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1967-1968, le printemps du cinéma fantastique espagnol

(Sur El Coleccionista de cadaveres de Santos Alcocer (1967)

 

 

Les années 1966-1968 sont des années charnière dans l'histoire du cinéma fantastique espagnol.

L'avance prise par le cinéma américain (Roger Corman, George Pal, Nathan Juran, Kurt Neumann, Eugène Lourié), britannique (Michael Powell, Terence Fisher, Freddy Francis, Arthur Crabtree, Roy Ward Baker, Don Sharp, John Gilling, Michael Carreras), italien (Riccardo Freda, Vittorio Cottafavi, Sergio Leone, Sergio Corbucci, Giorgio Ferroni, Mario Bava), japonais (Inoshiro Honda, Jun Fukada, Kenji Misumi, Kinji Fukasaku), était considérable (une place à part devant être faite en ce domaine aux quelques incursions du cinéma français dans le fantastique : le sketch réalisé par Jean-Luc Godard dans Rogopag (1962), Fahrenheit 451 de François Truffaut (1966), Je t'aime, je t'aime d'Alain Resnais (1968).

Les grandes thématiques du genre (Frankenstein, Dracula et autres vampires, récits fabuleux, Jack l'éventreur, etc.) avaient été déjà amplement exploitées et un courant assez fécond explorait même les possibilités de confusion des genres en mêlant le fantastique avec le péplum et le western.

Les grands studios américains venaient d'offrir au public des chefs-d'oeuvre avec, en 1963, Birds d'Alfred Hitchcock et The Haunting de Robert Wise, et en 1966, Fantastic Voyage de Richard Fleischer et Seconds de John Frankenheimer. De son côté Roman Polanski signait coup su coup deux films d'importance, l'un jouant sur le registre de la comédie dérision, The Fearless Vampire Killers (Le bal des vampires, 1967), l'autre, au ton bien plus grave, démontrant une conduite narrative du récit stupéfiante d'efficacité, Rosemary's Baby (1968). Si l'on ajoute que l'année 1968 allait être également celle de 2001, a Space Odyssey de Stanley Kubrick et de Planet of the Apes de Franklin Schaffner, la place à prendre pour le fantastique espagnol paraissait bien étroite en ces années de bouleversements culturel et social.

L'Espagne de 1966-1968 n'était plus tout à fait celle des années 50. Non pas que la dictature franquiste n'était plus en place. La peine de mort et le garrot étaient toujours en usage. Les fusillades de 1963 étaient encore dans les mémoires ainsi que la répression féroce commise dans les Asturies. Mais la nécessité de s'ouvrir sur l'extérieur pour faire face à la crise économique (en juillet 1963 l'Espagne devient membre du G.A.T.T.), l'influence de plus en plus grande du P.C.E. comme force d'opposition, l'évolution des mentalités, la volonté du pouvoir de se donner des apparences plus acceptables, l'objectif économique d'accroître les ressources du tourisme, tous ces éléments contribuèrent à une évolution très sensible de l'environnement économique et social, tout au moins en milieu urbain.

Mais la logique d'un système dictatorial demeure : ainsi, la presse et le cinéma font l'objet d'une nouvelle loi supprimant la précensure. Mais sur le fond, la liberté d'expression demeure une gageure et des sujets comme celui de la guerre civile demeurent tabou (cf. le cinéma métaphorique de Carlos Saura).

L'hiver 1966-1967 connaît de très fortes agitations étudiantes et ouvrières. Le P.C.E. clandestin appelle à l'unité de la classe ouvrière. En réponse, le syndicat "Commissions ouvrières" est déclaré illégal par les autorités. Des prêtres sont arrêtés au Pays basque où l'E.T.A. (Euzkadi Ta Askatasuna) s'organise comme mouvement séparatiste (s'ensuivra le fameux procès de Burgos en décembre 1970).

Le côut de la vie augmente. La peseta est dévaluée de 16 % . Le gouvernement s'avère incapable de donner des réponses cohérentes à la crise agraire. Printemps 1968 : l'Espagne connaît aussi ses grandes grèves étudiantes et l'université de Madrid est fermée durant six semaines.

