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Sideways d'Alexander Payne
Production
Michael London / George Parra (copr.)
Scénario
Alexander Payne / Jim Taylor
d'après le roman de Rex Pickett
Directeur de la photographie : Phedon Papamichael
Musique : Rolf Kent
Décors : Jane Ann Stewart
Costumes : Wendy Chuck
Montage : Kevin Tent
Casting
Paul Giamatti : Miles
Thomas Haden Church : Jack
Virginia Madsen : Maya
Sandra Oh : Stéphanie
Marylouise Burke : la mère de Miles
Jessica Hecht : Victoria
Missy Doty : Cammi
McGainey : le mari de Cammi
Alysa Reiner : Christine
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Jean-Luc Douin: " (...) On notera chez Alexander Payne une différence notable dans sa perception du paysage social, selon les sexes. Les deux femmes rencontrées sur la route des bouquets d'arômes manifestent à tous points de vue un tempérament de feu (on n'est pas près de Santa Barbara pour rien), qui se traduit essentiellement par leur détermination à ne pas s'en laisser conter. Elles campent sur des principes dont Alexander Payne déplore par ailleurs la disparition chez ses deux mâles en goguette, individus sans repères, l'un piquant sans scrupule les économies de sa vieille mère et abusant de ce nectar dont il prône la haute valeur culturelle, l'autre s'égayant sans mesures d'un lit à l'autre au risque d'égarer sa bague de mariage et son portefeuille. C'est là que la comparaison avec Western trouve sa limite et que le film de Payne s'affirme si critique envers l'état des moeurs américaines. Sideways met l'accent sur une incapacité à retrouver la route du Home sweet home tout comme à valoriser les vertus dionysiaques. Le vin et l'amour y sont bafoués par des porcs qui ne pensent qu'ivresse et copulation. Mais ce qui fait le suc de cette chronique de vacances de deux jouisseurs désorientés, c'est son arrière-plan viticole". (...) (Le Monde, 9 février 2005)
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Charlotte Garson : " (...) Sideways gagnerait à être lu comme l'épopée d'un combat entre high brow (haute culture) mis KO et low brow (basse culture) triomphant : lexique du vin contre pubs télés connues par coeur, pique-nique champêtre contre resto-grills, etc. La sensibilité palatale fonctionne comme métaphore d'un tempérament "artiste" en voie de disparition sur la côte Ouest. Aimer le vin,le garder en bouche avant que de déglutir, c'est tenter d'être moins con que ses compatriotes. Ce cliché élitiste ou bio dans lequel se mire le "petit" cinéma US a le mérite de pointer un phénomène sociologique bien plus tragique, la séparation des langages qui divise la classe moyenne américaine (...). Mais de cette brèche qui est peut-être deuil, guerre, folie ou mixité salvatrice, pas trace ici. Modestement "oscarisable", Sideways a beau promettre la tangente, il reste, comme on dit au pays du pinot, très "middle of the road". (Cahiers du cinéma, n° 598)
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Louis Guichard : " (...) Commencé à la façon d'un buddy movie - un film de potes - genre masculin par excellence, Sideways se cristallise avec l'apparition de deux femmes sédentaires, célibataires et amies. Stéphanie la brune est serveuse dans un chai, Maya la blonde, sommelière. Le vin aidant - à la fois comme sujet de conversation et comme euphorisant - un quatuor se forme. Jack parvient très vite à ses fins avec Stéphanie tandis que Miles, toujours au trente-sixième dessous, entame un dialogue savant avec Maya, une vraie joute entre oenologues distingués. Mais une joute qu'Alexander Payne filme comme un vibrant rituel de séduction, dans la grande tradition hollywoodienne. Voilà la réussite du film, si humble soit-elle : croiser harmonieusement des registres contradictoires, jouer à la fois sur le ridicule et sur un reliquat insoluble de romantisme, de candeur sentimentale. Autour de Jack le tombeur, un autre mélange de tonalités s'opère. Plus le récit avance, plus le personnage se prend les pieds dans le tapis de ses stratagèmes dérisoires. Il devient un corps burlesque, un punching-ball. Une mécanique folle qui, malgré les coups et les blessures, continue la drague, quitte à revoir ses prétentions à la baisse. Ce faisant, il est aussi de plus en plus émouvant, dans ce rut compulsif qui est aussi un combat essoufflé contre le déclin. Sans rien révolutionner, Sideways offre ainsi une synthèse savoureuse de quelques pans bien-aimés de cinéma américain". (...) (Télérama, 9 février 2005)
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Alain Masson : " (...) Film de route, l'ouvrage est aussi un film d'initiation : Miles veut faire entrer Jack dans le monde complexe du vin et Jack entend faire découvrir à Miles les joies du sexe pur. Mais on comprend vite que ces deux tentatives sont vouées à l'échec. Et c'est l'état irréparable où la mise en scène maintient la disparate entre les plans rapprochés et les plans d'ensemble qui l'établit. A la résistance immobile d'un monde indifférent, charmeur ou délicieux, beau ou artificieux, sincère ou captieux, comment l'inconstance des visages humains pourrait-elle s'ajuster ? Tout simplement en devenant sensible, perméable à ces matières (...). Un vif contraste sépare les deux personnages : l'interprétation tourmentée et nuancée de Paul Giamatti épouse la personnalité complexe, timide et sentimentale de Miles, tandis que les gestes plus vifs, les mines plus ouvertes, le rythme plus dru de Thomas Haden Church transpose les élans impudiques de Jack, parfois jusqu'à la pitrerie, avec ce masque de clown dont il est affublé à la fin du film (...). (Positif, n° 528)
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Stéphanie Willette : " Sideways est dans la même mouvance que Lost in Translation. Ce ne sont pas des films amusants mais ils ont des passages hilarants: ce ne sont pas des films dramatiques mais il y règne une certaine nostalgie; ce sont tout simplement des films qui parlent d'une période de l'existence des personnages, un moment où quelque chose change dans leur façon de voir la vie. Ces deux films jouent également sur l'opposition des héros et dévoilent le lien qui les unit (...). L'indolence de Thomas Haden Church et l'agitation de Paul Giamatti sont justes, tout comme le calme majestueux de Virginia Madsen. Les connaisseurs prendront plaisir à goûter les conversations sur les vins; le temps magnifique et les vues superbes de cette partie de la Californie, loin des villes et de la mer, sont dépaysants. Sideways pourrait désigner ici les chemins de traverse, ceux qu'on emprunte en prenant son temps". (...) (Jeune cinéma, n° 295)
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