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Volpone (1940) de Maurice Tourneur

 

 

Avec, dans les principaux rôles, Louis Jouvet (Mosca), Harry Baur (Volpone), Jacqueline Delubac (Colomba), Charles Dullin (Corbaccio), Fernand Ledoux (Corvino), Marion Dorian (Canina), Jean Temerson (Voltore), Alexandre Rignault (Leone), Robert Seller (le capitaine des sbires), Colette Régis (la marquise), Louis Frémont (le juge), Jean Lambert (le chanteur), Alfred Baillou (un mendiant), Pierre Gianotti (le donneur de sérénade), Henri Farty, Pierre Sabbagh, Rodolphe Marcilly et Edouard Francomme (quatre vénitiens).

 

Le projet d'adaptation au cinéma de la pièce Volpone de Ben Jonson remonte à l'année 1938. Jacques de Baroncelli se voit confier la mise en scène. Louis Jouvet devait déjà interpréter le rôle de Mosca et Charles Dullin celui de Corbaccio. Le tournage est rapidement arrêté faute de moyens financiers. Au début de l'année 1940, le projet Volpone reprend de la vigueur. Le film sera produit par la société Ile de France Films dirigée par A. Hertz. Marcel L'Herbier est pressenti pour la réalisation. Mais celle-ci est confiée en définitive à Maurice Tourneur. Le tournage reprend le 26 mars 1940. Durant celui-ci Louis Jouvet partage son temps entre les studios et le théâtre de l'Athénée où la pièce Ondine de Jean Giraudoux, qui avait connu un triomphe au printemps 1939, est de nouveau jouée, ceci jusqu'au 15 mai 1940, date de la fermeture du théâtre pour cause de difficultés financières.

Le scénario et les dialogues du film sont confiés à Jules Romains. Les décors sont conçus par André Barsacq, Jacques Gut et Jean Perrier. Les costumes sont signés Boris Bilinsky. Armand Thirard est le chef-opérateur. Musique de Marcel Delannoy interprétée par Roger Désormières. Le film ne sortira en salles que le 10 mai 1941.

Verbatim : "Ce théâtre filmé fut l'un des modèles du genre. Sans jamais tirer à lui les situations dramatiques pour les détruire en faisant un mauvais film sous prétexte de faire "du cinéma", le réalisateur se contente ici de "mettre en scène" la pièce de Ben Jonson. N'ayant pas d'autre objet que de la servir en utilisant toutes les ressources de la caméra, il parvient à construire autour d'elle l'artifice décoratif dont elle a besoin pour prendre un semblant d'authenticité "réaliste", semblant qui la rejette hors de l'emprise de la scène dans un monde théâtral, certes, mais singulièrement mis en valeur par le film. Et Jouvet, Harry Baur, Charles Dullin, Alexandre Rignault, Fernand Ledoux, trouvèrent dans cette satire élisabéthaine de quoi rivaliser en brio verbal et gestuel, poussant au sublime leur cabotinage aimable, acide et savoureux" (Jean Mitry, Maurice Tourneur, Avant-Scène du Cinéma, 1968).

 

Philippe Chiffaut-Moliard (copyright, juin 2004)