mais le ciel de leur vie en est toujours illuminé. Les Temps qui changent est un film de renaissance. Son crépuscule est un aurore" (Libération, 15 décembre 2004)