Chambre 13 (1940) d'André Hugon
Avec Jules Berry (Totor) , Josseline Gaël (Geneviève d'Antibes), Robert Le Vigan (Fenouil), Milly Mathis (la baronne), Rivers Cadet (le régisseur), Simone Barillier (la jeune première), Francined (Douillard), Juliette Petit (le chanteuse des rues), Paul Bouton (Michou), Vallée Valdy (le baron), Lucien Callamand (l'auteur), Georges Grey (Jean), Gaby Fontaine (la script), René Novan (le patron de l'hôtel), Jean Daurand (le chasseur), Cidalle (le portier), Jacques Daroy (le commanditaire)
Le film est tourné dans les studios Pagnol à Marseille en août 1940 juste après la débâcle. Ce film précède L'An 40 réalisé par Fernand Rivers dans les mêmes studios en octobre. Selon Maurice Bessy et Raymond Chirat, Chambre 13 peut être considéré comme le premier film tourné sous l'occupation en zone libre, le tournage de La Fille du puisatier ayant été interrompu. Au générique, le couple Jules Berry et Josseline Gaël. Une production Les Films Hugon. Scénario d'André Hugon et de Lucien Jaquelux. Décors de Pierre Lebasque. Musique de Vincent Scotto. Chef-opérateur : Willy Faktorovitch.
André Hugon est un méditerranéen dans l'âme. Durant les années trente il ne cesse de parcourir la Provence et s'attache à privilégier dans ses films les décors naturels (on songe aux superbes prises de vues dans Maurin des Maures (1931) Gaspar de Besse (1934) et dans Romarin (1936) tourné à Saint -Jean-Cap-Ferrat. André Hugon s'est lié d'une grande amitié avec Marcel Pagnol. En 1940 celui-ci met ses studios à sa disposition pour Chambre 13 dont l'action se déroule à Marseille. Trois ans auparavant André Hugon avait connu un grand succès avec le remake d'un film de 1923 de Louis Mercanton et René Hervil, Sarati le terrible, tourné en Afrique du Nord, film dans lequel Harry Baur était tout à fait remarquable avec à ses côtés Dalio et Jacqueline Laurent.
Résumé du film Chambre 13 proposé par Jacques Siclier : " Fenouil, metteur en scène de cinéma, a entrepris un film pour lequel il a besoin d'un garçon de quatorze ans. Il découvre Michou, vagabond et joueur d'accordéon. Le gamin fait engager, en même temps que lui, son ami le clochard Totor. La troupe de cinéma s'installe dans un hôtel. Une baronne s'aperçoit qu'on a volé ses bijoux. Douillard, le détective de l'hötel, enquête. La vedette du film, Geneviève d'Antibes, se plaint à son tour qu'on lui ait volé un collier. Douillard soupçonne Michou et trouve le collier dans son lit. Le gamin se défend si bien qu'on lui donne un délai pour démasquer le voleur. Avec l'aide de Totor, Michou confond Jean Durand, familier de la baronne, et dont Geneviève d'Antibes était la complice"(op. cit. , p. 309).
Dans son ouvrage sur Robert Le Vigan, Hervé Le Boterf raconte la nécessité pour de nombreux acteurs, confrontés à l'immédiat, de courir le cachet quitte à accepter des rétributions dérisoires pour tourner dans des films dépourvus de toute ambition telle cette petite comédie policière (Hervé Le Boterf, Le Vigan, le mal-aimé du cinéma, Ed. France-Empire, 1986), spéc. p. 30).
Philippe Chiffaut-Moliard (copyright, juin 2004)