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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

 

Monster de Patty Jenkins

 

 

Production

Newmarket Films / K/W Productions / Denver and Delilah Films

Charlize Theron / Mark Damon / Clark Peterson / Donald Kushner / Brad Wyman

 

Scénario

Patty Jenkins

 

Directeur de la photographie : Steven Bernstein

Musique : BT. Prod

Décors : Edward T. McAvoy

Montage : Jane Kurson / Arthur Coburn

 

Casting

Charlize Theron : Aileen Wuormos

Christina Ricci : Selby Wall

Bruce Dern : Thomas

Scott Wilson : Horton

Pruitt Taylor Vince : Gene

Lee Tergesen : Vincent Corey

Annie Corley : Donna Tentler

 

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D'un regard l'autre

Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.

 

 

 

Stéphane Delorme : " (...) L'attraction principale est évidemment Charlize Théron (...). Elle envisage son personnage moins comme un rôle à jouer que comme une cause à défendre. Le jeu se transforme en performance, la performance en plaidoyer (...). L'actrice devient proprement monstrueuse, esquissant la métamorphose que le film n'assume jamais jusqu'au bout : faire du monstre social un monstre fantastique (...). Le monster est davantage traité en freak, anomalie d'autant plus rassurante qu'elle est pathétique et plutôt ridicule. En revanche la vraie bonne idée du film est de flanquer une Christina Ricci minuscule à la géante Charlize Théron. Ce drôle de couple est même très touchant, au début, lorsque Ricci, bras dans le plâtre, s'endort à côté de sa nouvelle amie comme auprès d'une grande poupée. Le monstre, c'est elle, rejeton de la famille Adams, petite teigne vindicative et gâtée (...) (Cahiers du cinéma, n° 589, avril 2004)

 

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Jacques Mandelbaum : " (...) Monster est en un mot une histoire de vaincus dont la fuite en avant et la descente aux enfers renvoient l'image d'une Amérique damnée. Monster, c'est, pour reprendre le titre d'un autre film, français celui-là, qui se confronte cette semaine à la question de la marginalité, l'Amérique wild side, sans providence, sans beauté, sans rachat (...). Filmé dans les espaces du rêve américain tel que le désespoir de le décrocher un jour le défigure - routes, voitures, bars, motels, fête foraine -, Monster est aussi et surtout l'occasion de mettre en valeur les deux actrices qui le servent, jusque dans le grotesque finalement attendrissant que forme leur couple improbable (...). Le travail de Charlise Theron - belle transformée en bête - rejoint, fondamentalement, l'oeuvre du film qui, sous un seul et même visage, dévoile ensemble les deux faces de ce Janus, mi-ange, mi-démon, qu'on nomme l'Amérique". (Le Monde, 14 avril 2004)

 

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Philippe Rouyer : "Il existe deux catégories de films de serial killer. Ceux qui réduisent le tueur à ses actes pour n'en garder qu'une figure fantasmatique du cinéma de genre. Ceux qui entreprennent de brosser le portrait authentique d'un assassin et de la société qui l'a produit. Le premier long métrage écrit et réalisé par l'Américaine Patty Jenkins, inspiré de l'histoire vraie d'Aileen Wuornos condamnée à mort pour sept meurtres commis entre 1898 et 1990, appartient à ce second groupe (...). Le choix de faire commenter l'action par la voix off de l'héroïne suggère un parallèle avec La Ballade sauvage. Sauf qu'aux délires naïfs de Holly (Sissi Spacek) chez Terrence Malick répond, chez Patty Jenkins, le discours désenchanté d'Aileen (...). Patty Jenkins se place en dehors de la morale. Elle ne cherche ni à excuser ni à lancer des anathèmes, elle essaie juste de comprendre comment une jeune femme est devenue "la première tueuse en série d'Amérique" (...). La mise en scène est volontairement discrète. La froide photogénie des bretelles d'autoroute et des chambres de motel ramène cette odyssée de la mort aux dimensions d'un fait divers. La sécheresse du trait (qui garantit l'absence de complaisance dans la représentation des meurtres) confère à l'ensemble l'efficacité des meilleurs films noirs d'antan". (...) (Positif, n° 518, avril 2004)

 

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A lire également :

1/ L'entretien avec Charlize Théron, réalisé par Isabelle Régnier (Le Monde daté du 14 avril 2004)

2/ L'entretien avec Patty Jenkins, réalisé par Michael Henry (Positif, n° 518, avril 2004)

 

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