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Retour à la rubrique : Splendeurs du giallo

 

 

 

Une lucertola con la pelle di donna (1971) de Lucio Fulci

 

(Titre US / UK : A Lizard in a Woman's Skin. Titre espagnol : Una lagartija con piel de mujer. Titres français : Le Venin de la peur / Carole / Les Salopes vont en enfer. Titre vidéo US : Schizoid)

 

 

Première projection publique en Italie le 17 février 1971 (interdiction aux mineurs). Projection en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis en juin 1973 (interdiction aux mineurs). Projection française en août 1975 (interdiction aux mineurs).

Les durées du film ont varié selon les copies et / ou les choix de la censure : en Italie : 95 mn, en Espagne : 88 mn, aux USA : 96 mn, en Grande-Bretagne : 100 mn, en France : 101 mn.

 

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Fiche technique

 

Production

International Apollo Films (Rome) / Atlantida Films (Madrid) / Les Films Corona (Paris)

Producteur général : Edmondo Amati

Producteur manager : Renato Jaboni

 

 

Scénario

Lucio Fulci / Roberto Gianviti / José Luiz Martinez Molla / André Tranché

 

Assistant réalisateur : Giorgio Gentili

Directeur de la photo : Luigi Küveiller

Caméramen : Ubaldo Terzano / Saturnino Pita

Musique : Ennio Morricone (vocal soloist : Edda Dell'Ono)

Ingénieur du son : Massimo Jaboni

Montage : Jorge Serralonga

Décors : Maurizio Chiari / Nedo Azzini

Effets spéciaux : Giovanni Rambaldi / Eugenio Ascaldi

 

Lieux de tournage : Extérieurs tournés à Londres et dans la Propriété du Duc et de la Duchesse de Bedford dite "Woburn Abbey". Intérieurs tournés à Dear Center (Roma)

 

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Casting

Florinda Bolkan : Carol Hammond

Stanley Baker : Inspector Corvin

Jean Sorel : Frank Hammond

Edy Gall (Elide De Galleani ) : Joan Hammond

Anita Strindberg : Julia Durer

Alberto De Mendoza : Sergeant Brandon

Penny Brown : Jenny

Mike Kennedy : Hubert

Jorge Rigaud : Doctor Kerr, le psychanalyste

Ezio Marano : Lowell

Franco Balducci : Mc Kenna, un policier

Eszra Paal : Mrs Gordon

Gaetano Imbro : un policier

Luigi Antonio Guerra : un policier

Jean Degrade : le directeur de la clinique

 

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Le coin du cinéphile

 

 

Acteurs et actrices

 

Florinda Bolkan (Carol) (53)

Florinda Bolkan est née en 1941 dans l'état du Ceara au Nord-Ouest du Brésil. L'internaute trouvera sa biographie en anglais sur le site www.florindabolkan.com. Durant les années soixante Florinda Bolkan effectue de nombreux séjours à Londres, Paris et Rome. Elle poursuit à la Sorbonne des études universitaires en art. En 1967, elle fait la connaissance à Rome de Luchino Visconti qui voit en elle une future grande actrice.

Florinda Bolkan se voit très vite offrir des rôles aux côtés de John Cassavetes (Gli intoccabili, 1968, de Giuliano Montaldo), Franco Nero (Macchie di belletto / Un détective) de Romolo Guerrieri), Tony Musante (Anonimo veneziano d'Enrico Maria Salerno), Gian Maria Volonté (Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon d'Elio Petri, 1970) et Michael Caine (The Last Valley, 1971). Le public français la découvre dès 1969 dans le film de Nadine Trintignant, Le Voleur de crimes. En 1970, Luchino Visconti lui confie le personnage d'Olga dans La caduta degli dei (Les Damnés). Cette même année 1970, Florinda Bolkan tourne avec Terence Stamp et Jean-Claude Brialy Una stagione all'inferno de Nelo Risi, film qui évoque Verlaine et Rimbaud. En quelques trois années Florinda Bolkan a ainsi acquis la stature d'une actrice de renommée internationale.

En incarnant le personnage de Carol, Florinda Bolkan s'est confrontée avec réussite à un jeu mêlant une froideur inexpressive presque saturnienne et des accès de peurs paniques. Cette étonnante capacité de l'actrice à passer en quelques secondes d'un état à un autre (21) donne toute sa crédibilité au récit qui peut se lire comme le parcours effroyable d'un être profondément psychotique.

 

Stanley Baker (l'inspecteur Corvin) (70)

La carrière de sir Stanley Baker n'est plus à présenter. C'est Joseph Losey qui l'impose définitivement comme acteur de tout premier plan. Il est l'inspecteur Morgan (1959), le gangster évadé des Criminels (1960), le romancier déchu d'Eva (1962) et le professeur d'université dilettante dans Accident (1967). Incarnant l'inspecteur Corvin, Stanley Baker exploite au mieux un registre où l'impassibilité semble tant est si bien contrôlée qu'elle en devient inquiétante. Cette fausse neutralité de comportement n'abusera que les imbéciles comme Lowell. Corvin est un être potentiellement très violent. Le meurtre doit avoir un sens, une logique : par exemple tuer le chasseur parce que l'on est sa proie.

