Ceux du ciel (1940) d'Yvan Noé
Avec, dans les principaux rôles, Marie Bell (Hélène), Pierre Renoir (Pierron), Jean Galland (Bournier), Pierette Caillol (la romancière), Jean Servais (Monval), Raymond Aimos (Potel), Lydie Vallois (Annette), Marcel Maupi, Edy Debray (Stanalesco), Janine Viénot, André Numès fils (le comptable), Ginette Curtet (Simone), Georges Paulais (le docteur), Jandeline, Claire Gérard
Yvan Noé a débuté sa carrière à Hollywood dans les studios de la M.G.M. où il réalise en 1930 la version française de la comédie musicale de Charles Brabin Call of the Flesh, distribuée sous le titre Le Chanteur de Séville. En 1931 il réalise à Berlin la version française de Gloria, un film de Hans Behrendt. En 1933 Yvan Noé écrit un ouvrage militant, L'Epicerie des rêves (Editions Baudinière, Paris), dans lequel il fustige la politique des studios américains qui développent la technique du doublage des films destinés aux marchés européens. Dans son ouvrage 15 ans d'années trente Jean-Pierre Jeancolas cite un passage de cet ouvrage d'Yvan Noë : "Le cinéma américain tend à nous abêtir, à détruire par ses enfantillages et ses fadaises admirablement présentées notre jugement, notre bon sens, notre esprit critique et à paralyser notre esprit tout court. Le cinéma américain est la propriété d'une certaine finance israélite qui a mené l'Amérique entière à la situation dramatique dans laquelle elle se débat actuellement et qui affirme la faillite de ses méthodes économiques et gouvernementales (...)".
Yvan Noé réalise en 1935 Mademoiselle Mozart avec Pauline Carton, en 1936 une autre comédie, Mes tantes et moi. La même année il dirige Flaurelle et Gabriel Gabrio dans un remake de Gigolette (première version par Henri Pouctal en 1921). En 1938-1939, le réalisateur tourne deux comédies policières mettant en scène le personnage du docteur Carter, Le Château des quatre obèses et L'Etrange nuit de Noël. En 1939 également il réalise en Provence Saturnin connu aussi sous le titre Saturnin de Marseille.
Ceux du ciel est l'adaptation d'une pièce de théâtre quelque peu oubliée aujourd'hui, L'As de Blanche Alix.
Maurice Bessy et Raymond Chirat proposent comme sujet du film : "Hélène, fille du constructeur d'avions Pierron, a été aimée par deux pilotes : Bournier qu'elle a épousé et Monval. A la veille d'une compétition internationale, Bournier constate un manque de réflexes et renonce à piloter. Pierron engage Monval qui, pendant l'épreuve, subit une panne. Bournier pourrait peut-être voler à sa place ? Il préfère laisser à son rival l'appareil qu'on lui offrait. A l'heure du triomphe de Monval, Bournier, apaisé, comprend la volupté du renoncement" (op. cit. p, 52).
Le film sortira le 5 mars 1941. Au générique, dans le rôle d'Hélène, Marie Bell (qui avait connu un triomphe en 1937 dans Carnet de bal de Julien Duvivier), Pierre Renoir (le père d'Hélène), Jean Galland et Jean Servais déjà dirigé par Yvan Noé dans Gigolette et L'Etrange nuit de Noël.
Philippe Chiffaut-Moliard (copyright, juin 2004)