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Splendeurs du giallo

 

 

Au commencement du genre, il y eut Alfred Hitchock. Toute l'oeuvre d'Alfred Hitchcock. Au commencement, il y eut aussi une année fondatrice, l'année 1960 avec Psycho mais avec aussi Peeping Tom de Michael Powell. Deux films exceptionnels, deux sommes théoriques au plan esthétique et qui ont peut-être bien fondé le film d'horreur contemporain et nombre de ses problématiques. Curieusement, le cinéma hollywoodien, tout comme le cinéma britannique et le cinéma français, ne réagirent guère. La transmission de la quête s'est opérée en revanche dans le cinéma transalpin.

Giallo : jaune, en italien. En France, La littérature policière a eu sa Série noire, en Italie les romans policiers furent communément dénommés giallos, les éditions Mondadori ayant choisi le jaune comme couleur de couverture. Malheureusement aucun ouvrage en français n'a encore été consacré à cette aventure éditoriale. Les articles, fort rares, abordant le genre cinématographique du giallo s'abstiennent de référence littéraire précise (cf. en particulier l'intéressante étude de Patrice Peyras, Autopsie du giallo, CinémAction n° 74, p. 48-60). Plusieurs fanzines ont élaboré des filmographies courageuses mais là encore sans aucun parallèle avec la littérature policière italienne de cette période. A vrai dire, un doute assez sérieux demeure quant à cette corrélation. Quant aux génériques des films rangés sous l'étiquette giallo, ils ne font quasiment jamais référence aux sources littéraires qui auraient été ainsi adaptées. Une exception notable parmi d'autres : L'uccello dalle piume di cristallo (1969) de Dario Argento, dont le scénario s'est inspiré du roman de Fredric Brown, The Screaming Mimi.

En vérité, le vocable "giallo" se voit aujourd'hui associé, selon les opinions, à des récurrences d'images à forte connotation fétichiste (armes blanches, mains gantées, modes vestimentaires), à des procédés narratifs oeuvrant sur l'extrême malléabilité de l'intrigue (un ou plusieurs assassins, choix de personnages à la structure trouble et sexuellement ambivalente, fréquence des infirmités affectant ces personnages, importance donnée aux personnages féminins) et, bien évidemment, à la mise en situation de meurtres horrifiques mettant en oeuvre d'étonnants procédés elliptiques (à la différences des slasher movies qui, au tournant des années 70-80, donneront la préférence au huis clos).

Le giallo correpond à tout le moins à un corpus bien déterminé : le cinéma italien (Mario Bava et Dario Argento sont les réalisateurs les plus cités) et, à un degré moindre, le cinéma espagnol. En revanche, le cinéma américain (et, curieusement, l'oeuvre de Brian de Palma) n'est quasiment jamais cité comme ayant généré des giallos.

En fait, chacun semble construire sa maison, ses classements, au gré de ses humeurs, à la recherche d'un ensemble unique. Les blogs abondent en la matière. Mais classer n'est pas nécessairement penser.

Soumettons simplement ici l'idée selon laquelle le giallo participe du genre du whodunnit tout en développant une esthétique du simulacre.

Durant près de trente ans plus de 200 films sont ainsi apparus sur les écrans. Certains ont déjà été élevés au rang de chef-d'oeuvre cinématographique. D'autres, et ils sont nombreux, méritent d'être considérablement réévalués. Car sous l'apparence de produits de série (la filmographie des années 1971 et 1972 est à cet égard impressionnante) ces films s'inscrivent dans des thématiques originales qui ont certes le plus souvent pour point de départ un récit policier mais qui procèdent incontestablement de registres bien plus complexes laissant place à l'analyse.

Nous nous proposons d'aborder ce cinéma pas à pas, sans idées préconçues, avec le désir de susciter l'intérêt et la curiosité des lecteurs.

Les films choisis nous paraissent refléter l'état d'une production cinématographique présentant un certain degré de cohérence. Il nous est apparu très délicat d'appréhender ce vaste pan de la cinématographie en affirmant a priori tel ou tel critère de classification. C'est pourquoi la liste retenue, qui nous servira de base de travail durant cette année 2008, pourra surprendre tel ou tel amateur ou spécialiste du genre. Elle cherche à mettre en évidence les multiples facettes d'un genre hybride et reconstitué a posteriori.

Il s'agit ici d'un choix très personnel effectué dans un corpus qui, à notre connaissance, n'a fait l'objet d'aucune détermination définitive et décisive. Par souci d'honnêteté intellectuelle, nous avons écarté de cette liste des films qui nous étaient inconnus. Par ailleurs, le cinéma espagnol ne bénéficiant pas d'une filmographie telle que celle existant pour le cinéma français (Bessy et Chirat) ou pour le cinéma italien (Gremese), certains oublis ont pu en résulter. Le lecteur voudra bien nous en excuser et le spécialiste nous renseigner.