Durant ces années la situation du cinéma espagnol (sous l'autorité de José Maria Garcia Escudero) évolue très sensiblement. Le panorama s'avère très contrasté. En terme économique, le fait marquant demeure l'éclatement du système de production. Aucune maison de production n'acquiert le statut de major. En moyenne, une société de production ne met sur le marché que deux films par an. De très nombreuses réalisations (le cinéma espagnol produit entre 110 et 150 films par an durant les années 60) sont financées au gré d'opportunités et impliquent bien souvent des capitaux étrangers, surtout à partir des années 1964-1965.

En termes esthétique et idéologique, plusieurs tendances coexistent :

- Un courant madrilène très proche du pouvoir franquiste (par exemple le film hagiographique Franco ese hombre (1965) de Saenz de Heredia), propose essentiellement des adaptations de la littérature classique espagnole, des comédies mièvres ou des drames édifiants fleurant bon le devoir et le patriotisme. Les films musicaux avec gamins ou gamines perdurent (la fillette de 12 ans, Marisol, succède à partir de 1960 à Joselito).

- L'éclosion d'un courant néo-réaliste disposant d'une certaine liberté de ton dans la critique sociale (le Nuove cine espagnol, ou N.C.E.). On peut y ranger Mario Camus (Los Farsantes (1963), Con el viento solano (1965), Miguel Picazo (La Tia Tula, 1964), Basilio Martin Patino (Nueve cartas a berta, 1965), Manuel Summers (Juguetes rotos, 1966), Francisco Regueiro (Amador, 1965), Angelico Fons (La Busca, 1966).

- Un cinéma catalan qui s'oppose au N.C.E. et qui se range sous la bannière de l'Escuela de Barcelona. Parmi les principales réussites, Fata Morgana (1966) et Las crueles (1969) de Vicente Aranda, Tuset street (1968) de Luis Marquina, Dante no es unicamente severo (1967) de Jacinto Esteva Grewe, Ditirambo (1967) de Gonzalo Suarez, Nocturno 29 (1968) de Pere Portabella (auteur en 1970 du remarquable Cuadecuc tourné en 16mm à partir du tournage du film de Jesus Franco, El Conde Dracula). Dans ce groupe (il s'agit surtout de liens d'amitié unissant des personnalités très originales) figurent aussi Ricardo Boffil, Carlos Duran, Jorge Grau, Joaquin Jorda.

- Un cinéma d'auteur, dirons-nous : Carlos Saura avec Llanto por un bandido (1963), La caza (1966), Peppermint frappé (1967 : petite anecdote, c'est durant la projection de ce film à Cannes en mai 1968 que les contestataires ont provoqué l'interruption du festival), Stress es tres, tres (1968), La madriguera (1969), Juan Antonio Bardem avec Nunca pasa nada (1963), Luis Garcia Berlanga avec El Verdugo (1963), Fernando Fernan-Gomez avec El mundo sigue, 1963).

- Le succès persistant du film historique et/ou biographique (en moyenne 8 à 10 films par an).

- L'essor très rapide du western à partir des années 1964-1965 avec de très nombreuses coproductions avec des sociétés italiennes ou allemandes.

Et le cinéma fantastique dans tout cela ? Outre Jesus Franco dont le film Gritos en la noche a déjà été étudié au chapitre 3, et qui réalisera par la suite La mano de un hombre muerto (1962), El secreto del Dr Orloff (1964) et Miss Muerte (1964), une place toute particulière doit être faite aussi à Eugenio Martin qui a réalisé en 1962 le remarquable Hipnosis dont nous espérons pouvoir parler bientôt.

 

 

El colleccionista de cadaveres (1967)

 

Par Philippe Chiffaut-Moliard (tous droits réservés y compris pour la composition photographique. Les photogrammes sont issus de collections particuklières, tous droits réservés des propriétaires de l'oeuvre. Reproduction interdite)

 

Album photos

(Les photogrammes font l'ojet d'une analyse infra, sous Arrêt sur image)


Fiche technique

 

Réalisation

Santos Alcocer (et Julio Sempere pour la seconde équipe)

 

Casting

Jean-Pierre Aumont : Claude Marchand

Boris Karloff : Charles Badulescu

Viveca Lindfors : Tania Badulescu

Rosenda Monteros : Valérie

Dyanik Zurakowska : Elga

Jacqui Speed : Pilar

Milo Quesada : Shanghaï

Ruben Rojo : Pablo

Mercedes Rojo : Gypsy Queen

 