 

Jean Sorel (39)

Jean Sorel a 36 ans lorsqu'il tourne Le Venin de la peur. A son actif l'acteur a déjà près de quarante rôles. Il incarne Etienne Lantier dans Germinal (1963) d'Yves Allégret, Gianni dans le chef- d'oeuvre de Luchino Visconti Vaghe stelle dell'Orsa (1966), Pierre Serisy dans Belle de jour (1967) de Luis Bunuel. A la fin des années soixante Jean Sorel se tourne vers le cinéma de genre. Il travaille pour la première fois avec Lucio Fulci dans l'excellent Una sull'altra (1969). Répondant en cela à la tonalité générale du film, Jean Saurel adopte un jeu très statique qui semble privé de tout relief (68). Même au bord du gouffre, il semble dénué de tout affect comme s'il s'était condamné par avance. Une belle composition de personnage fantomatique.

 

Leo Genn (71)

Autre très grande figure du cinéma britannique, Leo Genn a composé un remarquable Petronius dans Quo Vadis (1951) de Mervyn LeRoy. Il incarne ensuite le personnage de Starbuck dans Moby Dick (1956) de John Huston. En 1960 il est dirigé par Roberto Rossellini dans Era notte a Roma puis par Nicholas Ray dans 55 days at Peking (1963). Leo Genn aborde ensuite le cinéma d'horreur : Circus of Fear (1966) de John Llewellyn Moxey, Il trono di fueco (1970) de Jesus Franco. Sa prestation dans Una lucertola con la pelle di donna est excellente. Edmund Brighton est un fauve. Obsédé par sa relation quasi incestueuse avec sa fille Carol, il observe, scrute, questionne du regard. Pour sauver sa fille il lui faut un autre coupable. Une fois celui-ci désigné (ici son gendre et associé Frank) et pris dans ses rets, Edmund Brighton exercera implacablement sa rhétorique sans aucun échappatoire : Frank a trahi, il doit être détruit. Edmund Brighton, ténor du barreau, est un monstre au sang froid.

 

Alberto de Mendoza (sergent Brendon) (25)

La carrière de l'acteur argentin Alberto de Mendoza comporte pas moins de 110 rôles. Adulé du public argentin puis espagnol, son physique de beau ténébreux constitue un très sérieux atout pour remplir les salles du cinéma du sam'di soir ibérique. Dans les années soixante il poursuit sa carrière en Italie et fait lui aussi la connaissance de Lucio Fulci en 1969 dans Una sull'altra. Pour les amateurs du cinéma bis italien, sa prestation dans le film n'étonnera guère. Soignant son élégance, il oeuvre avec dilettantisme mais efficacité.

 

Mike Kennedy (Herbert) (23) (75)

Unique apparition ou presque au cinéma. On peut le regretter. Mike Kennedy parvient souvent en quelques mimiques à générer l'angoisse. Un visage d'ange sculpté au scalpel du démon.

 

Silvia Monti (Deborah)

L'actrice a été découverte par le public français dans Le Cerveau (1969) de Gérard Oury. Son personnage ne lui offre guère le loisir d'exercer son talent si ce n'est durant la scène d'amour avec son amant Frank.

 

Ely Galleani (Joan) (67)

Cette jeune actrice a débuté en cette même année 1970 sous la direction de Mario Bava dans Cinque bambole per la luna d'agosto. En parfaite fausse ingénue, Ely Galleani, fait preuve ici d'une grande vivacité teintée d'arrogance et donne au récit une petite touche de perversité, façon Lolita.

 

Anita Strindberg (Julia Durer) (89)

L'actrice fait ses débuts au cinéma sur ce film. Très vite remarquée, elle tournera l'année suivante aux côtés de Georges Hilton un fort bon giallo signé Sergio Martino, La coda dello scorpione. Anita Strindberg se voit confier ici un personnage purement érotisé, presque abstrait. Elle ne prononce aucune parole si ce n'est ces mots adressés au téléphone à Edmund Brighton et que le spectateur n'entendra au demeurant que bien plus tard au cours de l'ultime flash-back.

 

Penny Brown (Jenny) (66)

Quelques rares apparitions sur les écrans. Elle se compose ici un visage tout à fait étonnant : quelque chose tout à la fois de lunaire et de perversement vulgaire.

 

Les scénaristes :

Le scénario de Una lucertola con la pelle di donna est, à notre sens, tout à fait remarquable. Sans doute peut-on le considérer, avec celui d'Una sull'altra réalisé en 1969, comme un des travaux les plus achevés dans le cinéma de Lucio Fulci. Belle occasion pour saluer une personnalité méconnue du cinéma italien, Roberto Gianviti, que l'on retrouve au générique des deux films précités mais aussi de Beatrice Cenci, film dont la valeur a été peut-être injustement dépréciée par la critique. Roberto Gianviti, c'est un peu tout un pan du cinéma populaire italien de 1957 jusqu'à l'orée des années 80. Sa collaboration avec Lucio Fulci a été essentielle. C'est même de complicité qu'il s'est agi, qui leur a permis de concevoir la trame scénaristique de pas moins de sept films.

