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ICH SCHLAFE MIT MEINEM MÖRDER (1970, Wolfgang Becker)

 

Album photos

(Les photogrammes sont issus de collections particulières, tous droits réservés du propriétaire de l'oeuvre. Ils sont présentés à titre de citations. Reproduction interdite)

 

Générique

 

Production

Rapid Film / Wolf C. Hartwig, Ludwig Spitaler, Fred Zenker

Les Films Jacques Willemetz / René Marjac

 

Assistant réalisateur

Eberhard Schröder

 

Scénario

Werner P. Zibaso, Willibad Eser

 

Equipe technique

Photo : Rolf Kästel, Rüdiger Meischner, Rosemarie Milles

Décors : Eberhard Schröder

Maquillage : Lore Blasweiler

Musique : Martin Böttcher

Montage : Jan Catell

 

Casting

Harald Leipnitz : Jan

Véronique Vendell : Gina

Ruth-Maria Kubitschek : Angela

Friedrich Joloff : L'inspecteur

Peter Capell : Vanetti

Wolf Harnisch : Burckhardt

Henri Guégan : Premier cambrioleur

Helge T. Larish : Second cambrioleur

Ellen Humlauf : La maître chanteur

Jackie Lombard : Première call-girl

Waltraud Schaeffler : Seconde call-girl

Rosl Mayr : La femme de ménage

 

Le coin du cinéphile

 

Le cinéma allemand de la fin des années 60 demeure un domaine peu exploré. Plus exactement, les historiens du cinéma ne retiennent que l'éclosion d'une génération magnifique de cinéastes (Rainer-Werner Fassbinder, Werner Herzog, Peter Fleischmann, Alexander Kluge, Edgar Reitz, Jean-Marie Straub, puis Wim Wenders) et délaissent tout un pan de l'industrie cinématographique allemande pourtant active dans la production et la distribution de films destinés à la consommation courante (vocable bien dans l'esprit du temps). C'est un fait qui ne sera aucunement nié, le cinéma allemand grand public des années 60 est un cinéma esthétiquement pauvre.

Au début des années 60, l'engouement pour le polar à la mode londonienne (il était d'usage pour les scénaristes de piller les romans innombrables d'Edgar Wallace) eut pour origine l'ultime chef-d'oeuvre de Fritz Lang Die tausend augen des Dr. Mabuse (1960). Il s'en est suivi une importante série de films de genre souvent réussis (on songe aux films d'Harald Reinl ou d'Alfred Vohrer par exemple) mais qui finirent par lasser le public. Les décors immuables à caractère londonien, les crimes commis dans le brouillard près de la Tamise, les organisations secrètes ou les paranoïaques criminels amusaient certes le public d'une Allemagne qui se dénommait alors République Fédérale Allemande, mais ces produits ne faisaient guère le poids lorsque le James Bond 007 de l'année arrivait sur les écrans.

Surtout, la question du cinéma se posait en termes économiques. Une loi de 1967 garantit aux sociétés de production une aide de 250.000 marks par film si la société de production concernée pouvait justifier déjà d'un film de référence ayant conduit à des rentrées de plus de 500.000 marks en deux ans. En clair, l'aide de l'Etat était accordée aux producteurs qui pouvaient se targuer d'un ou de plusieurs succès auprès du public. Le film "d'art et d'essai" n'était donc pas vraiment concerné par cette politique dirigiste dont l'objectif premier était de regagner des parts internes de marché.

La chose peut surprendre aujourd'hui, c'est la télévision allemande qui joua un rôle moteur dans l'émergence d'un nouveau cinéma. Une politique courageuse donna la parole à de futurs grands réalisateurs qui purent ainsi faire leurs armes dans le téléfilm et les épisodes de vastes séries hebdomadaires (Fassbinder, Schloendorff, Wenders et bien d'autres purent travailler sans avoir à se fondre dans des choix esthétiques et idéologiques qu'ils refusaient). Industriels du cinéma et sociétés de télévision se sont ainsi livrés une furieuse guerre de marchés et il n'est dés lors pas étonnant de voir à la fin des années 60 et au début des années 70 figurer aux génériques de nombreux films des réalisateurs, techniciens et acteurs ayant déjà oeuvré pour la télévision durant plusieurs années. C'est le cas de Ich schlafe mit meinem mörder.

