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VIOLENCE ET CHAOS DANS LE CINEMA BIS ITALIEN (1965-1982)

 

Avant-propos

 

Il existe deux courants de pensée : l'un privilégiant l'évidence (le cinéma italien a produit suffisamment de chefs-d'oeuvre durant cette période pour tenir comme quantité négligeable la production bis qui a fleuri durant les années 70), l'autre pêchant par esprit de chapelle (vive le Z, vive le polar, l'érotique et le gore et au diable les Pasolini, Taviani, Scola, Rosi, Bene, Petri et autre Antonioni...). Deux approches semble-t-il inconciliables. Sauf pour l'équipe de cine-studies cela s'entend. Tel est même l'objet de cette rubrique qui s'étoffera au fil des mois.

Oui, le cinéma italien peut s'enorgueillir d'avoir pu produire (la question du financement et du mode de production de nombre des films de gauche réalisés entre 1967 et 1979 mériterait une étude spécifique, tant l'époque paraît lointaine où il était encore possible d'user du cinéma comme moyen d'expression d'un engagement politique) plus d'une centaine de films passionnants dont nombre d' "oeuvres" au sens esthétique. Oui, nous n'aurions pas découvert la puissance du cinéma avec la même approche si les écrans des salles parisiennes ne nous avaient pas permis de découvrir ces joyaux que sont Teorema, Professione : reporter, Il caso Mattei, Nostra signora dei Turchi, Amarcord, Lo scopone scientifico, C'eravamo tanto amati...

C'est pourquoi, il nous a semblé intéressant (pour la jeune génération qui n'a pas vu tous ces films dont la diffusion demeure assez aléatoire sur le câble) de proposer un index chronologique des films qui nous paraissent avoir aborder avec le plus de talent la question de la désagrégation de la société italienne en ces années terribles de défaillance du Politique. Il nous a paru également utile de proposer un bref rappel du contexte socio-politique italien à partir de 1968 jusqu'au tournant des années 80 marquées par l'effondrement de l'industrie cinématographique italienne mais aussi par une fort belle renaissance de l'idée-cinéma sous l'impulsion de Nanni Moretti en particulier.

Préalable à notre sens indispensable pour pouvoir se projeter dans le cinéma bis italien ainsi étalonné à sa juste place, qui, dans un invraisemblable brouhaha, a généré un superbe moment de "sous-culture" reproduisant selon les films aussi bien des modèles répressifs que subversifs.

 

Sommaire

 

Le contexte socio-politique italien durant les années 70

Une décennie prodigieuse : 100 films pour comprendre l'Italie avant d'approcher le bis

Bruno Mattei : A propos de Virus (Virus Cannibal, 1981) et de Notte di terrore (Les Rats de Manhattan, 1982)

Primauté de la violence dans le cinéma de Lucio Fulci : L'Aldila (1981), The House at The End of The Cemetery (1982) et Lo squartatore di New-York (1982)

Joe D'Amato : Buio Omega (Blue Holocaust, 1979), Le notti erotiche dei morti viventi (La Nuit fantastique des morts-vivants, 1980), Anthropophagous (1980) et Rosso sangue (Horrible, 1981)

Flics, justice, mafia : l'apogée du polar italien (1970-1978)

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