Certes, si l'on excepte Murderock réalisé tardivement en 1984, on constate que les films les plus connus et les plus appréciés aujourd'hui de Lucio Fulci (Gli ultimi zombi, Paula nella citta dei morti viventi, Il gatto nero, L'aldila, Quella villa accanto al cimitiero, Lo squartatore di New York) ont été conçus sans la participation de Roberto Gianviti. Et, effectivement, la tonalité de ces films est fort différente de Una sull'altra et de Una lucertola con la pelle di donna. Une rigueur moindre dans la construction du récit a été alors compensée par un travail visuel beancoup plus axé sur le gore.

Aux côtés de Lucio Fulci et de Roberto Gianviti, nous retrouvons José Luis Martinez Mollà qui avait aussi co-signé le scénario de Une sull'altra deux ans auparavant, et André Tranché.

 

Musique et son

La musique de Una lucertola con la pelle di donna est à notre sens, la composition la plus aboutie d'Ennio Morricone dans sa démarche visant à transposer à la musique de film les langages appris à Darmstadt auprès de Karlheinz Stockausen. L'oeuvre du compositeur reste encore à découvrir sur bien des films tant son travail fût actif. Le cinéma de Sergio Leone l'a consacré auprès du grand public. Mais en 1968, sur Teorema de Pasolini, Ennio Morricone se voit enfin offrir une large plage d'expression au risque de choquer le spectateur. C'est à cette époque que le compositeur rejoint le Gruppo di Improvvisazione Nuova Consonanza (auquel participent Franco Evangelisti, Egisto Macchi, Gianni Piazza) tout en poursuivant ses relations amicales avec son premier maître, Golfredo Petrassi. Tout comme dans L'uccello dalle piume di cristallo de Dario Argento et dans Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospeto d'Elio Petri, Ennio Morricone travaille sur des combinatoires assez complexes en faisant interférer bruitages, musique atonale, lignes mélodiques au lyrisme envoûtant et musique pop. Du grand art.

 

 

La photographie

1970 est une année particulièrement faste pour le directeur de la photographie Luigi Kuveiller qui, après avoir travaillé avec Alberto Lattuada, signe la photo du film d'Elio Petri, Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, mais aussi celle de A Man called Sledge et du Michel Strogoff d'Eriprando Visconti (avec Mimsy Farmer). Disposant ici d'une très grande liberté pour représenter le déréglement mental, Luigi Kuweiller emploie tous les procédés à sa disposition, grand-angle, brusques changements de focales, caméra portée, effets de miroir, transparences, etc. Luigi Kuveiller et Luigi Fulci choisissent surtout comme terrain d'expérimentation la sur-exposition (le corridor dans les rêves de Carol, la chambre de Carol, l'appartement de Julia Durer) jusqu'au point limite, c'est-à-dire l'aveuglement de l'image. Par ailleurs, une tonalité verdâtre sinistre est très largement utilisée pour les extérieurs londoniens. L'ensemble de la composition photographique du film ne cesse de renvoyer à cette froideur de contrastes si perceptible dans la peinture de Bacon, citée à de nombreuses reprises.

 

Les effets spéciaux

Lucio Fulci a confié à Giovanni Rambaldi et à Eugenio Ascaldi le soin d'imaginer les effets spéciaux, spécialement pour la séquence de vivisection et pour celle de l'attaque des chauves-souris. Le film y a gagné là une petite notoriété auprès des amateurs d'images trash et d'anecdotes fleurant bon l'interdit puisque, semble-t-il, Lucio Fulci et Giovanni Rambaldi durent se justifier auprès des autorités judiciaires de l'absence de toute maltraitance animale.

 

 

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Argument du film

A partir d'une scène traumatique, le meurtre de Julia Durer par Carol Hammond, celle-ci entame un terrifiant parcours névrotique rythmé par l'évolution de l'enquête policière qui, après avoir provoqué la désintégration de la famille de Carol, conclura à la culpabilité de cette dernière.

 

 

Prélude au récit cinématographique

 

Bien étrange famille que le clan Brighton / Hammond. Edmund Brighton (Leo Genn) est au faîte de sa gloire professionnelle. Très brillant avocat pénaliste londonien, il est en passe d'obtenir aussi la consécration politique lors des futures élections à la Chambre. Point de Mrs Brighton : Edmund Brighton est sans doute veuf, on ne sait. Toute son affection s'est reportée sur sa fille Carol (Florinda Bolkan) qu'il aime par dessus tout. A l'initiative de son père, Carol a suivi naguère la filière juridique et a eu quelques expériences professionnelles avant d'interrompre toute activité et de rester seule et inactive dans son très vaste appartement surchargé par la présence de nombreuses oeuvres d'art.

Carol Brighton s'est mariée voici plusieurs années avec Frank Hammond (Jean Sorel), un jeune avocat arriviste qui a su séduire la fille pour devenir le bras droit d'Edmund Brighton. Il y a gagné le luxe et la renommée mais point l'amour conjugal. De toute évidence Carol et Frank n'ont aucune vie sexuelle commune. En secret Frank a pour maîtresse Deborah (Silvia Monti) une amie de la famille Brighton, sans que Carole ne se doute de quelque chose. Notons une autre présence féminine dans les lieux avec Joan Hammond (Elide De Galleani), la fille de Frank Hammond. Celle-ci joue les jeunes demoiselles sages. En réalité, elle n'hésite pas à lire en cachette les notes prises par Carol à l'occasion de ses rêves ce qui lui a permis de découvrir les penchants lesbiens de Carol, sa belle-mère, et son attirance onirique pour sa voisine de palier, Julia Durer (Anita Strindberg), un top model fréquentant les milieux hippies londoniens. Cachant fort bien son jeu Joan fréquente discrètement la communauté hippie qui se donne rendez-vous de temps en temps chez cette fameuse Julia Durer, une sorte de grande prêtresse qui organise régulièrement à son domicile des orgies de luxe où la débauche sexuelle va de pair avec une grande consommation de drogues dures et très coûteuses. Parmi cette petite bande de hippies figurent Jenny (Penny Brown) et Herbert (Mike Kennedy).

