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Après Mein Kampf, mes crimes (1940) d'Alexandre Ryder

 

 

Avec, dans les principaux rôles, Roger Karl (le colonel), Line Noro (Frieda), Pierre Labry (Roehm), Alain Cuny, André Valmy (Ernst), Albert Morys, Jack Henley (M. Schleicher), Simone Bourday, Sandra Milowanoff (Mme Schleicher), Jean Heuzé (le capitaine autrichien), Nicolas Amato (le sous-lieutenant), Dalmais (Dollfuss)

 

 

Sous le pseudonyme de Jean-Jacques Valjean, Alexandre Ryder réalise ce film à la demande du commissariat à l'Information. Le film sort dans les salles parisiennes en mars 1940. Extraits de La Cinématographie française du 9 mars 1940, n°114, cité par Pierre Darmon (op.cit. , p. 46) : "Adolf Hitler, son passé, sa vie intime. Hitler est-il juif ? Voyez la troublante réponse dans Après "Mein Kampf", mes crimes. Quelle est la vie sentimentale d'Adolf Hitler ? Le moment est venu de faire sur la personne d'Adolf Hitler des révélations inouïes que lui épargnait son immunité de chef d'Etat. Adolf Hitler est-il le fils d'un bâtard ? Les dessous de la Gestapo mis en pleine lumière". Selon Pierre Darmon, "il s'agit d'un long métrage, de médiocre qualité, mêlant des scènes de fictions à des documents d'actualité"(op. cit. , p. 46). Pour la petite histoire il est revenu à Albert Morys et à Georges Fronval d'incarner à l'écran Hitler (jeune puis adulte).

Verbatim : "Sous cette "drôle de guerre" il y eut, tout de même un film antinazi : Après Mein Kampf, mes crimes d'Alexandre Ryder. Et il sortit fin mars 40, ce qui ne semble pas avoir frappé les historiens du cinéma. Tout le cheminement d'Hitler, du putsch de Munich de 1923 à l'attaque de la Pologne, y était reconstitué avec des documents d'actualités et des scènes jouées par des acteurs français, Line Noro, Roger Karl, Alain Cuny, Pierre Labry, Jean Heuse et l'Anglais Jack Henley. Liquidation de Roehm, assassinat de Dollfuss, chancelier d'Autriche, jeunesses hitlériennes fanatisées, poison de la dénonciation au sein des familles, persécutions des Juifs, mainmise sur l'Autriche et la Tchécoslovaquie, enfin là, c'était clair. Qu'est devenu ce film témoignage ? Il n'a pas été détruit pendant l'Occupation puisqu'un numéro du magazine Ciné-Revue annonça, après la guerre, sa distribution en Belgique et son achat, pour ce pays, par "Les Amis des prisonniers politiques". Dans une double page avec photos, le résumé du scénario faisait état de scènes évidemment rajoutées : les camps de concentration, le chute de Berlin et la défaite allemande. Alors ?" (Jacques Siclier, op. cit. , p. 75).

 

Philippe Chiffaut-Moliard (copyright, juin 2004)