Wolfgang Becker (né en 1910 et qu'il ne faut pas confondre avec son homonyme né en 1954 et réalisateur de Goodbye Lenin ! en 2003) a débuté dans le cinéma dans les années 30 en qualité de monteur (c'était assez souvent l'usage à l'époque). Cela peut surprendre mais l'auteur de ce polar érotique plein de finesse et de drôlerie a appris le métier auprès de noms prestigieux comme Géza von Bolvary, Georg Jacoby ou Josef von Baky. Une autre époque. Après-guerre Wolfgang Becker tourne une dizaine de films dont nous ignorons tout si ce n'est la fiche technique (il s'agit de comédies policières) puis travaille à partir de 1963 à la ZDF sur les séries Kriminalmuseum, Die Fünfte Kolonne et Der Kommissar très appréciées du public. Par la suite ses talents de conteur seront exploités par la WDR dans la série Tatort.

Ich schlaffe mit meinem mörder est presque son unique incursion dans le film de long métrage durant toutes ces années. Ce film est une coproduction germano-française. Du côté allemand la société Rapid Film qui avait produit en 1959 le remarquable et méconnu Die Nackte und der Satan de Victor Trivas. La firme s'est spécialisée ensuite dans les années 60 dans le film d'espionnage et le film érotique. Du côté français, Les Films Jacques Willemetz. Dans le casting deux acteurs français, tout d'abord la ravissante Véronique Vendell repérée dans Barbarella (1968) de Roger Vadim (elle y joue le rôle de "Captain Moon") et la sympathique présence d'Henri Guégan (l'un des cambrioleurs). Second personnage du trio infernal, Ruth-Maria Kubitschek, une actrice d'origine tchécoslovaque qui dans les années 60 a développé sa carrière à la ZDF elle aussi. Cette actrice demeure très active à la télévision et sa filmographie en est de fait devenue impressionnante. Le rôle masculin de Jan, l'homme-étalon par qui le scandale arrive, est confié à Harald Leipnitz, une figure du cinéma allemand de genre (on peut l'apercevoir dans The Brides of Fu-Manchu de Don Sharp (1966) puis dans un Winnetou réalisé par Alfred Vohrer et surtout dans une série de comédies érotiques qui inondèrent le marché allemand à partir des années 1967-1968). Harald Leipnitz a joué récemment dans Vortex (2001) de Michael Pohl.

Une mention particulière enfin à Werner P. Zibaso, un des plus grands scénaristes allemands du cinéma populaire d'après-guerre qui nous offre ici un scénario tout à la fois drôle et malin.

 

 

Arrêts sur images

 

Photo n°1 : Le ton du film est donné : l'érotisme sera au rendez-vous. Mais le soin du cadrage place d'emblée Ich schlafe mit meinem mörder dans un registre autre que les nombreux films semi-pornographiques qui commencent à envahir le marché allemand. En 1970 le cinéma érotique/pornographique (une querelle de mots jamais réglée) devient un phénomène, un enjeu politique. Le cinéma commercial allemand a donné le ton (nous mettons de côté les productions danoises qui, à ma connaissance, ne pouvaient alors être distribuées en salles). Le marché interne est visé mais aussi et surtout les marchés voisins. Ainsi, en France, au cours de l'année 1970, plus de 60 films allemands érotiques sont distribués à Paris. L'essentiel de cette production est constituée de "Sexualfilme" ou de "Sittenfilme". Sous couvert d'éduquer un public (pas si naïf que cela) sur les pratiques sexuelles ou de faire découvrir à la manière d'un pseudo documentaire la vie du quartier chaud de St Pauli à Hambourg, les producteurs se lancent sans vergogne dans l'exploitation du sexe à l'écran. Les titres abondent. La série des Helga tout d'abord (Helga. Vom Werden des menschlichen Leben d'Erich Bender (1967) ou bien Helga und die Männer. Die sexuelle Revolution de Roland Cämmerer (1968). Les polars érotiques hambourgeois ensuite : Der Artzt von St Pauli (1968, Rolf Olsen , avec Curd Jürgens), Die Engel von St Pauli (1969, film plutôt réussi de Jürgen Roland), Der Pfarrer von St Pauli (1969, Rolf Olsen), etc.