Carole suit une analyse auprès d'un psychanalyste, le Docteur Kerr (Jorge Rigaud). Julia Durer est au centre de cette analyse. Toutes les séances avec le Docteur Kerr sont enregistrées par celui-ci à l'aide d'un magnétophone.

A Scotland Yard, l'inspecteur Corvin (Stanley Baker) exerce son métier avec un certain désabusement. Tout au moins il est celui à qui on ne l'a fait plus. Les services de police sont révolutionnés par le tout nouvel essor de la police scientifique représentée ici par un certain Lowell (Erzra Paal), mais l'inspecteur Corbin fonctionne encore sur la bonne vieille logique indices / mobiles. Il est épaulé dans ses fonctions par le sergent Brandon (Alberto De Mendoza) qui n'a de cesse de soigner un look de séducteur.

 

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Séquentiel

 

Séquence onirique inaugurale.

Carol, habillée d'un manteau de fourrure, avance à grand peine dans le couloir d'un wagon à compartiments (1). Elle cherche désespérément quelque chose ou quelqu'un. Elle a de plus en plus de mal à se frayer un chemin au milieu des autres voyageurs. Le couloir du wagon se transforme alors en un très vaste corridor aux murs blancs et très éclairés, empli d'hommes et de femmes nus qui s'enlacent dans une ambiance orgiaque (2). La progression de Carol est de plus en plus difficile. Soudain c'est la perte de tout repère. Carol chute.

Dans un tout autre espace / temps, Carol se retrouve face à face avec le visage d'une superbe femme blonde qui devient progressivement corps. Celle-ci rejoint Carol sur un vaste carré de coussins (3). A l'initiative de cette inconnue les deux corps se frolent, se touchent puis s'enlacent. Carol, dans un premier temps si timide au contact lesbien, se laisse peu à peu emporter par le désir et s'approche du plaisir.

 

Première journée

Tard dans la matinée. L'appartement Hammond. Carol Hammond achève son rêve (6). Quelques instants plus tard. Alors que Carol s'est déjà installée à son bureau pour noter son rêve, Joan Hammond entre après avoir frappé et vient déranger Carol pour venir chercher des médicaments. rêve qu'elle vient de faire. Il s'ensuit un bref dialogue anodin sur l'état des relations entre Carol et Frank, qui, de toute évidence, font chambre à part. S'emportant après la femme de chambre absente, Joan plante violemment le coupe-papier de Carol.

Plus tard. Chez le Docteur Kerr. Carol achève une séance chez son psychanalyste. Le rêve de la nuit passée est au centre du dialogue avec l'analyste. Carol avoue enfin son attirance pour le personnage de Julia Durer.

Le soir. L'appartement Hammond. Carol et Frank Hammond recoivent à leur domicile le père de Carol, Edmond Brighton. Joan et Deborah participent également au dîner. Le calme de la conversation est troublé par un vacarme mêlant des cris et des musiques psychédéliques provenant de l'appartement voisin.

Au même moment. L'appartement de Julia Durer. C'est effectivement une orgie qui se déroule dans l'appartement de Julia Durer. Celle-ci recoit de nombreux hippies dans une ambiance de sexe et de drogue.

Un peu plus tard. Chez les Hammond. Les cinq convives sont passés au salon (8). Deborah et Joan jouent aux dames. Edmund et Frank conversent. Carol, un peu à l'écart, semble être absente. Son père s'en aperçoit et s'inquiète de l'utilité des séances de psychanalyse suivies par sa fille.

Un peu plus tard. Edmond Brighton s'entretient quelques secondes avec son gendre et lui propose d'emmener Carol en voyage. Frank lui rétorque aussitôt qu'il ne poura pas l'accompagner, en prétextant de divers arguments. Edmond Brighton quitte l'immeuble et s'engouffre dans la limousine où l'attend son chauffeur, après avoir commis un haussement d'épaules à la vue d'une buggie décorée très années pop, garée juste devant l'immeuble. A l'étage, Carol demeure seule près de la fenêtre de sa chambre.

 

Deuxième journée : un lundi

Dans l'après-midi. Dans une rue de Londres puis au domicile professionnel d'Edmund Brighton. Edmund est en conversation avec Frank au sujet d'une affaire à plaider le lendemain. Edmund a décidé de se retirer quelques jours dans sa résidence à la campagne afin de préparer ses discours électoraux. C'est Frank qui se chargera de le remplacer au tribunal. Leur conversation est interrompue par un mystérieux coup de téléphone brutalement coupé. Edmund a néanmoins le temps de comprendre qu'il s'agit d'une tentative de chantage concernant "un membre de sa famille". D'un ton faussement badin Edmund demande à Frank si Carol est bien la seule femme dans sa vie. Frank affiche maladroitement sa consternation et répond fermement par la négative.