Production

Coproduction Espagne / Etats-Unis

Hispamer Films P.C. (Santos Alcocer)

Robert D. Weinbach Productions

 

Scénario

Edward Mann et John Melson

 

Equipe technique

Photo : Francisco Sempere (Ricardo Andrew pour la seconde équipe, Robert J. Peterson pour les prises de vue aériennes, Thierry Pathé pour la supervision technique et les effets spéciaux)

Musique : Ray Ellis, Bob Harris, José Luis Navarro

Décors : Gil Parrondo, Antonio Paton

Son : Peter Parascheles, Luis Castro

Montage : José Antonio Rojo

Lieu de tournage : Torremolinos (pour les extérieurs). Estudios Roma S.A. (Madrid)

 

Le coin du cinéphile

 

Santos Alcocer est un peu une personnalité de l'ombre du cinéma espagnol. Né en 1907, les banques de données disponibles en la matière le créditent d'une solide activité de producteur dans les années 50-60. Il intervient également à plusieurs reprises comme scénariste, travaillant en particulier avec Terence Fisher dans Island of Terror en 1966. En tant que réalisateur, il signe en 1966 Hallucination génération (que nous n'avons pa vu), El colleccionista de cadaveres et, en 1969, El enigma del ataud, avec Howard Vernon.

Peu de choses à dire sur les prestations respectives de Jean-Pierre Aumont et de Boris Karloff. Non pas que le premier s'avère décevant dans le rôle d'un photographe charmeur et snobinard mais, c'est l'évidence, il s'agissait pour l'acteur d'un rôle de commande durant les peu fertiles années 60 (retenons surtout pour cette période sa très belle composition dans Les vacances portugaises de Pierre Kast en 1963). Quant à la présence de Boris Karloff, alors âgé de 75 ans, la petite histoire retient qu'il s'est agi de son dernier film, Boris Karloff décédant en 1969. Un coup de publicité en fait pour les producteurs du film soucieux de voir le film correctement distribué aux Etats-Unis. Ou bien, pour se montrer moins cynique, un bel hommage à un immense acteur qui eut ici le courage de faire face à la caméra en étant très affaibli.

Le casting vaut surtout pour la présence d'une actrice trop peu connue du public français, Viveca Lindfors, une très grande actrice assurément. D'origine suédoise, elle tourne une dizaine de films dans son pays natal, apprenant son métier auprès de grands réalisateurs comme Olof Molander et Rune Carlsten, obtient la consécration en 1948 auprès du public américain dans le film de Vincent Sherman, Adventures of Don Juan, avec Errol Flynn. L'année suivante elle tourne dans Night Unto Night de Don Siegel qu'elle épouse. Une très belle carrière se poursuit alors. En 1955, Fritz Lang lui confie le rôle de Mrs Minton dans Moonfleet. Elle incarne Catherine II dans I Tempesta d'Alberto Lattuada en 1958. En 1962, elle est dirigée par Joseph Losey dans The Damned. En 1970, elle tournera avec Jerry Schatzberg dans Puzzle of a Downfall Child.

Viveca Lindfors incarne ici le personnage central du film. Elle révèle une extraordinaire capacité à figurer un être profondément névrotique, "border line", en proie à d'étonnantes bouffées de violence. Les quelques photogrammes choisis confirment cette capacité de l'actrice à faire surgir la violence jusqu'à produire l'expression d'un cri qui rappelle nécessairement une certaine toile d'Edward Munch. Etonnante composition d'actrice qui s'intègre parfaitement dans la logique de la mise en scène picturale choisie par le réalisateur.