En 1971, les producteurs allemands seront plus audacieux et la première déferlante pornographique arrivera sur les écrans... parisiens. Pour l'heure nous sommes en 1970, Wolfgang Becker n'a pas du tout l'intention de se placer sur les registres précités mais bien plutôt de proposer une comédie érotico/policière assez flamboyante ayant pour décor la région de Munich (la plupart des intervenants dans ce film sont issus de la ZDF).

Les premiers plans installent le film dans un nécessaire second degré de lecture. Un couple en voiture (Jan alias Harald Leibnitz, et Gina alias Véronique Vendell) se livrent à quelques envolées passionnelles dans une superbe Chevrolet Corvette bleue et se font mater par les automobilistes et chauffeurs de camion, tout ceci à la naïve et délicieuse surprise de Gina...

Photo n°2 : Jan (Harald Leipnitz). Le héros du film. Pauvre Jan ! Le voici marié à une fort belle femme fortunée (Angela alias Ruth-Maria Kubitschek) qui n'a de cesse de lui rappeler qu'il n'est qu'un délicieux phallus dont elle raffole et ne se séparerait sous aucun prétexte. Quitte à accepter certaines frasques de son charmant époux, spécialement avec Gina, et à mettre à sa disposition une villa très cossue au bord du lac de Constance.

Photos n° 3, 4 et 5 : Variations drolatiques sur la crise identitaire du mâle version 1970 confronté à l'émancipation de la femme. Quel est donc ce monde où la femme prend le pouvoir dans les affaires, exige d'être sexuellement satisfaite et ne se montre même pas très regardande sur les infidélités de son compagnon ? Quelle est cette société inacceptable qui bouscule les schémas les plus tenaces de l'ancien monde ? Modernisme, modernisme... Jan prend son Luger et, en pleine nuit, massacre les seins d'une statue dans le jardin de la villa sous le regard effaré de Gina. Un bref insert et voici Angela qui apparaît à la place de la statue. Wolgang Becker s'amuse avec les poncifs (un effet de montage fait croire un instant queJan se prépare à tuer Gina) et invite le spectateur à participer à la fable à la condition de ne pas trop prendre tout cela au sérieux.

Photo n°6 : République Fédérale Allemande, 1970. Début des années Willy Brandt et de l'Ostpolitik. L'économie Ouest-allemande est en plein boom. Le mark se porte bien. Le systême bancaire est un des plus puissant du monde. L'argent coule à flots pour les classes moyennes et supérieures (une vision très différente de l'Allemagne en cette même année 1970 est proposée par Fassbinder, Herzog, Kluge et consorts; mais ne boudons pas notre plaisir). Le décor de la demeure d'Angela et Jan est ahurissant. Une accumulation d'objets hétéroclites soigneusement agencés. L'espace est envahi par les biens de consommation à caractère pseudo culturels. Pas un livre à l'horizon. En arrière-plan une cage dorée : tiens , tiens...