S'agissant de la période temporelle retenue, nul doute que le cinéma de Mario Bava constituait le point d'ancrage du genre. Il était bien plus délicat de fixer une date pour clore cette filmographie. Nous avons choisi l'année 1982 et Tenebrae de Dario Argento.

Toutefois, un autre film doitt être ajouté à coup sûr : un chef-d'oeuvre signé Dario Argento en 1997, Le Syndrome de Stendhal qui fait l'objet d'une étude spécifique sur ce site.

Pour l'heure nous proposons au lecteur de découvrir ou d'approfondir une filmographie tout à fait exceptionnelle. Jamais sans doute dans l'histoire du cinéma des cinquante dernières années, le cinéma de genre s'était confronté à de telles exigences. Il en est résulté beaucoup d'ébauches passionnantes, quelques tristes produits de série, mais aussi de grandes réussites artistiques. Surtout, sous couvert de profiter du filon commercial que fut le giallo en Italie durant quelques années, nombre de réalisateurs, scénaristes, musiciens - Ennio Morricone, Riz Ortolani, Carlo Savina - directeurs de la photographie, architectes décorateurs, trouvèrent dans ces films une extraordinaire marge de manoeuvre pour exercer leur art.

En vérité, la simple présentation du concept de genre cinématographique et de ses approches doctrinales serait déjà en soi une entreprise bien trop vaste. Le site accueillera prochainement des développements bibliographiques sur cette question. Pour l'heure, nous nous proposons d'adopter une méthode plutôt pragmatique. S'il ne fait guère de doute, rétrospectivement, que l'année 1969 a constitué un tournant décisif dans la construction du genre, celui-ci s'est nourri de multiples influences - thriller à l'américaine, veine du film gothique, Nouvelles vagues française et italienne, etc. Une bien belle auberge espagnole.

Et c'est bien là toute la difficulté. A première vue, La lama nel corpo d'Elio Scardamaglia et La morte ha fatto l'uovo de Giulio Questi semblent relever d'esthétiques fort éloignées. Les gardiens du temple s'offusqueront également de voir apparaître ici l'étonnant premier film de Vittorio Sindoni, Omicidio per vocazione qui trouve sa place en raison de ses composantes esthétiques et narratologiques. Par ailleurs, certains films ne sont ici mentionnés qu'en raison de séquences particulièrement marquantes (telle la séquence d'ouverture de Glia occhi freddi della paura).

Des analyses des films ainsi choisis seront progressivement mises en ligne au cours de cette année 2008 et viendront agrémenter les choix ainsi faits.

 

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Chapitre premier : Aux origines du genre

 

 

Psycho (1960) d'Alfred Hitchcock

Peeping Tom (1960) de Michael Powell

 

 

Mario Bava, le père fondateur

La ragazza che sappeva troppo (1963) de Mario Bava

I tre volti della paura (1963) de Mario Bava

Sei donne per l'assassino (1964) de Mario Bava

 

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Chapitre 2 : Influences et variations

 

Variations (1)

Libido (1965) d'Ernesto Gastaldi et Vittorio Salerno

Il terzo occhio (1965) de Mino Guerrini

La lama nel corpo (1966) d'Elio Scardamaglia

 

Variations (2)

La morte ha fatto l'uovo (1967) de Giulio Questi

Col cuore in gola (1967) de Tinto Brass

Omicidio per vocazione (1967) de Vittorio Sindoni

Hypnos follia di un massacro (1967) de Paolo Bianchini

 

Variations (3)

Orgasmo (1968) d'Umberto Lenzi

La morte non ha sesso (1968) de Massimo Dallamano

Nude... si muore (1968) d'Antonio Margheriti

Cosi dolce, cosi perversa (1969) d'Umberto Lenzi

Contronatura (1969) d'Antonio Margheriti

A doppia faccia (1969) de Ricardo Freda

Una sull'altra (1969) de Lucio Fulci

Il rosso degno della follia (1969) de Mario Bava

L'uccello dalle piume di cristallo (1969) de Dario Argento

 

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Chapitre 3 : L'âge d'or

 