Début de soirée. Une propriété cossue, quelque part dans la campagne londonienne. Il pleut à verse. Frank gare sa voiture à proximité de la fameuse buggie puis franchit le seuil d'un pavillon. Il retrouve à l'intérieur une femme qu'il enlace amoureusement.

 

Seconde séquence onirique

Carol tente à nouveau de progresser dans le couloir d'un wagon peuplé cette fois de très nombreux hommes et femmes nus. puis Carol migre dans un immense espace noir traversé de monstrueux portraits en trois dimensions des quatre personnages qui étaient à table la veille au soir. Cette étrange visite s'achève par le portrait de Joan en état de grande souffrance (14), son sexe étant ensanglantée comme à la suite d'une effrayante fausse couche (15). Carol hurle de terreur mais son cri est couvert par celui d'une sorte de cygne monstrueux dont le bas du ventre est frappé d'un étrange sceau en forme de triangle, qui fond sur elle. Puis le cygne survole lentement la pelouse d'une immense propriété à la campagne. C'est alors que Julia Durer apparaît tout comme dans le précédent rêve. Mais cette fois, Julia est vêtue d'un slip noir et de longues cuissardes noires satinées. La scène semble se reproduire à l'identique jusqu'à ce que Carol, devenue enragée, tue Julia en la frappant à trois reprises avec son coupe-papier. Alors qu'elle regarde, incrédule, sa main encore maculée du sang de Julia Durer, Carol se retourne et, prise d'effroi, découvre la présence sur une étrange balustrade d'un homme et d'une femme assis, qui la contemplent d'un regard absent.

 

Le lendemain

Londres. Chez le Docteur Kerr. Carol relate son nouveau rêve au psychiatre. Elle regrette cette fois de ne pas avoir de souvenirs plus précis, contrairement aus séances précédentes où elle venait munie de ses notes. Le Docteur Kerr entreprend une analyse du rêve qui, selon lui, démontre un acte de libération dans l'inconscient de Carol, celle-ci ayant procédé en quelque sorte à un meurtre symbolique pour se soulager de sa névrose de culpabilité.

 

Samedi suivant.

Londres au matin. A l'intérieur d'une voiture de police qui roule à vive allure. L'inspecteur Corbin et le sergent Brandon évoquent la nouvelle affaire qui leur est confiée. Le cadavre de Julia Durer, déjà en état de putréfaction, a été découvert le matin même par la femme de ménage de celle-ci.

Un peu plus tard, dans la matinée. Appartement de Julia Durer. De nombreux policiers sont déjà sur place dont le fameux Lowell. Celui-ci se risque à une plaisanterie verbale peu appréciée par l'inspecteur Corbin. De nombreux policiers sont affairés à prendre des photos des lieux et à inspecter l'appartement de Julia Durer dans ses moindres recoins. L'inspecteur Corbin demande au sergent Brandon de commencer l'enquête en interrogeant tous les occupants de l'immeuble, spécialement quant à leurs activités dans la nuit du meurtre, c'est-à-dire, selon le médecin légiste, la nuit du lundi au mardi précédent. Corbin demande néanmoins à Brandon de faire preuve de tact envers les Hammond en raison de la grande renommée du père de Carol.

Un peu plus tard. Appartement des Hammond. Le sergent Brandon a pour interlocutrices Carol, Joan et Deborah. Dès la première question concernant Julia Durer, Carol se braque (25). Joan, avec malice, anticipe la réaction du policier en affirmant que personne n'est dupe et que c'est bien d'un meurtre dont il est question. Brandon est un peu pris de cours.

Un peu plus tard. Dans le bureau d'Edmond Brighton. Frank Hammond informe Edmond de la découverte du cadavre de Julia Durer. Edmond Brighton ne semble pas s'en offusquer. En revanche son attitude change lorsque Frank lui précise que sa fille Carol semble très affectée par ces évènements. Edmond invite Frank à rejoindre au plus vite son épouse.

En début d'après-midi. Appartement des Hammond. Frank, Carol, Joan et Deborah déjeunent sans mots dire. Carol perçoit un grand malaise. Elle apostrophe Frank quant aux informations qu'on s'efforce de toute évidence de lui cacher et lui demande pour quelles raisons on ne lui a pas rapporté comme à l'accoutumée les journaux du soir. Joan lui ment sans conviction en s'excusant de les avoir pris pour les lire. Un coup de téléphone (53) d'une voisine révèle à Carol les circonstances précises du meurtre de Julia Durer telles qu'elles ont été relatées dans les journaux. Carol s'affole en apprenant que ce meurtre a été commis très exactement comme dans le récit de son rêve. Carol se précipite dans sa chambre à la recherche de son coupe-papier. Elle ne le trouve pas. Frank la rejoint. Carol lui demande son aide.