Photo n°7 : Il s'agit d'une réunion d'affaires ! Le fondé de pouvoirs Burckardt (Wolf Harnisch) vient rendre compte à Angela des décisions du conseil d'administration. Précision anodine : c'est Jan qui est le président potiche du conseil d'administration... Sa tenue "décontract" anticipe déjà sur celles de Tony Curtis et de Roger Moore dans la série The Persuaders (Amicalement Votre) qui débutera l'année suivante en 1971.

Photo n°8 : La plastique de la délicieuse Véronique Vendell découverte dans Martin soldat de Michel Deville en 1966 puis surtout dans Barbarella de Roger Vadim (1968).

Photo n°9 : Henri Guégan et Helge T. Larish en cambrioleurs attendant paisiblement, en pêchant à la ligne à une centaine de mètres de la berge, que les propriétaires des lieux (en fait Jan et Gina) achèvent leurs fôlatries et quittent les lieux. Ich schlafe mit meinem Mörder est une fantaisie érotico-policière ne l'oublions pas.

Photo n°10 : L'incontournable Ile des morts, hommage au peintre suisse Arnold Böcklin. Figure récurrente du cinéma fantastique depuis Isle of the Dead de Mark Robson en 1945. Ici, il s'agit d'un petit clin d'oeil car c'est d'une fantaisie autour d'un meurtre qu'il va désormais être question.

 

Premier interlude : "Crime parfait et commedia dell'arte"

 

Un bon récit policier suppose de l'originalité et un taux de vraisemblance élevé. Le scénario élaboré par Werner Z. Zibaso n'est pas loin de remplir ces deux conditions tout en combinant farce et cohérence.

La farce tout d'abord. Le plan de Jan a pour idée première d'inciter Angela à se rendre dans leur villa isolée située près du lac. Pour ce faire, Jan accumule les indices (lettre anonyme, coup de téléphone) pour susciter la jalousie d'Angela ou plutôt sa curiosité. Une lettre anonyme informera donc celle-ci qu'une petite orgie sera donnée le soir même dans la villa. L'action devra alors se dérouler en trois temps.

Temps 1 : Gina devra se cacher dans la villa et attendre seule la venue d'Angela après avoir pris l'apparence de celle-ci, notamment en enfilant une perruque de couleur rousse. Dès son arrivée, Angela, comme à son habitude, sera censée boire un verre de son whisky préféré dans lequel un somnifère aura été préalablement versé. Lorsqu'Angela aura perdu connaissance, Gina devra déplacer le corps dans une petite pièce voisine puis se rendre à l'étage en prenant les affaires d4angela et patienter jusqu'à l'arrivée de Jan. Temps 2 : Pendant ce temps Jan invitera deux prostituées à se rendre avec lui à la villa pour une partie à trois. Au plein milieu de l'action, Gina (qui se fera passer pour l'épouse de Jan) devra jouer une grande scène mélodramatique en simulant la honte et le désespoir, tout ceci un revolver à la main. Jan quittera alors les lieux avec les deux prostituées nécessairement paniquées. Temps 3 : Gina se rendra dans la pièce voisine et abattra Angela, toujours sous l'empire du somnifère, d'une balle dans la tempe en faisant en sorte que la thèse du suicide soit retenue (le procédé est fort classique et de nombreux films américains des années 30-40 ont exploité cette thématique) avant de partir à son tour. Tout cela est plutôt tiré par les cheveux...

Le scénario dévoile alors sa grande cohérence et sa drôlerie dès lors que le plan ubuesque de Jan ne se réalise pas du tout comme prévu. Car voici nos deux cambrioleurs qui viennent créer le chaos. Ce sont eux qui pénètrent dans la villa avant Angela (Gina est planquée à l'étage et ne les entend pas). Angela arrive ensuite. Au moment de boire son verre habituel de whisky elle se rend compte de la présence d'intrus. Elle repose son verre (et le somnifère qu'il contient) et téléphone immèdiatement à la police. Elle a juste le temps de donner ses coordonnées avant d'être assommée par l'un des cambrioleurs. Ceux-ci, paniqués, la laissent pour morte dans une petite pièce voisine. En fait, Angela reprend connaissance au moment où Jan arrive avec les deux prostituées. Restant cachée elle assiste à la petite mise en scène imaginée par son mari et il ne lui faut pas beaucoup de temps pour comprendre les manigances de Jan.