Une lucertola con la pelle di donna (1970) de Lucio Fulci

Il gatto a nove code (1970) de Dario Argento

Foto proibite di una signora per bene (1970) de Luciano Ercoli

Cinque bambole per la luna d'agosto (1970) de Mario Bava

Lo strano vizio della signora Wardh (1970) de Sergio Martino

La rossa dalla pelle che scotta (1970) de Renzo Russo

Ecologia del delitto (La Baie sanglante, 1971) de Mario Bava

Paranoia (1971) d'Umberto Lenzi

La coda dello scorpione (1971) de Sergio Martino

Cosa avete fatto a Solange (1971) de Massimo Dallamano

Glia occhi freddi della paura (1971) d'Enzo G. Castellari

L'etrusco uccide ancora (1971) d'Armando Crispino

La notte che Evelyn usci dalla tomba (1971) d'Emilio P. Miraglia

Una farfalla con le ali insanguinate (1971) de Duccio Tessari

Il tuo dolce corpo da uccider (1971) d'Alfonso Brescia

Giornata nera per l'ariete (1971) de Luigi Bazzoni

L'Iguana dalla lingua di fuoco (1971) de Riccardo Freda

Qualcaza striscia nel buio (1971) de Mario Colucci

La morte cammina con i tacchi alti (1971) de Luciano Ercoli

Mio caro assassino (1971) de Tonino Valerii

La bestia uccide a sangue freddo (1971) de Fernando Di Leo

La controfigura (1971) de Romolo Guerrieri

Omicidio perfetto a termine di legge (1971) de Tonino Ricci

Quattro mosche di vellutto grigio (1972) de Dario Argento

La vittima designata (1971) de Maurizio Lucidi

Alla ricerca del piacere (1971) de Silvio Amadio

Escalofrio diabolico (1972) de Jorge Martin

Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer ? (1972) de Giuliano Carnimeo

Sette orchidee macchiate (1972) d'Umberto Lenzi

Tutti i colori del buio (1972) de Sergio Martino

La tarantola dal ventre nero (1972) de Paolo Cavara

Chi l'ha vista morire ? (1972) d'Aldo Lado

La morte accarezza a mezzanotte (1972) de Luciano Ercoli

Tropico del Cancer (1972) d'Eduardo Mulliarga

L'assassino e al telefono (1972) d'Alberto de Martino

I costello di ghiaccio (1972) d'Umberto Lenzi

La dama rossa uccide sette volte (1972) d'Emilio P. Miraglia

Lisa e il diavolo (1972) de Mario Bava

Rivelazioni di un maniaco sessuale al capo della squadra mobile (1972) de Roberto Bianchi Montero

Amore e morte nel giardino degli dei (1972) de Sauro Scavolini

Passi di danza sur un lama di rasoio (1972) de Maurizio Pradeaux

Ragazza tutto nuda assassinata nel parco (1972) d'Alfonso Brescia

Sette scialli di setta gialla (1972) de Sergio Pastore

Non si sevizia un paperino (1972) de Lucio Fulci

Terza ipotesi su un caso di perfetta strategia criminale (1972) de Giuseppe Vari

Bianco vestito per mariale (1972) de Romano Scavolini

Il tuo vizio è una stanza chiusa e solo io ne ho la chiave (1972) de Sergio Martino

Historia de un traicion (1972) de José Antonio Nieves Conde

Los oros azules de lamuneca rota (1973) de Carlos Aured

Spasmo (1973) d'Umberto Lenzi

Il corpi presentano tracce di violenza carnale (1973) de Sergio Martino

Non si sevizia un paperino (1973) de Lucio Fulci

Il fiore dai petali d'acciaio (1973) de Gianfranco Piccioli

Una libelula para cada muerto (1973) de Leon Klimowsky

Scream... and Die ! (1973) de José Ramon Larraz

La corrupcion de Chris Miller (1973) de Juan Antonio Bardem

El asesino esta entre los trence (1973) de Javier Aguirre

Sexy Cat (1973) de Julio Pérez Tabernero

L'assassino ha riservato nove poltrone (1974) de Giuseppe Bennati

Cinque donne per l'assassino (1974) de Stelvio Massi

La polizia chiede aiuto (1974) de Massimo Dallamano

L'uomo senza memoria (1974) de Duccio Tessari

 

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Chapitre 4 : Métamorphoses

 

Profondo rosso (1975) de Dario Argento

Macchie solari (1975) d'Armando Crispino

Il gatto dagli occhi di giada (1975) d'Antonio Bido

E tanta paura (1975) de Paolo Cavara

Gatti rossi in un labirinto di vetro (1975) d'Umberto Lenzi

La casa dalle finestre che ridono (1976) de Pupi Avati

La settima donna (1977) de Franco Prosperi

I vizi morbosi di una governante (1977) de Filippo Walter Ratti

Il gatto dagli occhi di giada (1977) d'Antonio Bido

Schock (1977) de Mario Bava

Gran bolito (1977) de Mauro Bolognini

L'ultimo treno della notte (1977) d'Aldo Lado

L'occhio dietro la parette (1977) de Giuliano Petrelli

Enigma rosso (1978) d'Alberto Negrin

Solamente negro (1978) d'Antonio Bido

Inferno (1979) de Dario Argento

Thrauma (1979) de Gianni Martucci

La ragazza di wagon letto (1980) de Fernando Baldi

He knows You're alone (1980) d'Armando Mastroianni

Dressed to Kill (1980) de Brian De Palma

Blow Out (1981) de Brian De Palma

El asesino del cementerio etrusco (1982) de Sergio Martino

El destripador de nuieva York (1982) de Lucio Fulci

Tenebrae (1982) de Dario Argento

 

 

 

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