Quelques instants plus tard. Appartement de Julia Durer. Le sergent Brandon annonce à l'inspecteur Corbin que Frank veut les rejoindre. Tous trois se rendent dans la pièce du crime où gît toujours le cadavre de Julia Durer. Frank découvre dans la pièce le coupe

Au même moment. Appartement des Hammond. Alors que Joan et Deborah lisent en silence, Carol, à bout de nerfs, se précipite hors de la pièce.

Quelques instants plus tard. Appartement de Julia Durer. Carol fait irruption dans la pièce du crime. A la vue du cadavre de Julia Durer, Carol est prise de vertiges et s'évanouit.

 

Une semaine plus tard

En province. Propriété d'Edmund Brighton. Conversation entre Edmund et Frank au sujet de Carol. Edmund persiste à penser que l'accumulation sur les lieux du crime d'indices accablants pour sa fille tient d'une manoeuvre préméditée pour faire sombrer sa fille dans la folie.

Londres. Locaux de la police. Conversation entre le commissaire divisionnaire et l'inspecteur Corbin. La piste hippie semble privilégier par les autorités. Mais l'inspecteur Corbin persiste dans sa démarche logique : seule la découverte d'empreintes et d'un mobile peut conduire à l'assassin. Leur conversation est interrompue par l'annonce de l'arrestation du coupable. Le commissaire et l'inspecteur Corbin se rendent dans un petit bureau où est interrogé un dénommé Harry Smith qui s'accuse du crime de Julia Durer. En quelques minutes les deux hommes comprennent que les policiers subalternes se sont fourvoyés et que Harry Smith n'est qu'un mythomane psychotique.

Londres. Une galerie d'art. Carol et Joan flanent en regardant des objets d'art exposés. Soudain Carol aperçoit dehors, à travers la vitre, les deux hippies décrits dans son rêve. Elle sort brusquement de la galerie d'art suivie de Joan interloquée.

Un peu plus tard. Banlieue de Londres. Carol et Joan descendent d'un bus. Elles ont suivi les deux hippies (il s'agit de Jenny et Herbert) qui se dirigent à présent vers un théâtre abandonné.

Un peu plus tard. A l'intérieur du théâtre. Carol n'ose pas s'approcher. Joan prend l'initiative d'aller vers le groupe de hippies. Ils se parlent tous les trois. Jenny et Herbert dévisagent de loin Carol mais sa silhouette ne leur dit rien. De retour vers Carol, Joan lui affirme qu'ils ne savent rien d'elle et lui suggère l'idée qu'elle-même a peut-être pu les croiser dans l'immeuble ce qui expliquerait leur présence dans son rêve. Carol s'avère très surprise de cette réflexion et interroge cette fois Joan pour savoir si cette supposition ne viendrait pas de Jenny et Herbert. Joan lui réaffirme qu'il n'en est rien et que ceux-ci ne lui ont rien dit. Ce mensonge est aggravé par l'insouciance avec laquelle Joan réagit lorsqu'un autre hippie vient l'embrasser en l'appelant par son petit nom.

 

Le lendemain

Londres. Locaux de la police. Lowell entreprend une grande démonstration "scientifique" devant ses supérieurs. Selon lui, le meurtrier ne peut être un des invités de Julia Durer. Peu convaincu, l'inspecteur Corbin décide néanmoins d'engager des recherches auprès des autres occupants de l'immeuble y compris, bien sûr, les Hammond.

Londres. Appartement des Hammond. Le sergent Brandon empoie un petit subterfuge pour obtenir les empreintes digitales des différents membres du clan Hammond.

Londres. Locaux de la police. La comparaison des empreintes relevées sur le lieu du crime avec celles de Carol conduit à la probable culpabilité de celle-ci.

Londres. Appartement des Hammond. Carol est arrêtée.

 

Plusieurs jours se sont écoulés

Londres. Dans les locaux de la prison. Edmund Brighton dialogue avec sa fille Carol au parloir (32). Carol lui affirme qu'elle est innocente. Edmund la convainc qu'il mettra tout en oeuvre pour la disculper.

 

Quelques jours plus tard

Londres. Devant les locaux de la prison. Carol, en liberté provisoire, sort du bâtiment accompagnée de son père et s'engouffre dans une voiture pour se rendre dans la clinique psychiatrique où elle a été placée. A quelques mètres de là l'inspecteur Corbin et le sergent Brandon évoquent l'évolution de la situation. Corbin reste très perplexe quant à la culpabilité de Carol en l'absence de tout mobile de meurtre.

 

Un autre jour

Londres. Chez le Docteur Kerr. Edmond Brighton et Frank Hammond s'entretiennent avec le psychanalyste. Celui-ci leur fait écouter un extrait des enregistrements des séances de Carole et donne son opinion sur la possible réaction schyzophrène de Carol qui la rendrait irresponsable de son acte criminel s'il s'avérait qu'elle était bien l'auteur du crime.

 

Un autre jour

Londres. Appartement de Deborah. Frank et Deborah couchent ensemble. A l'extérieur, un mystérieux photographe prend des clichés de la scène.

