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Retour à la rubrique : Les films de l'année 2004

 

 

21 Grams d'Alejandro Gonzalez Inarritu

 

 

Production

This is That Production Y Productions

 

Scénario

Guillermo Arriaga, d'après une histoire de G. Arriaga et A.G. Inarritu

 

Directeur de la photographie : Rodrigo Prieto

Musique : Gustavo Santaolalla

Directeur du son : José Antonio Garcia

Décors : Brigitte Broch

Costumes : Marlene Stewart

Montage : Stephen Mirrione

Alejandro Gonzalez Inarritu / Roberto Salerno

Scénario : Guillermo Arriage

Directeur de la photographie : Rodrigo Prieto

Musique : Dave Matthews / Gustavo Santaolalla

Décors : Meg Everist

 

Casting

 

Sean Penn : Paul Rivers

Benicio Del Toro : Jack Jordan

Naomi Watts : Cristina Peck

Charlotte Gainsbourg : Mary Rivers

Melissa Leo : Marianne Jordan

Danny Huston : Michael Peck

Eddie Marsan : révérend John

Paul Calderon : Brown

 

 

Le réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu vient juste de dépasser la quarantaine. Son premier long métrage Amores perros (Amours chiennes, 2001) avait déjà reçu un accueil très enthousiaste de la part de la critique française et du public. On lui doit par la suite un court métrage, The Hire : Powder Keg (2001) et le 12ème segment du film 11'09"01-September 11 (2002). 21 Grams est son deuxième long métrage. Il a été présenté au festival de Venise à l'automne 2003.

A l'issue du festival certaines approches du film ont été pour le moins réservées :

Vincent Amiel : "Mélodrame speedé au montage narratif stupéfiant, qui est aussi un numéro d'acteurs impressionnant. On retrouve, comme dans Amours chiennes, le pathos du sujet et le brio de la narration mais l'histoire est ici nettement plus conventionnelle, les personnages assez quelconques - excepté celui composé par Benicio del Toro, qui rappelle les malfrats des films des gangsters des années 30 - un seul bloc et de mille possibles, entre veulerie, arrogance et grandeur morale" (Positif, n° 213, p. 38)

Jérôme Fabre : "21 Grams appartient à la veine des films-concepts, ces films de petits malins qui jouent sur un procédé au pouvoir de fascination facile. 21 Grams déconstruit dans une lumière sépia les trajectoires de trois personnages et enchevêtre des unités de lieux et de temps a priori distinctes d'où n'émergera qu'à la dernière minute le puzzle reconstitué. L'exercice, même brillamment exécuté comme ici (...) menace vite de se limiter à un travail de montage intellectuel. Sauf qu'Inarritu a quelque chose à dire, sait provoquer des rencontres entre des êtres qui ne devaient pas se rencontrer, a un talent certain pour capter horreurs, violences, émotions et jouit surtout d'un trio d'acteurs extraordinaires qu'il dirige remarquablement" (Jeune cinéma, n°284, p.34).

Evolution de la ligne éditoriale de Positif lors de la sortie en salles du film. Dans non numéro 516 cette revue met 21 Grams en exergue et propose un entretien du réalisateur avec Michel Ciment et Hubert Niogret dans lequel Alejandro Gonzalez Inarritu s'explique en particulier sur le travail d'écriture du scénario, sur la difficulté de raconter une même histoire de trois points de vue différents, sur son choix de recourir à une séquence inaugurale paroxystique sans présentation préalable des personnages, sur la fonction associative des couleurs retenues pour les trois personnages principaux.

On peut lire aussi dans ce même numéro la critique de Frank Garbarz qui insiste en particulier sur la filiation scorsésienne des personnages du film : "Les trois protagonistes oscillent entre une féroce culpabilité existentielle et un profond désir de rédemption (...). C'est de cette rencontre douloureuse que naît la seule véritable relation amoureuse du film : l'amour impossible et désespéré entre Paul et Cristina, plus coupables encore de s'aimer" (op. cit. p. 13-14).

Scorsese mais aussi Cassavetes et Soderbergh selon Jean-Pierre Lavoignat : "Il y a chez le cinéaste un mélange (...) de vérité, d'urgence et de virtuosité que certains pourront aussi trouver trop apprêté, trop formel. Ce qu'il tire des comédiens devrait très largement compenser leurs réserves. Véritables animaux sauvages dont la caméra saisit le moindre frémissement, comme si elle les mettait à nu, ils sont tout simplement exceptionnels" (critique à lire dans Studio n° 196 p. 33);

A la rédaction de Jeune cinéma le film, lors de sa sortie en salles, nécessite (?) une nouvelle approche très critique signée Andrée Tournès : "Le film d'Alejandro Gonzalez Inarritu est une représentation de la souffrance provoquée par la mort (...). Le film appuie sur les plaies sans précautions, sans élégance, et ne laisse aucun répit au spectateur. L'armature dramatique encastre le trio des souffrants dans un bloc sans interstices (...). Même effet dévastateur dans la déconstruction dramatique qui morcèle en puzzle le calvaire de Sam ; chaque fois qu'apparaissent le visage et le corps encore intacts de Sam, c'est accolé avant ou après au visage et au corps qui se décomposent. Le jeu des acteurs est surchargé, physique, dénué d'effets symboliques, exaspéré par la fréquence des gros plans. Ce film est mexicain, tourné au Nouveau-Mexique, la souffrance y connote les notions de sacrifice, d'expiation, de déréliction : ce peut-être pour les seuls laïcs intégraux un effet de distance" (intégralité de l'article in Jeune cinéma, n°287, p. 68-69).

 

 

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