Alors que Gina s'efforce d'être crédible en menaçant avec son revolver Jan devant les deux prostituées, la police survient à son tour à la suite du coup de fil d'Angela. Gina a la présence d'esprit de jouer avec encore plus de vérité le rôle d'Angela et Jan n'a alors pas de mal à convaincre les deux policiers qu'il ne s'agirait que d'une lamentable scène de ménage plutôt embarassante pour tout le monde. Les policiers en prennent acte et s'en vont (dans leur esprit Gina est bien l'épouse de Jan : la substitution d'identité a donc joué à leur égard). Jan repart avec les deux filles de joie et les largue au premier carrefour venu avant de retourner le plus vite possible à la villa car manifestement quelque chose lui a échappé... A son arrivée, Gina lui apprend qu'Angela est en fait introuvable. Une des deux prostituées refait son apparition (une histoire de poudrier en or qu'elle avait oublié). Elle tombe nez à nez avec Gina (qu'elle croit être l'épouse de Jan).

Photo n°11 : Jan et Gina sont en pleine répétition générale. A ce moment du film le spectateur est dubitatif : quel est donc ce scénario mascarade ? Comment prendre le plan de Jan un tant soit peu au sérieux ? Quelques instants auparavant, Jan s'amusait avec un modulateur de lumière, convaincu de la ressemblance de Gina avec Angela... Ici le ton change. Il s'agirait plutôt d'une étrange veillée funéraire. L'espace en arrière-plan se creuse par l'effet du cadrage en plongée. tout cela semble du chacun pour soi.

Photos n°12, 13, 14 et 15 : Cadrage en gros plan, plongée, contreplongée... Wolfgang Becker varie à plaisir les points de vue. Une constante néanmoins : c'est l'objet qui prédomine, qui envahit le plan.

 

Deuxième interlude scénaristique : "Le cadavre manquant"

 

Les évènements de la veille au soir ont bouleversé la donne. La mort d'Angela devient inconcevable car le témoignage de la prostituée enverrait Jan tout droit aux assises. En effet, celle-ci a revu Gina (qui se faisait passer pour Angela rappelons le) après le petit psychodrame. La petite mise en scène conçue par Jan pour simuler le suicide passionnel de son épouse a par là-même perdu toute sa valeur. Si la thèse de la mort de son épouse durant la nuit venait à être retenue Jan deviendrait alors le suspect numéro 1.

Etrange paradoxe : le "crime parfait" planifié par Jan supposait l'examen par la police du cadavre de son épouse duquel devait résulter l'accueil de la thèse du suicide. Or voici à présent qu'il ne faut surtout plus de cadavre ! Pas d'alternative : Gina doit continuer de jouer le personnage d'Angela tout au moins durant 48 heures le temps d'organiser sa fuite avec Jan. C'est du moins la seule position théoriquement concevable. Reste à mettre cette théorie en pratique. Jan est très vite confronté à une avalanche de difficultés. Il doit tout d'abord écarter de la scène les domestiques envoyés sous un prétexte quelconque dans leur résidence de Saint-Tropez. Jan n'a pas pensé en revanche à la femme de ménage à peine. Celle-ci, à peine arrivée dans la villa le lendemain matin constate le cambriolage et avertit la police. L'enquête commence. La barque appartenant à Jan et Angela est retrouvée par la police sur l'autre rive du lac. Des traces de sang sont découvertes à l'intérieur de cette barque ; Ce sang sera ensuite identifié comme étant d'un groupe sanguin identique à celui retrouvé sur l'un des coussins de la villa. Un bijou appartenant à Angela a été également retrouvé à proximité du ponton.