A ses côtés, la très belle brune, ici devenue blonde, Rosenda Monteros. Actrice mexicaine née en 1935, très vite remarquée dans A Woman's Devotion (Acapulco, 1956) de Paul Henreid puis dans Nazarin (1958) de Luis Bunuel (rôle de Prieta). C'est bien sûr aussi Petra dans The Seven Magnificent (Les Sept mercenaires, 1960) de John Sturges. Rosenda Monteros est également très remarquable dans un film mexicain tout à fait étonnant et fort peu diffusé, El esqueleto de la senora Morales de Rogelio Gonzalez (1959). En 1962, elle tourne dans le premier film de Ted Kotcheff, Tiara Tahiti. En 1965 elle joue le rôle de l'esclave Ustane dans She de Robert Day, avec Ursula Andress. En 1966, on la retrouve dans un western assez original tourné par Hugo Fregonese, Savage Pampas, qui préfigure le génial Blindman réalisé en 1971.

Dyanik Zurakowska ,une bien jolie polonaise aux yeux bleus, débute sa jeune carrière dans le western espagnol alors à son apogée : El hombre que mato a Billy el Nino (1967) de Julio Buchs, Dos hombres van a morir (1967) et Uno a uno sin predad (1968) de Rafael Romero Marchent, Bang, Bang (1968), de Gragio Gentili. Dyanik Zurakowska passera ensuite au film de vampire avec La marca del hombre-lobo (1968) d'Enrique Lopez-Eguiluz, puis La orgia nocturna de los vampires (1972) de Leon Klimowsky et La orgia de los muertos (1973) de José-Luis Merino.

 

Synopsis

 

Pré-récit

 

L'action se situe sur la Costa del sol en Andalousie.

Charles Badulescu est un artiste sculpteur sans grand talent. A la fin des années 30, il se prend d'amour fou pour son modèle, Tania, qui va très vite le dominer et le castrer. Le scénario nous conte un étrange accident naguère survenu et dont Tania était en fait l'instigatrice. Charles deviînt aveugle et estropié. Tania est une profonde névrosée nourrie de pulsions lesbiennes, fétichistes et sadomasochistes.

Charles étant devenu sa chose, Tania le convaincde travailler ses sculptures à partir de véritables ossatures. Il s'agit d'abord d'ossatures d'animaux puis d'ossatures humaines. Tania lui fait croire qu'il s'agit d'ossements récupérés dans des tombes profanées. Sans doute était-ce vrai au début mais par la suite, la dérive perverse s'accroît et Tania, avec la complicité de Shangaï, son amant et homme de main, choisit ses victimes en fonction des commandes que doit exécuter Charles et les fait assassiner. Les cadavres sont ensuite transportés dans la crypte de la vaste demeure des Badulescu aménagée en atelier de chimiste par Tania et dans laquelle se trouve un chaudron d'acide servant à dissoudre la chair en laissant subsister le squelette. La crypte est aussi aménagée pour permettre à Tania de tromper en toute quiétude son mari avec "Shanghaï "dont le surnom est celui de sa boîte de nuit que fréquente assidûment Pablo, un ancien photographe devenu rentier et vivotant en se saoulant du matin jusqu'au soir.

Les Badulescu emploient une jeune bonne muette, Pilar, un peu fascinée par la nature et l'autorité de Tania. Autour des Badulescu gravitent deux jeunes femmes, Valérie, qui se prétend peintre, et Elga, qui lui sert de modèle.

Claude Marchand est l'archétype du photographe-reporter travaillant pour un grand magazine people. Un snob friqué très satisfait de sa personne et totalement inculte. C'est une star dans la petite galaxie de la mode artistique. Il vient d'effectuer un reportage à l'autre bout du monde.

 

Récit filmique

L'action se déroule sur quatre jours.

Première journée :

Fin d'après-midi. Un individu observe avec une lunette de longue vue comme on trouve sur les remblais des stations estivales Elga allongée sur la plage. En fait, c'est le plagiste, Majo le gitan, qui l'intéresse. Sitôt Elga partie, il assassine le pauvre homme en l'étranglant avec un fil d'acier.

En transit à l'aéroport de Malaga, Claude Marchand apprend qu'il doit effectuer un reportage sur Charles Badulescu. Il se rend dans un hôtel dernier cri mais qui s'avère désert. Marchand préfère se rendre au Shanghaï où Valérie dîne avec le patron. Marchand rencontre tout d'abord Pablo, un ancien collègue à lui. Il aborde ensuite "Shanghaï " avec qui le contact se fait très vite. Marchand profite de la présence de Valérie pour lui demander de l'introduire dès le lendemain matin chez les Badulescu.

