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Gerry de Gus Van Sant
(Film réalisé en 2002. Sortie en France en mars 2004)
Production
Miramax
Danny Wolf
Scénario Casey Affleck / Matt Damon / Gus Van Sant
Directeur de la photographie : Harris Savides
Musique : Arvo Pärt
Montage : Paul Zucker
Casting
Casey Affleck : Gerry
Matt Damon : Gerry
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Stéphane Delorme : " (...) Gerry inaugure le travail sur les durées que Gus van Sant prolongera l'année suivante avec Elephant (...). Gerry déborde la virée contemplative sixties, tel Easy Rider où les motards traversent les Etats-Unis pour en dévoiler toutes les beautés. Ce corps calciné n'est pas celui de l'Amérique. Gerry est ailleurs, du côté de la planète perdue de La Région centrale de Michael Snow, pour son absonu dépaysement, les deux films arrachant au relief du paysage, pour le rendre à son indétermination originelle. Jamais personne n'est passé par là, c'est peut-être la première vie, ou la dernière, dans l'univers. Et inversement, ce paysage dépaysé vient aussi d'ailleurs, des glissements du monde de l'univers virtuel, où les figures passent sans coup férir d'un décor à l'autre (...). Gerry raconte une histoire de fraternité qui touche profondément au processus d'inspiration du cinéaste qui fonctionne par fratries (...)". (Cahiers du cinéma, n° 588, mars 2004)
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Jean-Christophe Ferrari : " (...) Bien qu'il suive les pas de deux jommes traversant le désert, Gerry n'est pas un film sur l'errance. C'est-à-dire sur la quête indéfinie et existentielle d'un objet indéterminé et sunonyme de rédemption (comme dans My Own Private Idaho et Drugstore Cowboy). (...) Gerry n'est pas un road movie, comme l'atteste la façon hilare dont est détournée l'expression "Barreling down the road". Gerry n'est pas non plus un film sur la perte au sens où la désorientation topographique dirait l'égarement identitaire d'un individu ou d'un peuple (...). Gerry n'est pas un film expérimental si on entend par là le rendu de l'expérience sensible. Le désert est le lieu du désastre. Non pas un désastre individuel mais un désastre immémorial. Quelque chose de terrifiant qui, comme dans Elephant, n'est pas du ressort de la fatalité, d'une quelconque détermination psychologique ou morale, mais plutôt le fait d'une "obscure clarté", d'une manière de transparence crépusculaire et évidée du monde. Une transparence "au clair de lune". Une transparence insondable des choses". (...) (Positif, n° 517, mars 2004)
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Heike Hurst : " (...) Le cinéma, c'est l'illusion du vrai, la sensation du réel, du vécu. Gerry est un film d'illusion, un film hallucinant et hallucinatoire sur le mirage : mirage de l'autre qui serait le même, puisque les Gerry sont deux. Gus van Sant et les deux acteurs sont par ailleurs les scénaristes du film. Film sur l'autre, le double de soi et sur l'illusion de venir au bout de cette épreuve sans dommages... Film sur l'ignorance de la force qu'il faut pour les épreuves de force; film sur les sensations physiques du manque qui mènent à une expérience sensorielle quasi métaphysique dont parlent tous les grévistes de la faim. Quand ils seront à bout de force, ils auront effectivement l'illusion de voir ce qu'ils désirent, une route, une voie qui les sorte de là. L'étreinte mortelle est filmée comme une étreinte amoureuse. Un film saisissant de force et d'ambivalence". (Jeune cinéma, n° 288)
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