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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

Le château ambulant de Hayao Miyazaki

 

 

Production (Japon)

Toshio Susuzi

Seijo Okuda / Ryoichi Kukuyama

Tokuma Shoten/Studios Ghibli / NTV / Dentsu / Buenavista Home Entertainment / Mitsubishi Shoji / Toho

 

Scénario

Hayao Miyazaki, d'après le roman de Diana Wynne Jones

 

Musique : Joe Hisaishi ( chanson interp. par Chieko Baisho)

Son : Kazuhiro Hayashi

Effets sonores : Toru Nogushi

Montage : Takeshi Seyama

Mixage et enregistrement : Shuji Inoue

Contrôle animation : Akihiko Yamashita / Takeshi Inamura / Kitaro Kosaka

Chef coloriste : Mishiyo Yasuda

Animation numérique : Mitsunori Kataama

Imagerie numérique : Atsushi Okui

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

Catherine Axelrad : " (...) Une même porte de ce Château magique permet d'accéder à trois sorties différentes. La porte du Port conduit à un univers maritime d'inspiration britannique. La porte Kingsbury s'ouvre sur la ville, et quelle ville ! Réjouissons-nous, nous qui croyons la vieille Europe vouée à disparaître : déjà esquissée dans certains décors du Royaume des chats, elle nous est aujourd'hui offerte dans toute sa splendeur par un puissant démiurge qui rebâtit les façades baroques de Bruxelles, Prague et Strasbourg, autour d'une place pavée où les omnibus à cheval se déplacent au rythme d'une valse de Vienne, et cependant envahie par les abondantes fumées de la modernisation. Mais la dernière porte, plus secrète, conduit à la scène originelle de ce film aussi hétéroclite et bienfaisant que le Château lui-même, dans les paysages fleuris de l'enfance japonaise, au bord d'une rivière où, comme à la fin de Rêves de Kurosawa, le bonheur perdu se retrouve dans le mouvement paisible et régulier de la roue d'un moulin à eau ". (Positif, n° 527, janvier 2005)

 

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Vincent Malausa : " (...) Fusion et profusion sont les moteurs de cette course contre le vide. Fusion des vitesses et des formes (...), fusion des espaces et des lieux (...), fusion des âges surtout, et c'est sans doute la plus belle idée du film : Sophie change indifféremment d'apparence (16 ou 85 ans) selon que la séquence réclame candeur ou sagesse. Modifications le plus souvent imperceptibles, dissimulés au coin d'un plan et échappant à tout jugement comme si le personnage s'était libéré une fois pour toutes de l'espace et du temps (...). Dans Le Château ambulant le lien du récit demeure à l'état de traces ou de bribes, entrant à son tour dans cette ronde cosmique où l'on déplace des montagnes pour revenir à l'harmonie par un petit frisson d'aile. Qui est coupable, qui ne l'est pas ? Tout le monde et personne (...). Un coeur en remplace un autre, tout ce qui manque est immédiatement comblé, corps, lieux, époques sont autant de réserves à remplir". (...) (Cahiers du cinéma, n° 597, janvier 2005)

 

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Cécile Mury : " (...) Répétés comme des incantations poétiques, ces motifs familiers n'induisent pourtant aucun sentiment de déjà-vu. Jamais un dessin animé n'a évoqué la vieillesse, par exemple, avec une telle poésie, une telle tendresse goguenarde. L'audace est partout, juxtaposant les séquences burlesques (un chien espion aux allures de Droopy magicien) avec la violence onirique d'une bataille aérienne. Miyazaki subvertit allègrement les clichés du conte de fées. Qui d'autre ferait de son séduisant héros un paumé se couvrant, quand il est déprimé, d'un immonde liquide verdâtre ? L'amour qui lie le magicien à Sophie est, lui aussi, aux antipodes de toute manière disneyenne (...). On flotte sans cesse entre poésie surréaliste, conte sentimental et pépites de cruauté insolites (...). Fluide, débordant de trouvailles ébouriffantes, entre l'esthétique rétro futuriste des machines et la limpidité des paysages, le dessin est à la hauteur du récit. L'imagination y déborde sur le trait, dans le style inimitable de Miyazaki, jouant des codes du manga pour mieux se les approprier et les magnifier (...) (Télérama, 12 janvier 2005)

 

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Didier Péron : " (...) Le Château ambulant est le parachèvement baroque de Miyazaki, un film où l'histoire compte moins que sa capacité à précipiter les personnages et le spectateur dans une fantastique combinatoire à géométrie variable. Le film tourbillonne sur lui-même (...). Manège d'enfance effarée, foreuse-hélicoptère, objet hypnotique multifacettes, toupie neuronale, Le Château ambulant se désarticule, se reconstruit sans cesse, les lignes bavent, se maculent de taches, la méchante sorcière gonflée d'importance se ratatine soudain tandis que le prince play-boy se couvre de plumes noires éclaboussées de sang et fend le ciel nocturne tel un démon échappé d'un cauchemar d'Edgar Allan Poe (...). Miyazaki est connu pour sa capacité colossale de travail. Mais jamais cette frénésie ne s'était libérée avec une telle joie combustible que dans ce nouvel opus brassant nombre de références secrètes du maître (...). Privilégiant hier une sorte de "ligne claire" nippone euphorisante, le cinéaste tend cette fois vers une esthétique de la saturation (...) (Libération, 12 janvier 2005)

 

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Thomas Sotinel : " (...) Contrairement à ce qui se passait dans Le voyage de Chihiro, il n'y a pas de frontière entre les mondes, le quotidien coexiste avec le merveilleux (...) et l'élaboration graphique la plus complexe (le château ambulant) voisine dans le même plan avec les figures un peu désuètes des feuilletons télévisés fabriqués jadis pour la télévision (...). Bientôt l'action se transporte dans une ville étrange (...). Ce n'est pas un syncrétisme crétin qui a bâti cette ville mais une entreprise systématique de dilution de la réalité dans les fantasmes et les désirs (...). Chacune des tribulations de Sophie commence comme un épisode épique, une épreuve à surmonter (...) mais ces moments sont subvertis par l'illogisme du rêve - les personnages changent, les décors muent. De même, la continuité du film ne tient aucun compte de la logique narrative pour céder au principe de libre association, pour laisser en permanence régner une délicieuse incertitude qui exalte les surprises presque jusqu'à les abolir, une fois qu'on s'est rendu à la loi du rêve". (...) (Le Monde, 12 janvier 2005)

 

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A lire également

- L'entretien réalisé par Didier Péron avec Hayao Miyazaki, paru dans le numéro du 12 janvier 2005 de Libération