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Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet
Production
2003 Productions / Warner Bros. France / Tapioca Films / TF1 Films Productions
Jean-Lou Monthieux
Scénario
Jean-Pierre Jeunet / Guillaume Laurant
d'après le roman de Sébastien Japrisot
Directeur de la photographie : Bruno Delbonnel
Musique : Angelo Badalamenti
Son : Jean Umansky
Décors : Aline Bonetto
Costumes : Madeline Fontaine
Montage : Hervé Schneid
Casting
Audrey Tatou : Mathilde
Gaspard Ulliel : Manech
Jean-Pierre Becker : lieutenant Esperanza
Dominique Bettenfeld : Ange Bassignano
Clovis Cornillac : Benoît Notre-Dame
Marion Cotillard : Tina Lombardi
Jean-Pierre Darroussin : Benjamin Gordes
Julie Depardieu : Véronique Passavant
Jean-Claude Dreyfus : commandant Lavrouye
Albert Dupontel : Célestin Poux
André Dussollier : Pierre-Marie Rouvières
Jodie Foster : Elodie Gordes
Ticky Hogaldo : Germain Pire
Tcheky Karyo : capitaine Favourier
Jérôme Kircher : Bastoche
Denis Lavant : Six Sous
François Levantal : Thouvenel
Chantal Neuwirth : Bénédicte
Dominique Pinon : Sylvain
Jean-Paul Rouve : le facteur
Michel Vuillermoz : P'tit Louis
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D'un regard l'autre
Une sélection d'extraits des critiques de ce film parues dans les principaux quotidiens, périodiques et revues de cinéma francophones. Ces extraits sont présentés suivant l'ordre alphabétique des patronymes. Ils sont accompagnés de leur référence afin de permettre au lecteur de se reporter à l'intégralité du texte. Tous droits réservés des auteurs cités.
Philippe Azoury et Gérard Lefort : " (...) Un long dimanche de fiançailles, c'est la guerre des tranchées conjuguée à un drôle de présent de l'indicatif qui fait qu'on se pose la question de la soumission d'une génération promise à l'abattoir, moins "chair" que "chair à canon". Cette fameuse association monstre prend une certaine ampleur quand on sait certaines marottes de Jeunet : chair ef fer, homme et machine, assourdissement des obus et silence radio des supposés disparus, autant de croisements "contre-nature" capables de produire le trouble maximum. Dieu que la guerre était jolie ? D'où jubilation du metteur en scène qui, fort d'un budget illimité (...) balaie tous les champs du possible au cinéma, reconstituant "à l'identique" les tranchées de la Somme en à peine plus large ou, au contraire, repeignant à la palette graphique le monde de l'arrière. Dépense somptuaire et souvent somptueuse... (...). A ce titre hautement ludique le réalisme n'a aucune importance". (...) (Libération, 27 octobre 2004)
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Emmanuel Burdeau : " (...) Alternent ici vues réelles, archives bidonnées, manipulations informatiques, animations parfois superbes (...). Devenu écran d'ordinateur l'écran de cinéma devient ou redevient par la même occasion page d'écriture ouverte à tous les signes - lettres, graviers, dessins, fumée. Ainsi se consolide l'hypothèse qu'une des destinations du numérique est le retour à un certain primitivisme, le paradoxe de la récréation d'un vieux monde entièrement voué à l'ivresse du mécanique : soudure et menuiserie, Zeppelin et tour Eiffel, fauteuil roulant et main en bois. Paradoxe fécond qui ramène dans l'image, malgré l'éternelle laideur du tout-numériquen un rêve de film machiné en direct à la fois sophistiqué et rudimentaire (...). Bien sûr on n'oublie pas quel désastreux fantasme politique peut s'alimenter à un tel goût pour la bidouille. On n'oublie pas Amélie. Reste que Un long dimanche de fiançailles, hormis le raccourci toujours tendancieux de considérer 14-18 sous l'angle exclusif du romanesque". (...) (Cahiers du cinéma, n°595, novembre 2005)
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Jean-Luc Douin : " (...) Héroïne d'un roman que Sébastien Japrisot mit des années à construire, après s'être imbibé des récits de Maurice Genevoix, Roland Dorgelès, Gabriel Chevallier ou Henri Barbusse, Mathilde incarne l'innocence et le foi, en même temps qu'elle personnifie la résolution des historiens à exhumer une vérité historique cachée (...). Entre (petites) réserves et (gros) compliments, le reproche majeur que l'on porrait faire à cet exigeant divertissement tient à son déficit d'émotion. Jean-Pierre Jeunet s'enorgueillit à juste titre d'avoir repoussé les effets tire-larmes, mais d'où vient que la quête de Mathilde reste plus ludique que vitale ? Peut-être d'une esthétique qui cultive l'enjolivement, nous éloigne du réel, ôte tout caractère poignant à des évocations qui renvoient à un légitime amour du chromo, du graffiti, du bric-à-brac de brocante. Cinéaste aux pulsions de graphiste, Jeunet lorgne vers Tardi quand il reconstitue 14-18, aligne comme des soldats de plomb une rangée de personnages au profil surligné qu'il fait interpréter par des comédiens à trogne". (...) (Le Monde, 27 octobre 2004)
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Pierre Eisenreich : " (...) Le cinéaste ne filme pas uniquement la voix intérieure du personnage, il confronte le spectateur à l'imaginaire du protagoniste et à son évocation par ce dernier. Le narrateur et son récit peuvent figurer dans le même plan. Ce dédoublement des instrospections renoue en fait avec une grande idée cinématographique, celle de l'écran vampirique. Le souvenir apparaissant à l'image absorbe l'interprète conteur, et vice versa. Quoi de plus logique pour mettre en scène l'obstination de Mathilde à retrouver des morts présumés de la Première Guerre mondiale (...). Les tranchées sont dépeintes avec un réalisme très graphique, sorte d'amplification de la reconstitution, digne du poids pictural de Marcel Gromaire et de son tableau sur les poilus La Guerre (1925). Le cinéaste a la volonté de donner une expérience du carnage. La conscience historique n'est pas loin (...). La violence est évoquée avec une telle intensité qu'elle sidère par son inhumanité (...). Jean-Pierre Jeunet propose aussi un regard sur la France de Poincaré dont l'aspect lyrique, voire pittoresque, ne l'empêche pas d'élaborer une subtile analyse politique et symbolique de l'Etat et de ses carences (...). Le jeu des acteurs renoue, quant à lui, avec l'expressivité des années 30". intérieures (...) Aucun pathos n'accompagne les interprétations. Elles n'existent et ne trouvent leur force qu'au travers des grands lignes graphiques et sonores de la mise en scène". (...) (Positif, n° 525, novembre 2004)
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A lire également
- L'entretien avec Jean-Pierre Jeunet, réalisé par Philippe Rouyer et Claire Vassé et paru dans le numéro 525 de la revue Positif
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