 

Un autre jour

La clinique. Carol se repose seule dans une chaise longue positionnée au milieu d'une étrange et vaste pelouse (34). Soudain Carol s'inquiète d'un bruit indiquant une présence humaine dans les fourrés. Carol se lève précipitamment, grimpe maladroitement sur un talus puis se dirige vers les grilles fermées d'une petite entrée de la clinique. Ne pouvant sortir elle rebrousse chemin et aperçoit alors un homme aux cheveux roux qui semble la poursuivre. Affolée, elle entre dans le bâtiment, grimpe un étroit escalier de fer en colimaçon, erre dans des couloirs vides et labyrinthiques puis parvient à ouvrir enfin une porte. Elle traverse une pièce fort sombre meublée d'objets hétéroclites puis débouche sur une zone bien mieux éclairée. Derrière une porte aux vitres translucides elle distingue une ombre très inquiétante (37). Derrière celle-ci un membre du personnel de la clinique vaque à ses occupations. Celui-ci s'éloigne. Au comble de la peur Carol décide alors d'ouvrir la porte et découvre horrifiée à l'intérieur de la pièce une abominable expérience de vivisection sur des chiens (38). Carol s'évanouit.

Un peu plus tard. Le docteur qui dirige la clinique ainsi qu'une infirmière et Frank sont au chevet de Carol. Tous tentent de la rassurer en évoquant la thèse de l'hallucination. Le docteur, après avoir affirmé que le laborantin coupable de ne pas avoir verouillé derrière lui la porte du laboratoire sera puni, réprimande néanmoins Carol pour avoir voulu jouer les petites curieuses.

 

Le lendemain

Londres. Domicile professionnel d'Edmund Brighton. Edmund accable Frank en lui présentant les clichés de sa partie de jambe en l'air avec Deborah. Cette fois Frank doit avouer à son beau-père qu'il trompe Carol depuis deux ans avec Deborah. Edmund ne s'en tient pas là. Il émet l'hypothèse selon laquelle le coup de fil mystérieux reçu le lundi du crime était relatif en fait à Frank menacé de chantage. Mobile idéal qui justifierait le meurtre de Julia Durer par Frank. Mieux, celui-ci aurait fait d'une pierre deux coups en accumulant sur les lieux du crime des indices accablants pour sa femme Carol dont il se serait ainsi débarassé par la même occasion. Dans une démonstration implacable Edmund révèle à Frank qu'il s'avère que lors de son dernier rendez-vous chez le Docteur Kerr, le lendemain du crime, Carol reconnaissait ne pas avoir ses notes. En bonne logique, Frank lui aurait dérobé celles-ci et y aurait trouvé matière à créer dans la réalité tout le dispositif imaginé par Carol dans son rêve de sorte que, aux yeux de la police, ce ne serait plus d'un rêve qu'il s'agirait mais bien d'un véritable meurtre commis par Carol puis déguisé en vision onirique par celle-ci chez son psychiatre pour feindre la schizophrénie. Frank est abasourdi. Sa seule planche de salut : retrouver les hypothétiques notes écrites par Carol avec l'espoir que le rêve de celle-ci ne coïnciderait pas avec la scène du crime.

Un peu plus tard. Londres. Appartement des Hammond. Frank cherche désespérément dans le secrétaire de Carol les notes que celle-ci aurait pu prendrece fameux lundi du meurtre et dont seul le contenu pourrait désormais le disculper (39). Joan, allongée nonchalament sur le lit de Carol, assiste à la scène sans bien comprendre. A bout, Frank avoue à sa fille que sa mise en accusation est imminente.

 

Le lendemain

Un matin. A l'extérieur de la clinique. Edmund Brighton invite Carol, désormais libre, à prendre place dans sa limousine pour rejoindre la résidence paternelle qui demeure son vrai foyer, dixit Edmund.

 

Un peu plus tard. Propriété d'Edmund Brighton. Carol fait une ballade à cheval. Soudain elle voit Jenny, maquillée comme dans le rêve, qui l'accoste pour lui donner un rendez-vous dans une étrange église située en périphérie de Londres à 16 heures aux fins de découvrir l'identité de l'assassin de Julia Durer.

Vers 16 heures. A Londres. Un motard se rend au lieu du rendez-vous. De son côté, Carol pénètre dans un étrange édifice. Elle se trouve aussitôt prise au piège, enfermée dans une petite pièce. Affolée elle découvre un passage qui la conduit dans des sous-sols puis dans un réseau de cryptes. Poursuivie par l'homme à la moto, Carol poursuit son parcours en découvrant des espaces toujours nouveaux. Elle parvient dans un immense hall d'usine où est installé tout au fond un orgue de cathédrale. Maladroitement elle actionne un dispositif qui met en marche l'instrument. Il s'ensuit un terrible vacarme. Carol fuit de nouveau et atteint une nouvelle pièce très sombre. Elle s'y trouve immédiatement enfermée. C'est alors que des dizaines de chauve-souris s'abattent sur elle. Alors qu'elle se débat désespérément, son poursuivant tente de défoncer la porte pour la rejoindre . Il y parvient mais Carol a pu s'engouffrer in extremis dans une ouverture donnant sur un toit, non sans avoir été gravement blessée au bras par le poignard de son agresseur. Carol titube dans la lumière du soleil. Proche de l'évanouissement elle voit s'avancer vers elle Harry qui s'apprête à la tuer. Une intervention miraculeuse d'un tireur d'élite armé d'un fusil, installé sur un toit voisin, fait fuir Harry. Celui-ci parvient à fuir malgré l'arrivée de la police.