Deuxième journée :

Sans difficulté, Marchand parvient à obtenir de Tania une première entrevue avec Charles Badulescu. Mais la séance de photos est remise au surlendemain.

Une petite troupe de gamins se rend chez la reine des gitans, très inquiets de la disparition de Majo. D'emblée la reine des gitans proclame la mort pressentie de Majo. Les gamins repartent en courant annoncer cette nouvelle à Pilar.

Au domicile de Valérie, Marchand regarde celle-ci peindre avec Elga pour modèle. Marchand s'en prend à la vacuité de cette "colonie d'artistes" et propose aux deux filles, pour passer l'ennui qui le gagne, d'organiser le lendemain soir un "bal masqué" au Shanghaï. Tania épie la scène de l'extérieur.

Revenue à la villa, Tania découvre que Pilar lui a dérobé une paire de chaussures au moment où celle-ci venait les remettre en place dans une armoire contenant de nombreux souliers et bottes, des photos de bondage et des fouets. Tania suit Pilar qui entre dans la chambre de sa patronne. Là, Pilar est surprise par Tania en train d'essayer un bijou de Tania. Celle-ci la gifle et la fait sortir.

Marchand veut faire des photos de Valérie sur la plage. Celle-ci se prête au jeu en tenue d'andalouse mais sans grande conviction. Elle propose à Marchand de faire poser Pilar jugée plus "authentique".

Pendant ce temps, Pilar est au marché. Le barman du Shanghaï la reluque et tente de la suivre. Mais Pilar disparaît en prenant l'autocar.

Alors que Pilar s'affaire dans la cuisine, Tania fait la sieste dans sa chambre. Elle fait un cauchemar dans lequel elle se revoie petite fille fouettée par une femme. Réveillée par Pilar, attirée par les cris de Tania, celle-ci a une crise nerveuse et la chasse avec un fouet qui était à portée de sa main.

Valérie se rend chez Tania pour demander à Pilar de rejoindre Marchand sur la plage. Tania lui reproche de ne pas être venue la voir la veille au soir.

Fin d'après-midi. Pilar doit faire la pose sur la plage à la demande de Marchand. Un peu plus tard, Pablo, déja ivre, traîne sur la plage avec son chien. Il s'endort. Son chien est poignardé.

Pendant ce temps, Marchand et Shanghaï évoquent des affaires un peu louches qu'ils pourraient réaliser ensemble dans le coin (spéculations immobilières, trafics d'art...). Les gamins viennent leur annoncer les funérailles de Majo organisée par les gitans. Sans cercueil puisque le corps n'a pas été trouvé.

Marchand et Shanghaï se rendent à cette étrange cérémonie.

Chez les Badulescu, au milieu de la nuit, Tania et Charles ont une joute verbale agressive. Tania rappelle à Charles qu'il n'a plus qu'une semaine pour réaliser la sculpture qui lui a été commandé et qui consiste dans la mise en trois dimensions d'une étrange peinture où l'on voit en arrière-plan un temple grec ou romain, et au premier plan, sur la gauche, une femme blonde assise sur un canapé et une autre femme agenouillée devant elle en position de soumise, et, à droite, un homme bossu regardant ailleurs et tenant en laisse un chien en position assise.

Tania se rend dans la crypte où elle s'affaire sur les ossements du chien tué sur la plage. Le meurtrier n'est autre que "Shandhaï", son amant, qui la rejoint pour faire l'amour.

Pendant ce temps, sans rien se douter, Charles achève le personnage du bossu en sculpture. Tania s'avère très satisfaite du résultat et songe déjà aux deux personnages de femme qui restent à sculpter.

Troisième journée :

Fin d'après-midi. Marchand et Valérie survolent en avion la plage. Marchand prend des photos aériennes de la villa Badulescu. Tania retrouve Elga sur la plage et parlent de dilettantisme dans cette région où il faut passer le temps.

Alors que le soir tombe, Pilar se rend seule au bord de mer. Lorsqu'elle repart, elle est agressée par le barman qui était présent le midi au marché. Ellipse de récit mais de toute évidence Pilar est violée.

