Fausse alerte (1940) de Jacques de Baroncelli
Avec, dans les principaux rôles, Micheline Presle (Claire Ancelot), Joséphine Baker (Zazou Clairon), Gabrielle Dorziat (Mme Ancelot), Lucien Baroux (Léon), Saturnin Fabre (M. Dalban), Jean Tissier (Gregor), Georges Marshal (Bernard Dalban), Yves Deniaud (le camelot), Marguerite Pierry (Mlle Esperajou), Palmyre Levasseur (la patrone du bistrot).
Jacques de Baroncelli, le cinéaste camarguais. L'immense carrière du réalisateur ne peut être résumée en quelques lignes. Le numéro 56 de la revue Archives éditée par l'institut Jean Vigo est tout entier consacré à un dossier sur le réalisateur durant l'époque du muet. En 1940 Jacques de Baroncelli a 59 ans. La fin des années trente conduit le réalisateur en Afrique où il tourne successivement Feu ! (1937), S.O.S. Sahara (1938) et L'Homme du Niger (1939).
Fausse alerte est un film de la France de la drôle de guerre. Débuté à la fin de l'année 1939 le film ne sortira que six ans plus tard en 1945 et passera un peu inaperçu. Le scénario est de Michel Duran qui, l'année précédente, avait superbement adapté pour Claude Autant-Lara et Maurice Lehmann la pièce d'Edouard Bourdet, Fric-Frac. Etrange variation sur le thème de Roméo et Juliette où cette fois l'histoire d'amour est contrariée par l'animosité entre deus propriétaires d'immeubles voisins. Mais voilà, à force de se retrouver tous dans les caves durant les alertes, les querelles de clochers finiront par s'apaiser. Tout cela au beau milieu de personnages sympathiques et truculents. Les masques à gaz sont là pour faire rire et désamorcer si cela était possible l'angoisse de ceux qui avaient réellement conscience du danger qui menaçait l'Europe. Le film réunit une pléiade d'acteurs adorés du public : Saturnin Fabre, Gabrielle Dorziat, Lucien Baroux, Jean Tissier. Avec aussi la charmante Micheline Presle qui allait bientôt jouer sous la direction de Marcel L'Herbier dans La Comédie du bonheur ainsi que Joséphine Baker qui s'était follement amusée devant les caméras dans Princesse Tam-Tam (1935) d'Edmond T. Gréville cinq ans auparavant.
Fausse alerte a eu également pour titres Abri 39, A Paris un soir et Un soir d'alerte (M.C et R.C., op. cit. p, 53)
Philippe Chiffaut-Moliard (copyright, juin 2004)