L'exécution des nouveaux plans de Jan suppose que Gina retourne dans la somptueuse résidence principale du couple en limitant au maximum ses allers et venues. Pour cela Jan (qui accomplit des efforts surhumains pour préserver une certaine cohérence à cette folie totale) a la "judicieuse" idée de faire croire à tout le monde qu'Angela souffre soudain de graves troubles nerveux. Le lendemain matin Jan espère obtenir du chargé d'affaires Burckardt l'exécution sans formalité particulière d'un ordre de virement de 100.000 marks du compte de la société sur celui de son épouse. Mais voilà, il faut la signature d'Angela ! Jan, de plus en plus préoccupé, bénéficie de 24 heures de sursis, Burckardt ne pouvant se rendre que le lendemain au domicile des époux pour obtenir cette signature. D'évidence la supercherie sera alors consommée ! Jan doit trouver entre-temps une nouvelle parade !

C'est alors que Jan reçoit la visite pour le moins étrange de Vanetti, le joaillier. Celui-ci s'est vu proposer le matin même d'un prétendu vendeur anonyme une bague qu'il connaissait parfaitement puisque c'est lui-même qui l'avait naguère vendue à Angela. Spontanément, Vanetti est venu informer Angela de cette étonnante nouvelle. Jan le reçoit bien sûr seul. A la fin de l'entrevue, Gina, décidément très tête en l'air, sort imprudemment de la salle de bains et se fait remarquer par Vanetti sous le regard furibard de Jan. Mais bon, Jan peut avoir aussi une maîtresse... Il n'empêche la situation devient de moins en moins maitrisable. Car la question principale demeure : où est donc passée le cadavre d'Angela ? Celui-ci a-t-il été jeté dans le lac ?

Les deux cambrioleurs, bien connus des services de police, ont été rapidement retrouvés. Ceux-ci admettent avoir effectivement assommé une femme mais sans aucunement vouloir la tuer. L'inspecteur, accompagné du sergent présent la veille au soir, vient rendre visite à Jan. Jan affirme que sa femme est bien présente au domicile mais qu'en raison de son grave état dépressif elle n'est pas en état de répondre à un interrogatoire. L'inspecteur s'en assure en entrant dans la chambre. Il y trouve Gina au lit : le sergent confirme, et pour cause, que cette femme est bien celle qu'il a vue à la villa. Gina est donc bien Angela aux yeux de la police...

Une nouvelle" idée de génie" germe dans le cerveau de Jan. L'absence de cadavre fait problème : pas de cadavre, pas d'acte de décès et donc pas de succession ! Il faut donc inventer ce cadavre. Le voici alors tout trouvé : ce sera celui de Gina ! Il suffità Jan de concevoir un nouveau "crime parfait" en supprimant Gina de telle manière que son cadavre ne soit plus identifiable (par exemple en la faisant périr dans une voiture incendiée) tout en mettant en scène quelques indices matériels permettant à la police d'en déduire qu'Angela était effectivement l'occupante de la voiture. Pour justifier la survenance de l'accident, Jan invoquera les troubles nerveux de sa femme...

Le temps presse car dès le lendemain tout le pot aux roses sera immanquablement révélé avec la visite de Burckardt. De plus Gina est de plus en plus nerveuse. Jan met rapidement son plan en place. Il prend soin d'appeler un éminent neurologue pour l'informer de l'état de santé d'Angela qui se serait encore aggravé justifiant une hospitalisation à bref délai. Jan insiste pour que Gina enfile la bague d'Angela. Cette fois le vent semble tourner en faveur de Jan. Après quelques péripéties, il parvient à ses fins et la malheureuse Gina périt au volant de sa voiture dans laquelle Jan a placé un petit systême explosif.

Troisième interlude scénaristique : "Tel est pris qui croyait prendre"