Pendant ce temps, au domicile de Valérie, celle-ci, Marchand et Elga évoquent la soirée du lendemain dans la boîte de nuit "Shanghaï " . Elga décide de rentrer seule dans sa petite maison en bord de mer. Sur le chemin, elle s'aperçoit qu'elle est suivie. Elle prend peur et parvient en courant jusqu'à chez elle où, de justesse, elle s'enferme à clef. Quelques secondes après apparaît étrangement Tania qui vient proposer à Elga de dîner le soir même dans sa villa. Pablo regarde la scène de l'extérieur.

Au domicile de Valérie, celle-ci et Marchand font l'amour.

Pendant ce temps, Elga et Tina ont achevé de dîner. Elga, séduite, écoute Tania jouer de la harpe. Tania lui propose de passer la nuit à la villa. Pour ne pas voir ses plans perturbés, Tania impose à Charles une piqûre contenant un puissant somnifère. Un peu plus tard, Elga, un peu saoule, prend un bain et se prélasse un verre de vin à la main. Quelques minutes après, Elga cherche Tania en vain dans le hall de la villa. Sous les yeux de celle-ci Elga est assassinée par l'homme au fil d'acier.

Quatrième journée :

Dans la matinée, Marchand, accompagné de Valérie, effectue la séance de photos chez les Badulescu. Maladroitement Marchand renverse une petite sculpture moulée. Il découvre au milieu des débris les ossements qui servaient d'armature. Tania, un temps paniquée, retrouve vite de l'assurance. Valérie découvre par inadvertance un foulard d'Elga. Tania s'en explique en lui disant qu'Elga est venue dïner la veille au soir. Marchand, pour s'excuser, propose à Tania de venir au bal masqué qui doit avoir lieu le soir au Shanghaï. Tania accepte.

Le bal masqué. Tous les invités sont déguisés. Tania fait son apparition vêtue d'une inquiétante tenue militaire noire avec une casquette et un loup noir sur le visage. Pablo, ivre mort, commence à faire des révélations sur ce qu'il aurait vu la veille au soir en épiant Tania et Elga. Valérie surprend ces propos et interroge Tania sur l'absence d'Elga. Tania répond sèchement à Valérie. Quelques minutes après, Pablo est touché à la nuque par une fléchette empoisonnée. Discrètement, sans être remarqués par les participants déjà tous éméchés, Tania et "Shanghai" transportent le corps de Pablo dans la chambre froide.

La fête s'achève. Marchand est convié à finir la nuit chez les gitans. Marchand propose à Valérie de le suivre mais celle-ci refuse. Songeuse quant à l'absence d'Elga, elle retourne à l'intérieur de la boîte de nuit à présent désertée. Ouvrant la porte des cuisines, elle découvre le cadavre de Pablo suspendu à un croc de boucher. Elle-même est surprise par "Shanghaï" et Tania qui l'obligent à monter dans leur voiture. Pilar, qui observait la fête de loin, a tout vu aussi. Elle se précipite au camp des gitans.

Dans la crypte de la villa Badulescu, Valérie, ligotée, est à la merci de Tania qui se prépare à lui administrer un somnifère avant de la tuer et d'obtenir ainsi le dernier squelette manquant.

Au camp des gitans, Pilar parvient à se faire comprendre de la Reine des gitans. Marchand est mis au courant du danger couru par Valérie. Il fonce chez les Badulescu au volant de sa Mercédes décapotable.

Dans la crypte les évènements s'accélèrent. Valérie est parvenue à se défaire de ses liens et se livre à la lutte avec Tania. Valérie prend le dessus et parvient à s'échapper. Au rez-de-chaussée, Marchand tombe nez-à-nez avec "Shanghaï". La lutte s'engage là aussi. "Shanghaï" est mortellement blessé. Alerté par le bruit, Charles Badulescu surgit et découvre l'effroyable réalité des faits. Hagard, il se rend dans la crypte. La lutte s'engage cette fois avec Tania qui tente de le faire tomber dans le puits d'acide. Mais c'est le propre bras de celle-ci qui finalement est dissout dans la cuve. Tania expire quelques secondes plus tard.

Alors que Valérie et Marchand, sous le choc, quittent la villa, Charles Badulescu, titubant comme un somnambule, sort du côté opposé, en surplomb des rochers, perd l'équilibre et s'effondre en contrebas en se tuant dans la chute.