 

Le lendemain

Un hangar désaffecté. Joan, habillée cette fois de cuir, retrouve Jenny qui, avec nonchalance, s'exerce au lancer de couteau sur une toile blanche après avoir enduit chaque arme de peintures très coloréees (65). A l'esbrouffe, Joan annonce à Jenny qu'elle a un rencart avec son copain rouquin mais que c'est elle qui doit lui indiquer l'endroit où le trouver.

Au même moment. Londres. Devant le "Richmond Hospital". Edmund Brighton sort de sa berline et demande à son chauffeur de l'attendre.

Au même moment. Le hangar désaffecté. Jenny n'est pas dupe de la petite entourloupe de Joan. Toutefois, en échange d'un billet de 25 Livres, elle se dit prête à l'aider.

Un peu plus tard. Une cabine téléphonique au bord d'une route / L'appartement des Hammond. Joan informe par téléphone son père Frank qu'elle vient de voir un type qui lui a révélé des choses incroyables sur Carol et qui seraient de nature à le disculper totalement (67). Joan lui annonce qu'elle a à présent rendez-vous avec le rouquin à Richmond Park, ceci pour connaître enfin toute la vérité. Dans la chambre de Carol, Edmund Brighton, qui préparait des affaires pour sa fille soignée à l'hôpital, écoute sur un autre poste cette conversation téléphonique.

Plus tard. A Richmond Park. Le corps de Joan, égorgée, gît au sol (69). Des policiers s'affairent. Frank est aux côtés du Sergent Brendon.

Quelques jours plus tard. Propriété d'Edmund Brighton. L'inspecteur Corbin, venu interroger Carol, prend le thé avec elle. Incidemment, il lui demande si son père lui avait parlé du mystérieux coup de téléphone, point de départ de toute l'affaire selon lui. Carol lui répond par l'affirmative (70) ce qui ne cesse d'étonner l'inspecteur Corbin. Edmund Brighton, qui venait de faire irruption dans le salon, entend la réponse faite par sa fille (71).

Plus tard. Dans les locaux de la police. Herbert est interrogé par cinq policiers dont le sergent Brendon au sujet d'une partouze qui devait avoir lieu dans un hôtel (72). En manque de drogue, Herbert est prêt à parler.

Plus tard. Dans le bureau de l'inspecteur Corbin. Corbin informe Edmund Brighton qu'Herbert est passé aux aveux quant à la tentative de meurtre sur Carol et quant au meurtre de Joan. En revanche Corbin affirme à Edmund Brighton qu'Herbert n'est pas l'assassin de Julia Durer et que le mystérieux coup de fil ne concernait pas Frank. Edmund Brighton parti, Brandon demande à Corbin pour quelles raisons il a recouru à de telles affirmations non démontrées. Corbin lui répond qu'il ne lui manque plus grand chose pour conclure l'enquête. Il demande à sa secrétaire de convoquer le Docteur Kerr au domicile de Julia Durer.

Le lendemain. Appartement de Julia Durer. Herbert et Jenny sont interrogés les menottes aux poignets. Tous deux évoquent leur trip au L.S.D., Herbert affirmant voir apparaître alors un superbe lézard. Réprimandé par Corbin, Herbert réitère ses aveux et donne comme mobile le fait qu'en étant venue à leur rencontre avec Joan pour les impliquer dans le meurtre de Julia Durer, Carol était devenue un témoin très gênant qu'il fallait supprimer, tout comme ensuite Joan qui avait pris le risque de reprendre ses investigations. Herbert et Jenny reconnaissent avoir offert à Julia Durer lors de cette soirée les fameuses bottes neuves retrouvées sur la victime. Corbin en déduit que le crime a bien été commis dans la nuit et non le lendemain à partir des notes qu'auraient prises Carol. Ce qui disculpe définitivement Frank. Alors que Corbin questionne un peu benoîtement le docteur Kerr sur le point de savoir si, en analyse, un patient peut sciemment mentir à son analyste, on lui passe une communication téléphonique.

Au même moment. Propriété d'Edmund Brighton. Le sergent Brendon informe Corbin qu'Edmund Brighton s'est suicidé en s'accusant du meurtre de Julia Durer (81).

Plusieurs jours ont passé. Devant la tombe d'Edmund Brighton. Corbin est aux côtés de Carol. Il expose enfin sa thèse qui conduit la culpabilité de Carol (81). Il s'ensuit quatre très courts flash-backs. Premier flash-back :dans le salon des Brighton lors de la fameuse réponse donnée par Carol. L'accent est mis sur la surprise d'Edmund Brighton à l'écoute de la réponse de Carol. Deuxième flash-back : la conversation avec le Docteur Kerr et la réponse donnée par celui-ci comme quoi un patient peut évidemment mentir à son analyste. Troisième flash-back : le crime de Julia Durer commis par Carol. Quatrième flash-back : Julia Durer appelant Edmund Brighton en présence de Carol (88). Corbin achève sa démonstration : Carol a bel et bien tué Julia Durer et a voulu se forger ensuite un alibi auprès du Docteur Kerr. Carol écoute, semble s'interroger mais ne dit rien. Elle accompagne l'inspecteur Corbin et monte dans la voiture de police.

 

 

Philippe Chiffaut-Moliard (copyright, 2006)